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Wat Pho ou Temple du Bouddha couché (Bangkok, Thaïlande)
35 images disponibles
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Samedi 24 décembre 2016

 

Mes trop rares visites à Bangkok me poussent aujourd'hui à me rendre à Wat Pho, le temple du bouddha couché, et l'un des plus grands et des plus anciens temples bouddhistes de la capitale thaïlandaise. C'est en effet sur huit hectares que s'étend Wat Pho qui est situé à l'est de la Chao Phraya (troisième plus important fleuve du pays) et immédiatement au sud du Palais royal, plus exactement dans le quartier de Phra Nakhon, au centre de Bangkok, sur l'île de Rattanakosin. Connu aussi sous le nom de Temple du bouddha couché, son nom officiel est Wat Phra Chetuphon Vimolmangklararm, nom à rallonge comme souvent en Thaïlande.

 

Ce temple est le premier d'une liste de six temples thaïlandais reconnus de statut royal. Associé au nom du roi Rama I , lui-même auteur de la reconstruction de ce complexe sur le site d'un précédent temple encore plus ancien, Wat Pho est depuis devenu son temple de prédilection qui a d'ailleurs reçu ses cendres. Le même temple sera plus tard agrandi par le roi Rama III. Et l'endroit d'abriter désormais la plus grande collection thaïlandaise d'images de Bouddha, y compris le célèbre bouddha couché, d'une longueur de 46 mètres.

Wat Pho est aussi considéré comme le le premier centre d’éducation publique du pays, au point que les illustrations en marbre destinées à l'instruction publique, et les inscriptions disposées dans le temple ont été classées monuments de l'Unesco. L'enceinte abrite aussi une école de médecine thaïlandaise et est reconnue comme le lieu de naissance du traditionnel massage thaï, enseigné et pratiqué ici.

 

Ce temple du bouddha couché est antérieur à la création de Bangkok, et sera érigé sous le nom de Podharam, ce nom renvoyant au monastère de l'arbre de Bodhi dans Bodh Gaya en Inde, où Bouddha est supposé avoir atteint l'illumination. On pense que le vieux temple aurait été bâti sous le règne du roi Phetracha, pendant la période Ayuthaya, à l'endroit même d'un autre temple dont l'auteur nous est inconnu. Après la fin de cette période historique, face à la menace birmane, le roi Taksin transférera la capitale à Thonburi, où il construira son palais non loin de Wat Pho du coup élevé au rang de monastère royal (wat luang). Plus tard, en 1782, le roi Rama I déplacera la capitale du pays de l'autre côté de la rivière, à Bangkok, l'actuelle capitale thaïlandaise, et érigera le palais royal actuel, adjacent à Wat Pho. Avant les travaux, le site dut être asséché car le terrain n'était qu'un vaste marécage. Le roi Rama I eut également l'idée de récupérer les images de Bouddha d'autres temples abandonnés à Ayutthaya, Sukhotai, et quelques autres sites du pays pour les ramener à Wat Pho. Parmi ces images, l'une d'entre elles représente les restes d'une image de Bouddha de Wat Phra Si Sanphet d'Ayuthaya qui fut détruite par les Birmans en 1767. La reconstruction de l'ensemble prendra sept années. Le complexe connut bien des changements au cours de ces 260 ans, tout particulièrement sous le règne de Rama III, lorsque ce dernier débuta l'agrandissement et la rénovation de l'ensemble en 1832, des travaux qui dureront seize longues années. On étendit l'étendue du complexe et on (re)construisit la plupart des structures de Wat Pho aujourd'hui existantes à cette époque, y compris la chapelles du bouddha couché. C'est de cette époque que date la vocation d'apprentissage du célèbre temple, avec entre autres, la décoration des murs des bâtiments à l'aide d'illustrations et d'inscriptions en marbre sur divers thèmes. Ainsi Wat Pho est-il considéré comme la première université de Thaïlande et centre de massage thaï. L'école de médecine thaïlandaise qui s'y trouve fut quant à elle fondée en 1957 et existe encore de nos jours.

Sous le règne du roi Rama IV, le complexe prendra le nom de Wat Phra Chetuphon Vimolmangklararm, sans qu'aucune modification significative de l'endroit n'ait eu lieu depuis, si ce n'est les travaux habituels de restauration (les derniers remontent à 1982, avant la célébration du bicentenaire de Bangkok).

 

Wat Pho représente ainsi le plus grand et plus ancien temple de Bangkok sur une surface de huit hectares. Il abrite plus de mille images de Bouddha dont la plus imposante mesure 46 mètres sur 22. Le temple se présente sous la forme de deux ensembles murés, traversés par le chemin de Chetuphon qui court d'est en ouest. La plus grande partie murée du temple, située au nord, porte le nom de phutthawat et contient les plus beaux bâtiments consacrés à Bouddha, dont le bouddha couché. Cette partie est bien entendu ouverte au public. La partie sud, elle, appelée sankhawat, abrite les quartiers résidentiels des moines ainsi qu'une école. Le mur du périmètre du temple comporte à lui seul seize portes (ci-dessous), dont deux servent à accueillir les visiteurs.

L'enceinte du complexe abrite 91 petits chedis (édifices religieux, ou stupas), quatre grands chedis, deux beffrois, un temple central (bot), plusieurs halls (viharas) et d'autres constructions comme des pavillons, un petit musée du temple, sans oublier les jardins. Tous les bâtiments comportent des architectures différentes à Wat Pho. Sur place, on peut admirer de grandes statues chinoises dont certaines représentent des Européens. Ces statues, souvent positionnées à proximité des portes d'accès, furent importées de Chine et servirent de lest aux navires de commerce qui les transportèrent.

 

Destiné à servir de lieu d'éducation, Wat Pho accueille une encyclopédie picturale gravée sur des dalles de granit et couvrant huit domaines de connaissance : l'histoire, la santé, la médecine, la coutume, la littérature, les proverbes, la lexicographie et la religion bouddhiste.Ces plaques sont placées autour du temple.

Phra Ubosot (ci-dessous) est une salle d'ordination, et l'endroit principal où s'effectuent les rites bouddhiques, l'endroit le plus sacré du temple. Il fut érigé par le roi Rama I dans le style Ayuthaya, puis plus tard agrandi par Rama III dans le style Rattanakosin. Ce temple central fut consacré en 1791 avant l'achèvement de Wat Pho. La construction se dresse sur une plateforme en marbre et l'ubosot se trouve au centre de la cour elle-même entourée par un double-cloitre (Phra Rabiang). A l'intérieur de l'ubosot, se trouve un piédestal en or et en cristal à trois niveaux, surmonté d'un Bouddha doré en alliage d'or et de cuivre, et un parapluie représentant l'autorité de la Thaïlande coiffe une statue. La balustrade extérieure qui entoure la salle principale comporte environ 150 représentations en pierre, retraçant l'épopée de Ramakien. L'ubosot, lui, est ceint par un muret appelé kamphaeng kaew, ponctué de portails gardés par des lions mythologiques, et de huit structures abritant des marqueurs délimitant l'espace sacré du bot.


 

Le double cloitre de Phra Rabiang contient quant à lui environ 400 images du bouddha du nord de la Thaïlande, tirées des 1200 rapportées par le roi Rama I. 150 d'entre elles se trouvent sur le côté intérieur du cloitre et 244 autres sur sa façade extérieure. Celles-ci représentent Bouddha tantôt assis, tantôt debout, et sont fixées sur des montures dorées. Le Phra Rabiang comporte en son sein quatre viharns (salles de réunions et de prière) : celui situé à l'est abrite un bouddha debout de huit mètres de haut, nommé bouddha Lokanatha. Dans l'antichambre, se trouve le bouddha Maravichai, en position assise sous un arbre bodhi, originaire de Sawankhalok. Le viharn situé à l'ouest abrite un bouddha assis, à l'abri d'un naga, le bouddha Chinnasri. On peut aussi y trouver sur place un petit musée. Au sud, le viharn accueille le bouddha Chinnaraja, tandis que le viharn nord, lui, accueille le bouddha Palilai.


 

Dans le même temple, j'observerai le Phra Prang, constitué de quatre tours positionnées à chaque angle de la cour autour du bot (salle de prière la plus sacrée, ou salle d'ordination). Chaque tour est carrelée de marbre et abrite des statues de style khmer, divinités gardiennes des quatre points cardinaux.

Phra Maha Chedi Si Rajakarn forme en ce qui le concerne un groupe de quatre grands stupas (structures architecturales bouddhistes) de 42 mètres de haut. Ces quatre reliquaires sont dédiés aux quatre premiers rois Chakri, chaque roi ayant une couleur de mosaïque différente (verte, blanche, jaune et bleu).


 

Le viharn phranorn, lui, abrite le bouddha couché et fut construit sous le règne de Rama III. A côté du bâtiment se trouve un jardin abritant un arbre bodhi, arbre semblable à celui sous lequel Bouddha aurait autrefois connu l'illumination en Inde.

Plus loin, se dresse Phra Mondop (ou Ho trai, bibliothèque d'un temple bouddhiste thaï), salle des Ecritures qui contient une petite bibliothèque d'écritures bouddhistes. Cet édifice est généralement fermé au public dans un souci de conservation optimale des écritures tracées sur des feuilles de palmier. L'endroit fut érigé par le roi Rama III.

Le temple Wat Pho accueille encore d'autres structures sur lesquelles je ne m'étendrai pas cette fois tant l'endroit est immense : Phra Chedi Rai, Sala Karn Parien, Sala Rai, Phra Viharn Kod et Tamnak Wasukri. Je dois d'ailleurs confier que la visite du temple n'est pas aisée, les informations proposées étant parfois confuses, et imprécises.


 

Je file maintenant en direction de la chapelle abritant le bouddha couché, attraction majeure du temple : les deux monuments furent conçus en 1832 par le roi Rama III. L'image offerte par le bouddha couché symbolise l'entrée de ce dernier dans le nirvana, et la fin des réincarnations. La statue géante mesure quinze mètres de haut, et 46 mètres de long et forme la plus grande statue de Bouddha du pays. Le bras droit du bouddha supporte sa tête aux cheveux bouclés, le tout reposant sur deux coussins richement ornés. La statue a été faite de briques et de plâtre, puis dorée. Les semelles des pieds de Bouddha mesurent à elles seules trois mètres de haut et 4,5 mètres de long, et sont incrustées de nacre. Chacune d'entre elles est divisée en 108 panneaux représentant des fleurs, des danseurs, des éléphants blancs, des tigres et des accessoires d'autel. Au centre de chaque pied, on peut apercevoir un cercle représentant un chakra (point d'énergie). Dans un couloir, on peut admirer 108 bols en bronze (photo) représentant les 108 personnages favorables à Bouddha. Les visiteurs peuvent y jeter des pièces de monnaie dans l'espoir d'être plus heureux en affaire. Ces dons sont aussi une source de revenus pour les moines qui entretiennent le temple. Bien que ce bouddha couché ne soit pas un lieu de pèlerinage, il reste toutefois un objet de piété populaire et une célébration s'y déroule chaque année au Jour de l'An du calendrier siamois, soit en avril.


 

Terminons ce tour d'horizon par le massage thaï : le temple Wat Pho constitue, nous l'avons vu plus haut, la première université publique de Thaïlande, dispensant aux étudiants plusieurs disciplines, dont la médecine traditionnelle et le massage. Quatre cours sont disponibles, la pharmacie thaïlandaise, la pratique médicale thaïlandaise, le sage-femme thaïlandaise et...le massage thaï. On trouve ici l'une des plus anciennes écoles de massages thaïs du pays et des cours sont régulièrement dispensés sur place. Ces cours peuvent durer de quelques semaines à...un an. Des massages traditionnel et aux herbes sont ainsi pratiquées dans des salles de classe et il est possible aux visiteurs de s'y adonner pour un prix modique (attention toutefois à la vigueur de ces massages!). Wat Pho a, à ce jour, déjà accueilli des stagiaires de cette discipline venant de 135 différents pays dans le monde.

On relèvera plusieurs inscriptions et illustrations médicales ici et là sur divers bâtiments du temple. Certaines d'entre elles servent d'instructions aux massothérapeutes thaïlandais, tout spécialement dans le pavillon médical nord. Certains dessins précisent les points thérapeutiques et voies d'énergie du corps humain, points de pression utilisés lors du massage thaï. Des explications complètent le tout. Ces points de pression sont basés sur le principe de flux d'énergie semblable à ce que connait l'acuponcture chinoise. Si le corps vous en dit...

 

INFOS PRATIQUES :


  • Wat Phra Chetuphon Vimolmangklararm Rajwaramahaviharn, 2 Sanamchai Road, Grand Palace subdistrict, Pranakorn district, Bangkok. Tél : +66 (0)2 226 0335 et 225 9595. Ouvert tous les jours de 8h00 à 18h30. Entrée : 100 bahts. Un bon détachable du ticket d'entrée est échangeable contre une bouteille d'eau.

  • La visite est selon moi difficile lorsqu'elle est non-accompagnée malgré le riche dépliant gratuit (à disposition en face de la chapelle du bouddha couché, près de la vente des bouteilles d'eau). Juste après l'entrée du temple, il est possible de prendre un guide (300 baht pour une personne). Personnellement, je n'ai pas trouvé tous les endroits que je prévoyais de visiter. Est-ce à cause de la fatigue ? Sans doute. Mieux vaut limiter sa visite à une partie du temple, puis revenir une autre fois, tant il y a de choses à voir sur place. Mon regret : pas de panneau d'information en face de chaque attraction ou bâtiment. Et de ne pas être sûr de ce qu'on a vu.

  • Prévoir des chaussures faciles à mettre (et à retirer) car il vous est souvent demandé de vous déchausser pour pénétrer dans les bâtiments.

  • Wat Pho Thaï Traditional Medical & Massage School, ouverte tous les jours de 8h00 à 18h00 : http://www.watpomassage.com

     

 







 



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