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Musée de la Météorite (San Pedro de Atacama, Région d'Antofagasta, Chili)
10 images disponibles
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Vendredi 22 février 2019

 

Ce matin, je décide de visiter le Musée de la météorite, à San Pedro de Atacama. Ce musée possède l'une des plus vastes collections de météorites du monde, à savoir plus de 3200 spécimen (dont 77 sont exposées en vitrine dans l'exposition). Toutes proviennent du désert d'Atacama et ont été ramassées par deux frères chiliens, lesquels sillonnèrent la région trente années durant afin de constituer leur collection d'objets sidéraux. C'est en 1983 que le fondateur du musée, Rodrigo Martinez de los Rios et son frère Edmundo commencèrent à rechercher les précieux objets tombés du ciel en se rendant au cratère d'Imilac. Deux ans plus tard, nos deux compères redécouvraient la petite localité de Vaca Muerta, perdue dans le désert d'Atacama, avec l'intention de mettre la main sur une météorite intacte de 312 kilos tombée dans le cratère Martinez.

Notre visite se déroulera en deux parties : nous commencerons par parcourir la dizaine de vitrines qui forme l'exposition avant d'effectuer un parcours sensoriel en compagnie d'une des guides présentes sur place. Chaque vitrine dispose d'un panneau explicatif du système solaire (en langue anglaise et espagnole), et est agrémentée d'un commentaire délivré par un petit appareil électronique relié à un casque individuel qui offre au visiteur un commentaire en plusieurs langues (allemand, anglais, espagnol, français et portugais).


Le sujet traité est assez complexe car scientifique et je ferai appel à Jean-Sébastien de temps à autre pour clarifier l'information délivrée. Puisque c'est de météorites que nous parlons aujourd'hui, peut-être est-il utile de rappeler les différentes causes affectant les effets produits par ce caillou tombé du ciel au moment de l'impact terrestre. Ces facteurs sont au nombre de quatre : la vitesse de la météorite au moment du choc, sa masse, sa densité ainsi que celle du sol au lieu précis de l'impact. Dans le cas des petites météorites (de moins de 2 tonnes), celles-ci sont automatiquement freinées dans leur élan lors de leur entrée de l'atmosphère. Sur un sol mou, celles-ci atterriraient à une vitesse de 0,20 km/seconde, ce qui provoquerait un trou de quelques mètres de diamètre comme, par exemple dans le cas du cratère Martinez de Vaca Muerta.

Une météorite de plus grande taille (entre 10 et 50 tonnes) conserve une partie de sa vitesse cosmique, ce qui donne une vitesse d'environ 4 km/seconde au moment de l'impact. Et la météorite de se désintégrer en mille morceaux et dans toutes les directions en formant un cratère d'impact largement supérieur à la taille de la météorite elle-même. Ces cratères mesurent généralement jusqu'à trente mètres, comme dans le cas du cratère d'Imilac.

Enfin, une météorite énorme (plus de 100 tonnes) possède une vitesse de l'ordre de 20 km/seconde au point d'impact terrestre. L'énergie cinétique dégagée est telle qu'elle équivaut à la puissance d'une bombe comme celle d'Hiroshima (Japon). Au moment du choc, l'énergie dégagée par l'impact suffit à vaporiser entièrement ladite météorite, sous la forme de roche fondue et fragmentée dans toutes les directions, jusqu'à creuser un cratère d'explosion de proportions gigantesques. Et ces cratères de mesurer de quelques centaines de mètres à plusieurs kilomètres de diamètre, comme celui de Monturaqui (en photo ci-dessous)

Ce cratère fut découvert en 1962 au sud du Salar de Atacama par Joaquin Sanchez Rojas, géologue chilien à l'Institut des recherches géologiques et à partir d'une photo aérienne. Le trou gigantesque est situé dans la Sierra Almeida, à trois kilomètres à l'est du mont Tambillo. De forme quasi circulaire et d'un diamètre de 380 mètres environ, celui-ci a une profondeur maximale de 31 mètres et des investigations plus poussées en 1966 estimèrent la datation de ce cratère au Pléistocène. On estime que la masse de la météorite aurait été de 9870 tonnes et sa dimension de 13,4 mètres, tandis que sa vitesse d'impact aurait été de 15 km/seconde, générant l'équivalent de 2,2 bombes atomiques d'Hiroshima (Japon)

En ce qui concerne le cratère d'Imilac, deux indigènes du village de Peine qui chassaient le guanaco découvrirent du fer météorique il y a trente à quarante ans de cela. Le cratère en question mesure environ 15 mètres de diamètre et quatre de profondeur.

Quant aux cratères de Vaca Muerta (ci-dessous), c'est en 1861 qu'ils furent découverts par des mineurs à 60 kilomètres à l'est de Taltal. Mais les premières vraies recherches concernant la météorite seront entreprises par un certain Ignacio Domeyko. On peut aujourd'hui observer les cinq plus gros cratères de cette chute massive de météorites à l'intérieur d'une superficie d'un km2. Le plus grand cratère, le VM-1, offre un grand axe de 9,30 mètres et un petit axe de 7,16 mètres pour une profondeur d'1,35 mètre.


 

Ignacio Domeyko fut le pionnier de la météorite au Chili avec la publication, en 1845, de son ouvrage « Éléments de la minéralogie ». Dans ce livre, il classait déjà les météorites en deux groupes, les fers météoriques et les aérolithes. Et l'auteur de nous transmettre un important héritage comprenant de nombreuses publications jusqu'à son décès à Santiago du Chili en 1889. Scientifique polonais, notre homme se verra doter de la nationalité chilienne en 1848, après avoir étudié auparavant à la Sorbonne et au Collège de France (Paris). L'humanité n'est pas ingrate envers ce scientifique puisque celui-ci prête désormais son nom à une chaine de montagnes de la cordillère des Andes située dans le nord chilien, à l'ouest du Salar d'Atacama (cordillère Domeyko), à un astéroïde en orbite entre Mars et Jupiter (dénommé Domeyko 2784, et découvert le 15 avril 1975) et à un petit village localisé dans la région d'Atacama.

Un autre homme, Rodolfo Amando Philippi, a beaucoup fait pour l'étude des météorites : son expédition dans le désert d'Atacama en 1853-1854 le conduisit au cratère météorique d'Imilac, en compagnie de son découvreur, José Maria Chaile. Le scientifique fut impressionné par l'endroit au point de rapporter 678 fragments de météorite, soit un poids total de trois livres et d'en faire une description ultérieure.

INFOS PRATIQUES :

  • Musée de la Météorite, Tocopilla 101, à San Pedro de Atacama. Tél : 98360 3086. Ouvert du mardi au dimanche de 10h00 à 13h00 et de 15h00 à 19h00. Entrée adulte : 3500 pesos. Site internet : http://www.museodelmeteorito.cl
  • Cet article a été rédigé avec la précieuse collaboration de Jean-Sébastien, notre esprit scientifique du jour.








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