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Promenade tokyoite
(Tokyo, Japon)
Heure locale


Vendredi 17 juillet 2015

 

Et si nous partions aujourd'hui en balade dans la capitale nippone ? La promenade que je vous propose part de la station Shiodome qui se trouve sur la ligne de métro automatique Yurikamome. La ligne Yurikamome est la première ligne de métro automatique à Tokyo, commandée par ordinateur et sans conducteur. Equipé de pneumatiques, le train circule sur une voie en béton, maintenu par deux guides latéraux. Sa vitesse maximale atteint les 60 km/heure mais sa vitesse commerciale ne dépasse pas les 30 km/heure. La ligne est aérienne sur tout le parcours, ce qui permet de profiter du paysage. Et chaque rame peut transporter jusqu'à 352 passagers. La station N°2 du Yurikamome s'appelle Shiodome. A deux pas de là se trouve le Royal Park Shiodome Tower. Shiodome est un quartier de l'arrondissement de Minato et est situé près de la baie de Tokyo et du jardin Hama-Rikyu. C'est désormais l'un des quartiers les plus modernes de Tokyo avec ses treize gratte-ciels. Depuis cette station, l'usager peut emprunter la ligne Toei Oedo. Cette station a choisi comme symbole le roseau (photo ci-dessous). Cette plante qui pousse au bord de l'eau était souvent utilisée par les poètes nippons dans la rédaction de leurs oeuvres, comme dans »Collection of Myriad leaves », la plus ancienne et fameuse anthologie de la poésie japonaise. On prétend qu'une flèche taillée dans un roseau est une arme pour les fantômes et les esprits démoniaques. Lorsqu'on l'appelle Hayama, le roseau signifie alors la chance et la bonne fortune. On l'échange d'ailleurs chaque année à l'occasion du nouvel An dans les sanctuaires shintos.


 

Depuis la station Shiodome, marchez dix minutes et franchissez un carrefour assez compliqué pour atteindre l'entrée Otome du jardin Hama Rikyu : Ce jardin, désormais classé bien culturel important du Japon depuis 1952, est un lieu historique. L'endroit fut autrefois utilisé comme fauconnerie du temps des shoguns et jusqu'au milieu du XVII è siècle. Jardin familial, il servit d'annexe au château d'Edo, avec son étang d'eau de mer et deux terrains réservés à la chasse aux canards (kamoba) de l'époque Edo. En 1654, Tsunashige Matsudaira, petit frère du quatrième shogun Ietsuna et premier ministre de Kofu (l'actuelle préfecture de Yamanashi) assécha l'endroit, étendit artificiellement la bande de terre sur la mer par remblaiement et bâtit une seconde résidence appelée Umite Yashiki (maison de la plage de Kofu). Plus tard, Ienobu Tokugawa (le plus jeune fils de Tsunashige) deviendra le sixième shogun, car il sera le seul descendant de la lignée directe restante de Ieyasu Tokugawa. Ienobu entamera immédiatement des réformes, transformant notamment le bakufu d'une institution militaire en une institution civile, abolissant les lois et décrets controversés de Tsunayoshi. La censure sera également abandonnée. Dans le même temps, Ienobu confisquera la résidence Umite Yashiki et la rebaptisera Hama-goten (le Palais de la plage). Devenue propriété du shogunat, cette résidence sera alors utilisée comme lieu de loisirs pour la famille du shogun. L'aménagement du jardin, tel qu'on le connait aujourd'hui, est le fruit de différents travaux de modification effectués par les divers shogunats, et s'achèvera sous l'ère du onzième shogun, Ienari.

Durant la restauration Meiji, le jardin Hama-rikyu passera sous la tutelle du pouvoir impérial (juridiction de Kunaicho) devenant ainsi palais secondaire de la famille impériale et servant pour les parties royales. L'endroit prendra alors le nom de Hama-rikyu, son nom actuel. Cependant, ni le grand séisme de Kanto, ni la seconde guerre mondiale n'épargneront ce jardin qui sera gravement endommagé et subira d'importants travaux de restauration. Le Enryo-kan avait déjà été érigé en 1869. Il constituera le premier bâtiment de pierre à l'occidentale du Japon. Celui-ci sera détruit pour vétusté vingt ans plus tard. Le 3 novembre 1945, le jardin sera offert par l'empereur à la municipalité de Tokyo et sera ouvert au public car il représentait le jardin type de la période féodale japonaise développé sous la période Edo, avec ses étangs alimentés en eau de mer.


 

Après votre halte au jardin, reprenez votre marche en direction de la mairie de Tokyo: situé dans le quartier d'affaires de Shinjuku, ce bâtiment imposant est constitué de deux tours jumelles. Sa construction débuta en 1988 et les tokyoites l'appellent même « la tour des impôts » vu son coût de construction. L'est et le sud-ouest se découvrent ainsi aux yeux des nombreux visiteurs qui viennent chaque jour. Lorsque le temps est clair , on peut même apercevoir le Mont Fuji. Deux observatoires sont accessibles aux visiteurs: Un observatoire nord et un observatoire sud. A l'intérieur du grand hall d'entrée se trouve un porte bonheur qui a été confectionné par des artisans et des commerçants de la région. Il est sensé apporter, bonheur, prospérité et richesse aux habitants de Tokyo. La hauteur des deux tours a permis aussi l'installation de puissantes antennes de télévision depuis l'ouverture du bâtiment.

Kenzo Tange fut l'architecte de la Mairie de Tokyo. Né à Osaka le 4 septembre 1913, il sera élevé dans la préfecture d'Hehme, puis mourra à Tokyo le 22 mars 2005. Il fera d'abord des études d'architecte et d'ingénieur à l'université de Tokyo, puis travaillera jusqu'en 1941 pour un disciple de Le Corbusier, Kunio Maekawa, et remportera en 1949 le concours pour le parc de la Paix et le musée de la bombe atomique de Hiroshima. Cette réalisation importante marquera le début de sa carrière internationale. Il créera alors sa propre agence d'architecte (Kenzo Tange Studio). Son style réside dans des lignes épurées en béton, le plus souvent brut, revêtues ensuite de parois de verre ou de pierre. Une vingtaine de réalisations verront ainsi le jour au Japon mais aussi à Taiwan, en Chine et à Singapour. En 1987, il obtiendra le prix Pritzker d'architecte. Kenzo Tange prendra sa retraite en 2002.


 

Redescendez des tours jumelles et marchez 25 minutes en direction de la Tokyo Tower (ci-dessous). A l'origine, on voulait construire une tour assez haute pour accueillir les relais de télévision qui pourraient ainsi couvrir toute la région du Kanto. Elle devait être plus haute que l'Empire State Building (381 mètres).Malheureusement, le manque de matériaux d'une part, et de moyens financiers d'autre part, ne permettra pas d'atteindre ou de dépasser ce bâtiment. La hauteur de la Tokyo Tower fut calculée à partir de la hauteur suffisante pour permettre aux télévisions d'arroser la région environnante , c'est à dire 150 kilomètres autour de Tokyo. Cette tour est prévue pour résister à des tremblements de terre deux fois plus puissants que celui de 1923, et à des typhons avec des vents de plus de 220 km/ heure. Plusieurs centaines de tobis (ouvriers traditionnels du bâtiment) travaillèrent sur la Tokyo Tower. Cette tour est faite d'acier (avec un tiers de l'acier récupéré des tanks américains ayant participé à la guerre de Corée). Son coût fut estimé à 8,4 millions de dollars US en 1958 , soit 2,8 milliards de yens (elle fut évaluée en 2000 à 10 milliards de yens). En bas de la tour se trouvent des attractions et des galeries: L'Aquarium Gallery et le Wax Museum (au 2è étage). La Tokyo Tower est membre de la World Federation of Great Towers. Elle mesure 333 mètres (13 mètres de plus que la Tour Eiffel) et ne pèse que 4000 tonnes (au lieu de 7000 tonnes pour la Tour Eiffel). Ceci est dû aux progrès de l'acier et de la technologie. Elle fut inaugurée le 23 décembre 1958 et il fallut 28000 litres de peinture orange et blanche pour la recouvrir (les couleurs sont celles imposées par l'aéronautique civile japonaise). 176 projecteurs éclairent la tour, d'une lumière orange en hiver, et d'une lumière blanche incandescente en été. Localisée dans le parc de Chiba, la Tokyo Tower est l'une des structures les plus élevées du Japon (la Tokyo Sky Tree Tower la dépasse désormais) et elle ne supporte plus les 24 émetteurs de télévision et de radios qui ont depuis été transférées sur la Tokyo Sky Tree Tower. Les visiteurs peuvent par contre toujours monter au premier observatoire situé à 150 mètres de hauteur, et apercevoir par temps clair tout Tokyo ainsi que la région de Kanto (angle de 360°). Le deuxième observatoire est également accessible à 250 mètres de hauteur, et permet d'observer par beau temps le Mont Fuji et le Mont Tukuba.


 

A dix minutes de marche de cette tour, rendez-vous ensuite jusqu'au temple Zojo-ji : ce temple bouddhiste appartient à la secte Zojo et fut fondé en 1393, puis déplacé à son endroit actuel par Tokugawa Ieyasu en 1598. Il devint d'ailleurs le temple de la famille Tokugawa. Lors de la seconde Guerre Mondiale, le temple fut bombardé et reconstruit en 1974. Dans l'enceinte de ce temple, on peut apercevoir une statue de la déesse Kannon avec un arbre , et une énorme cloche. On trouve aussi des centaines de petits bouddhas habillés comme des enfants (chacune d'entre elles représenterait la protection de l'âme d'un enfant mort sur sa voie pour le paradis). C'est à cet endroit que se déroule le 7 juillet de chaque année le festival Tanabata. C'est la fête des étoiles au Japon, originaire d'il y a plus de 2000 ans , provenant des traditions O-Bon (le festival O-bon lui-même est une fête bouddhiste japonaise qui fut importée il y a plus de 500 ans de Chine et est destinée à honorer l'esprit des ancêtres) et de la fête des étoiles chinoise Qixi. Cette fête Tanabata célèbre la rencontre entre Orihime (plus connue sous le nom de Vega, l'étoile la plus brillante de la constellation de la Lyre) et Hiko-boshi (appelée aussi Altair et la plus brillante des étoiles de la constellation de l'Aigle). La voie lactée qui traverse le ciel sépare les deux amants mais il leur est permis de se rencontrer une fois par an. Ce jour est le septième jour du septième mois du calendrier luni-solaire (c'est à dire fondé sur le cycle annuel du soleil et sur le cycle régulier des phases de la Lune). Plusieurs versions de la légende chinoise existe mais des points communs existent: Il était une fois une histoire d'amour entre une déesse tisserande et un bouvier (gardien de bœuf) mortel. Elle quitte pour lui le monde céleste ,se marie avec lui et lui donne deux enfants: un garçon et une fille. La mère de la déesse finit par retrouver sa fille et la ramène dans le monde des Dieux. Afin de séparer le bouvier qui avait retrouvé sa femme (celle-ci délaissait alors ses travaux de tisserande), les dieux séparèrent les deux mondes par une rivière infranchissable appelée la Voie Lactée. Devant les pleurs incessants de la Princesse d'un côté et du bouvier ainsi que de ses enfants de l'autre, les dieux leur accordèrent le droit de se retrouver une fois l'an. Les Japonais célèbrent cette fête en portant le yukata. Ils décorent aussi les feuilles de bambou. Ils écrivent ainsi leurs souhaits, sous forme de poèmes parfois, sur un tanzaku (petite carte verticale utilisée autrefois pour écrire des poèmes, et utilisée de nos jours pour écrire ses vœux lors de la fête de Tanabata) et les accrochent sur les feuilles. On prétend que le couple céleste transformera les vœux exprimés dans la vie réelle. Après avoir été décoré, l'arbre en bambou est jeté dans le fleuve ou bien brûlé pour que se réalisent les vœux, aux environs de minuit, ou le jour d'après. A l'origine, la croyance populaire disait qu'une fille priant la princesse Vega avec sincérité le jour de la fête de Tanabata pouvait acquérir un réel talent de tisseuse et de couturière. Quant aux garçons, ils pouvaient espérer acquérir un talent de calligraphe.


 

INFOS PRATIQUES :


  • Site de la ligne Yurikamome : http://www.yurikamome.co.jp/en/

    Forfait journalier: 800 Yens (adulte) et 400 Yens (enfant).

  • Station Shiodome: http://www.rps-tower.co.jp/en/

    jardin Hama-Rikyu: http://www.tokyo-park.or.jp/english/park/detail_04.html

  • Jardin de Hama-rikyu Onshi Teien, 1-1 Hama-rikyu Teien, Chuo-ku, Tokyo. Tel : 03 3541 0200. Ouvert tous les jours de 9h00 à 17h00. Droit d'entrée : 300 yens. Jours d'accès gratuit, le 4 mai (journée verte) et le 1er octobre (journée des citoyens de Tokyo). Accès par la station de métro Shiodome (ligne Yurikamome). Visites guidées gratuites les samedi, dimanche et jours fériés (à 11h00 et 14h00, en japonais) en anglais le lundi à 10h30 et le samedi à 11h00.Audio-guide disponibles gratuitement, de 9h00 à 16h00, en plusieurs langues (français, anglais, japonais, coréen et chinois)

  • Mairie de Tokyo : elle peut être visitée tous les jours de 10h à 18h. L'entrée est libre et on accède aux bâtiments par le sous-sol ( en-dessus du niveau de la rue) située en-dessous de l'entrée principale de la Mairie. Deux ascenseurs par tour permettent d'accéder au 45è étage pour une vue panoramique des environs. Un restaurant est ouvert au public ainsi que deux boutiques de souvenirs. Une maquette de la Mairie peut être observée à cet étage. On fouille simplement les bagages à l'entrée de la tour par mesure de précaution.

     

    Un bureau de tourisme pour la ville de Tokyo est situé à l'intérieur du bâtiment. Un niveau plus haut, un autre bureau de promotion des préfectures japonaises offrent aux visiteurs des informations nécessaires à la découverte des différentes régions du Japon.

  • Pour vous rendre à la Tokyo Tower: Premier et deuxième observatoires ouverts de 9h à 23h00. Entrée : 8000 yens. Prévoir du cash car on ne prend ni les cartes SUICA et PASMO, ni les cartes de crédit ( excepté dans certaines boutiques de souvenirs). Un musée de personnages de cire (avec notamment les représentations de Winston Churchill, Mao Ze Dong, Thomas Edison, sans oublier Hisakichi Maeda (fondateur de la Tokyo Tower) le Wax Museum peut être visité sur place. Il est ouvert de 10h00 à 21h00. Station de métro : Akabanebashi

  • Site officiel du temple Zojo-ji: http://www.zojoji.or.jp/en/index.html#top

     

    4-7-35 Shibakoen Minato-ku, Tokyo. Tél : 3-3432-1431. Station de métro : Akabanebashi













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