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Le vieil Iquique et ses Façades (Iquique, Province d'Iquique, Région de Tarapaca, Chili)
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Heure locale

 

Lundi 4 mars 2019

 

Cette fois, c'est Jean-Sébastien qui a concocté cette promenade dans le vieux Iquique colonial, à l'aide de l'application maps.me. Capitale de la région de Tarapaca, Iquique possède de jolies maison coloniales, un riche passé industriel et une ambiance portuaire bohème. La ville, qui abrite environ 192000 habitants, ce qui nous change des petits villages du désert d'Atacama, fut fondée dès le 16è siècle. Elle appartint d'abord à la vice-royauté du Pérou et resta péruvienne jusqu'à son annexion au Chili fin 19è. L'endroit doit son développement à l'exploitation de plusieurs gisements de nitrate de sodium, bien après que Charles Darwin, de passage dans la cité en 1835, se soir arrêté dans une usine de production de salpêtre. Iquique, elle aussi, est située dans une zone d'importante activité sismique, ce qui lui vaudra d'être détruite à plusieurs reprises, lors du séisme d'Arica (ville côtière plus au nord) en 1868, du tremblement de terre d'Iquique en 1877, et de celui de Tarapaca en 2005. Plus récemment, un séisme de magnitude 8,2 sur l'échelle de Richter secoua fortement la ville le 1er avril 2014.

Iquique fut enfin le théâtre de combats historiques comme cette bataille navale du 21 mai 1879 qui eut lieu dans la baie entre les flottes chilienne et péruvienne. Depuis, cette journée a été décrétée jour férié par le Chili. Autre événement peu reluisant survenu ici le 21 décembre 1907 : le massacre de l'école Saint-Marie. Des milliers de mineurs travaillant à l'extraction du salpêtre s'étaient mis en grève pour protester contre les conditions de travail. Alors qu'ils s'étaient rendus à Iquique pour faire valoir leurs revendications (à savoir une demande de 18 pence supplémentaires de rémunération!), l'armée chilienne exigea la dispersion du rassemblement dans l'heure, faute de quoi....une heure plus tard, l'armée fit effectivement feu sur les milliers de personnes (hommes, mais aussi femmes et enfants) venus défiler, faisant au total 2300 morts.


 

Notre balade débute au port d'où on peut observer de nombreux oiseaux marins dont des pélicans peu farouches. Une colonie de lions de mer (deuxième photo ci-dessus) prend le soleil tout en guettant les poissons qu'on veut bien lui jeter au passage depuis une balustrade. Iquique est aujourd'hui resté un grand centre de pêche mais aussi l'une des plus importantes zones franches d'Amérique du Sud, avec sa zone d'activité portuaire de 2,4 km2, et ce, depuis sa création en 1975.

A deux pas de là, se dresse toujours le bâtiment des douanes bâti en 1871 pour abriter les fonctionnaires. C'est ici que les Péruviens conservèrent la dépouille d'Arturo Prat après la bataille navale du 21 mai 1879. Nous marchons prudemment dans la rue car il y a ici et là des hommes passablement éméchés, sans parler des SDF qui campent dans les jardins municipaux. Nous passons bientôt devant la cathédrale d'Iquique (ci-dessous) à l'intérieur de laquelle il est rappelé que la foi chrétienne débuta ici avec la première évangélisation entre 1540 et 1606, dans la région de Tarapaca, et sous l'égide de l'évêché de Cuzco. Après cette date, la première église vit le jour au 18è siècle, puis la paroisse d'Iquique fut créée en 1862. Cette cathédrale sera consacrée en 1885 par Monseigneur Camilo Ortuzar, et accueillera par la suite la dépouille d'Arturo Prat qui avait été enterrée dans un cimetière voisin par le capitaine péruvien Miguel Grau.

 

A quelques pâtés de maison, se trouve toujours l'ancienne gare ferroviaire de la ville : inaugurée en 1871, l'édifice désormais quelconque fut la gare centrale de la ville qui accueillit de longues années durant les convois venant de La Noria. La construction de cette ligne de chemin de fer avait été décidée deux ans auparavant par le gouvernement chilien afin de moderniser les transports entre les deux gares.

Nous nous mettons en route pour rejoindre la Place Arturo Prat, place principale de la cité et haut lieu architectural. On y aperçoit en effet la Tour de l'horloge (ci-dessous) construite en 1878 et équipée d'une horloge anglaise, en remplacement d'une autre horloge, celle de la cathédrale, qui avait été incendiée en 1873. Cette tour carrée, dont on doit l'architecture à Eduardo de Lapeyrouse, descendant de parents basques (France), sera déclarée monument national chilien en 1987. Elle accueille depuis le buste d'Arturo Prat,, marin,militaire et avocat chilien. Considéré comme le héro naval du pays depuis la bataille d'Iquique, notre homme a depuis donné son nom à plusieurs unités de l'armée chilienne, à une localité, à un club de football, à l'Ecole navale, à une base de l'Antarctique, à une province, à une université et à quelques....144 rues du Chili. Sans parler du jour férié du 21 mai décrété « Journée des avocats ».


 

Un joli bâtiment attire notre attention sur cette grande place : l'ancien Casino espagnol (ci-dessous), devenu depuis le restaurant Casino Espanol (voir les infos pratiques). C'est en mars 1890 que quelques résidents espagnols se réunirent dans le but de créer l'association « La Estudiantina Espanola » d'Iquique. L'architecture, tant extérieure qu'intérieure est magnifique et de très bon goût. A l'invite du portier de l'établissement, nous pénétrons dans l'édifice pour y prendre quelques clichés, sans flash.

La place Arturo Prat prendra peu à peu forme au fur et à mesure de l'érection de bâtiments nouveaux après la destruction (par incendie ou lors de tremblement de terre) de précédentes constructions, et ce, de 1880 et 1920, à l'époque du boom économique rendu possible grâce à l'exploitation du salpêtre. Parmi les édifices remarquables de la place, on remarque le théâtre municipal (deuxième photo), érigé en 1889 avec du bois provenant exclusivement du Chili. On doit la construction de ce superbe théâtre à Sarah Bernhardt : l'actrice française s'étant produite quelques années auparavant à l'intérieur d'une simple grange, s'était plainte des conditions d'accueil. Et la municipalité de décider de bâtir un théâtre digne de ce nom afin d'éviter à l'avenir de pareilles déconvenues. Plusieurs artistes s'y produiront, dont Antonio Vico, Della Guardia et La Frégoli. De style néo-classique, la façade du bâtiment impressionne généralement beaucoup les touristes.


 

Nous rejoignons naturellement la promenade Baquedano (ci-dessous) voisine , avec ses riches façades coloniales, témoins du développement économique d'alors du au salpêtre. Cet axe routier part de la Place Arturo Prat pour s'achever en bord de mer. Ici, on observe un mélange d'architecture étrangère et d'architecture traditionnelle locale. L'endroit, qui a été classé monument national chilien en 1977, rassemblait autrefois les citoyens les plus aisés de la ville, et de nombreuses demeures furent érigées entre 1880 et 1920, époque majeure durant laquelle Iquique connut l'essentiel de sa mutation. On reconnaît de part et d'autre l'influence de la construction traditionnelle en pin d'Oregon avec les couloirs, les vérandas, les balustrades, les portails et les doubles toits ornant certaines demeures. D'autres façades arborent des couleurs pastel comme l'édifice de la compagnie minière Dona Ines de Collahuasi (deuxième photo). Cette société est aujourd'hui le quatrième producteur de cuivre au Chili et la sixième plus grande réserve minière au monde. Le gisement de Collahuasi, lui, date d'il y a plus de cinquante ans et fournit encore du sulfure de cuivre et des oxydes minéraux. Le musée régional, lui aussi, s'est paré d'un bleu pastel et accueille gratuitement les visiteurs pour leur faire découvrir ses trois sections d'exposition anthropologique, ethnographique et historique. On y apprend notamment que plusieurs communautés vivaient dans la région il y a déjà des milliers d'années. Un lieu passionnant et de qualité.


 

Le Palacio astoreca (ci-dessous), lui, verra le jour au début du 20è siècle dans une période de pleine croissance. Le pays comptait alors 170 bureaux de salpêtre, dont les riches propriétaires se faisaient construire de belles villas de style Géorgien. Ce bâtiment de 1400 m2, bâti en 1904, appartenait à la famille Astoreca bien que celle-ci n'y vécut jamais. Cinq ans plus tard, les propriétaires ayant décidé de déménager à Valparaiso vendirent ce palais au gouvernement chilien pour la somme de 80000 pesos de l'époque. On y installa alors l'intendance régionale jusqu'en 1977, date à laquelle il fut décidé de restaurer le lieu dans différents styles (Art Nouveau, néo-renaissance française, entre autres...)


Notre promenade s'achèvera Place du 21 mai, en face de laquelle s'élève la balise qui matérialisa jusqu'à mai 2018 et 23 années durant, l'endroit ou la corvette « Esmeralda » fit naufrage en 1879 (ci-dessous). Ladite balise fut offerte à la ville à l'occasion du bicentenaire du Chili. Sur la plage, des baigneurs se trempent les pieds dans l'eau du Pacifique. On se croirait en vacances...


 

INFOS PRATIQUES :

  • Ancienne gare ferroviaire, Sotomayor 708, à Iquique
  • Restaurant Casino Espanol, Plaza Prat 584, à Iquique. Tél : (57) 276 0630. Ouvert du lundi au dimanche, de 12h00 à 16h00 (déjeuner) et du mardi au samedi de 20h00 à 23h00 (diner).

    http://www.casinoespanoliquique.cl

  • Théâtre municipal, Plaza Prat, à Iquique : https://youtu.be/icZms070edM

  • Musée régional, Baquedano 951, Iquique. Ouvert du lundi au jeudi de 9h00 à 17h50, le vendredi de 9h00 à 16h50 et le samedi de 10h00 à 13h50. Entrée gratuite. http://www.museoregionaliqq.cl

  • Palacio astoreca, Avenida O'Higgins 350, Iquique : https://youtu.be/rVN1k-eLNZs




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