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Antofagasta et son Quartier historique
(Province d'Antofagasta, Région d'Antofagasta, Chili)
Heure locale

 

Vendredi 8 mars 2019

 

Notre journée débute sous un ciel couvert et une température plutôt fraiche. On m'assure pourtant qu'il ne pleuvra pas, car il ne pleut jamais ici. Soit, mais le soleil ne pointera le bout de son nez qu'en milieu d'après-midi. Antofagasta, qu'on surnomme ici « la Perle du Nord », abrite environ 400000 habitants et est considérée comme la ville la plus riche du pays si l'on en croit le revenu moyen par tête qui est de 38000 dollars. La mine, qui fournit l'essentiel des ressources locales en est certainement pour quelque chose.

Je décide cette fois de partir à la découverte du quartier historique d'Antofagasta, avec, entre autres, son vieux quai en bois (ci-dessous) sur lequel la compagnie ferroviaire de l'époque construira un toit afin de contenir les fumées de charbon dégagées par ses locomotives. Une forme d'écologie avant l'heure. Encore aujourd'hui, on peut admirer les anciennes grues qui manipulaient les marchandises lors des chargements et déchargements. Ces manœuvres étaient alors assurées grâce à un système hydraulique. C'est en 1875 qu'un quai fut bâti pour la première fois à cet endroit par la Compagnie du salpêtre et la compagnie ferroviaire. Deux années plus tard, un séisme allait endommager l'installation avant que soit annoncé, en 1880, le prolongement de ce premier quai. Cette construction de fer et de bois mesurait 136 mètres de long, jusqu'à ce que la société de chemin de fer soit à nouveau autorisée par les autorités à rallonger encore l'ouvrage d'une cinquantaine de mètres. Et le quai de s'étendre sur une longueur de 180 mètres en 1950 et d'assurer le déchargement de marchandises diverses et le chargement de cuivre en provenance de la mine de Chuquicamata. Ce quai ne sera pas le seul existant à Antofagasta puisque d'autres verront le jour comme le mole et le quai du salpêtre, en 1887, le quai Bellavista en 1882, le quai Lewis en 1900, le quai fiscal en 1869, le quai Barnett en 1892, le quai Miraflores en 1881 et le quai Yungay en 1900.


De l'autre côté de la rue, se dressent d'anciens édifices, dont l'ancienne administration maritime (ci-dessous) située au cœur historique de la ville en face de l'ex-bâtiment des douanes (deuxième photo). Ce dernier bâtiment fut édifié en 1910 au moment de la célébration du centenaire de la république chilienne. On y installera une partie du Musée régional à partir de 1984.

Quant à l'ancienne douane, elle fut d'abord construite à Valparaiso en 1867 avant d'être transférée à Mejillones, deux ans plus tard. En 1885, un incendie ravagea la première douane d'Antofagasta et l'on rebâtit une autre construction en dur celle-là. Les douanes y officieront jusqu'en 1966 et l'édifice sera classé comme monument national dès 1972.


 

En face du Musée régional se dresse l'ancienne gare ferroviaire de la ville, sous la forme d'un grand bâtiment vert (ci-dessous), à l'angle des rues Bolivar et Balmaceda. Sa conception remonte à 1867 au moment où José Santos Ossa et Francisco Puelma créèrent la Société d'Exploration du district d'Atacama, pour exporter les nitrates. La société en question transférera ses droits à la Compagnie Melbourne Clark en 1870, celle-là même qui construire le chemin de fer trois ans plus tard entre Antofagasta et le Salar del Carmen. En 1876, le train transportera aussi des passagers jusqu'à Carmen Alto, à 122 km au nord d'Antofagasta.

Nos deux découvreurs de salpêtre entraineront, sans le savoir, le Chili dans un cycle de croissance inouï : la compagnie Melbourne Clark détenait déjà en 1872 des concessions de terrains pour exploiter le précieux « or blanc », avant qu'elle ne prenne la décision de construire un réseau ferré. La ligne Antofagasta-Salar del Carmen sera ainsi inaugurée le 23 décembre 1873 et viendra remplacer les charrettes tirées par des mulets qui assuraient jusqu'alors le transport du salpêtre. Cette ligne partait de la rue Bolivar, passait par la rue San Martin, les rue Prat et Manuel Antonio Matta avant de traverser la Place Sotomayor en direction de La Quebrada La Negra. Une même locomotive tirait alors dix wagons. Dès 1879, le réseau ferré s'enrichira de la gare « Salinas », près de la oficina Chacabuco. Plus tard, la FCAB remplacera la précédente compagnie ferroviaire dans le développement d'Antofagasta, en construisant le premier réseau d'adduction d'eau de la ville, en créant une brigade de pompiers, un hôpital et deux quais, rendant ainsi l'endroit plus attirants pour les futurs investisseurs. De nos jours, la FCAB poursuit son activité avec ses 900 km de voies ferrées, ses connexions avec les opérateurs ferroviaires des pays limitrophes (Argentine, Bolivie et Brésil) tout en transportant acide sulfurique, cuivre et minerais (5 millions de tonnes en 2010) jusqu'au port d'Antofagasta.

Désirant visiter l'ancienne gare ferroviaire, je m'adresserai au gardien du parking attenant à l'édifice et pourrai finalement profiter d'une visite guidée de l'endroit. Et de monter à bord des voitures de luxe qui accueillirent jadis le pape Jean-Paul II lors de sa visite officielle au Chili. 130 ans plus tard, sur le quai (deuxième photo), rien n'a changé et tout est en place, comme si on s'apprêtait à faire partir un prochain convoi.


 

A présent, dirigeons nous vers la Place Colon, avec sa tour de l'horloge (ci-dessous), également appelée « l'horloge des Anglais ». Celle-ci est une reproduction, à plus petite échelle, de la tour du Parlement de Westminster de Londres, et elle sonne de la même façon que l'originale. L'horloge est de marque Guillet & Johnson. La tour, elle, qui mesure 13,50 mètres de haut se trouve au centre de la Place Colon (laquelle fut restaurée en 1993). Face à elle, se dresse la cathédrale San José (deuxième photo), coincée entre deux autres bâtiments et peu mise en valeur. Il faut entrer à l'intérieur pour admirer ses vitraux et son autel. De style néo-gothique, l'édifice fut bâti entre 1907 et 1917.


 

A l'inverse, le théâtre municipal qui est l'un des lieux les plus emblématiques de la ville, ne me séduira pas d'un point de vue architectural. La construction est relativement récente puisqu'elle fut entamée en 1966, avant d'être suspendue par manque de fonds, puis réactivée en 1975 pour aboutir à l'inauguration de l'ensemble en 1981. Ce théâtre accueille depuis de grands spectacles et des artistes internationalement connus. Lieu de rencontre socio-culturel, cet endroit qui peut accueillir jusqu'à 867 personnes, arbore sur sa façade une superbe peinture murale historique (ci-dessous en photo). L'oeuvre intègre ainsi 208 feuilles de cuivre et donne l'illusion d'une certaine profondeur grâce à la technique du « trompe l'oeil » utilisée par l'artiste, Luis Nunez San Martin et son équipe.


 

Le centre historique abrite un musée qu'il ne faut rater sous aucun prétexte : le Musée régional, créé en 1984, offrira aux visiteurs que nous sommes une moisson extraordinaire de connaissances sur la faune et la flore du littoral nord-chilien, les caractéristiques géographiques de ce désert d'Atacama si particulier, et les peuplades d'origine qui habitèrent jadis l'endroit ainsi que leurs modes de vie. A l'étage, nous découvrirons les origines d'Antofagasta, son histoire et son développement jusqu'à nos jours. La collection du musée avoisine les 9000 objets en plus d'un fonds photographique de 2500 clichés. Les vitrines présentées sont riches et comportent un grand nombre d'informations écrites.

Pourtant lorsque j'arrive au musée à 9h45, je trouverai celui-ci fermé. Et de m'adresser par le plus grand des hasards à un passant qui me confie que sa cousine travaille précisément au Musée régional. Aussitôt dit, aussitôt fait et les portes d'entrée de s'ouvrir pour nous quinze minutes plus tard.

Lors de cette visite, je m'attarderai surtout sur les origines de la ville d'Antofagasta, créée à la suite de la découverte du salpêtre en 1866. C'est le président bolivien Mariano Melgarejo qui décidera de fonder une ville qu'il baptisera de son nom actuel Antofagasta le 20 février 1869. Plus tard, la découverte d'un gisement d'argent à Caracoles, non loin de là, y attirera encore davantage d'immigrants, dont de nombreux Chiliens, sans parler de l'effet d'aubaine créé par l'arrivée du chemin de fer en 1873. Depuis sa naissance, Antofagasta a bien changé suite à des travaux d'aménagement comme en 1918, avec le creusement d'un port artificiel qui coïncidera avec l'ouverture de la mine de Chuquicamata. Suivront l'essor du tourisme et le développement économique qui propulseront la ville comme « cité modèle » du Chili. Les transports évolueront au fur et à mesure de l'accroissement de la population et les habitants connaitront bientôt l'usage du télégraphe et du téléphone tandis que le premier vol régulier en avion atterrira ici en 1929. Les Français, eux, auront été présents de longue date dans la région. On se souvient des frères Latrille qui participeront à l'aventure du guano à Cobija, puis à l'exploitation minière de Tocopilla. Les Gaulois seront ensuite à l'origine de l'installation de la première fonderie à Antofagasta à Playa Blanca et à la mine de Huanchaca. Henri Marijon, l'un des gérants de cette entreprise sera même consul de France ici. C'est dire...

INFOS PRATIQUES :

  • Office du tourisme, Avenida Arturo Prat 384 (Place Colon), à Antofagasta. Tél : 56 55 245 18 19/20. Ouvert de décembre à février de 8h30 à 18h30 (Lundi au vendredi) et de 10h00 à 18h00 (samedi). De mars à Novembre, de 8h30 à 18h00 (Lundi au vendredi) et de 10h00 à 14h00 (samedi). http://www.antofagastaestuyo.cl et http://www.chile.travel
  • Liens utiles divers : http://www.sernatur.cl , http://www.chileestuyo.cl (tourisme national) , http://www.subturismo.gob.cl, http://serviciosturisticos.sernatur.cl/ (pour rechercher des services), l'application Chile 360° (https://www.appchile360.cl/), http://www.sernac.cl/portal-del-consumidor/

    (service consommateurs) au 0800 700 100

  • Museo ferroviario,Simon Bolivar 255, à Antofagasta. S'adresser aux gardiens à l'entrée du parking et leur demander comment visiter l'ancienne gare. Nous bénéficiâmes Jean-Sébastien et moi d'une visite guidée assurée par l'un de ces gardiens. Tout est donc possible. http://www.fcab.cl

  • Théâtre municipal, Calle Sucre 433, à Antofagasta.

  • Musée régional, Calle Balmaceda 2786 (à l'angle de la rue Simon Bolivar) à Antofagasta. Tél:55 227016 et 22 2555. Ouvert du mardi au vendredi de 9h00 à 17h30 et les samedi et dimanche de 11h00 à 14h30. Entrée gratuite. Durée de la visite : 1h00 à 1h30 en moyenne. Prise de photos autorisée sans flash. Placez votre téléphone portable avec son lecteur de code QR devant le code approprié dans chaque salle et bénéficiez d'une visite audio-guidée personnalisée.

 







 



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