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De Tissamaharama à Tangalle (Province Sud, Sri Lanka)
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Lundi 26 novembre 2018

 

Soma et moi débutons aujourd'hui notre découverte de la côte sud sri-lankaise. Cette côte offre un joli panorama du pays avec ses plages de carte postale, ses pêcheurs sur pilotis, des parcs et ses réserves de vie sauvage, ses beaux bâtiments coloniaux et ses temples bouddhistes.

Nous nous rendons cette fois à Tangalle, mais nous arrêterons ici et là durant notre voyage afin de découvrir les points remarquables qui sillonnent notre itinéraire.

Hambantota constitue notre première étape. La ville a longtemps puisé sa richesse dans le sel collecté sur ses immenses salines, mais aussi dans la crème de lait de buffle (cette gourmandise que j'affectionne, et qui est dégustée avec du miel de coco). Ce genre de fromage blanc produit à partir de lait de vache indienne, ou de lait de buffle au Sri Lanka, est appelé dahi, ou curd, et est généralement conservé dans des pots de terre appelés manipuri. Ce produit laitier traditionnel sri-lankais est obtenu par fermentation du lait et offre une haute valeur nutritionnelle (protéines, lactose, minéraux et vitamines). Après avoir filtré, puis fait bouillir le lait de buffle, on retire l'écume du dessus puis on laisse refroidir l'ensemble dans un endroit frais. On conditionne ensuite le produit dans des pots en terre, qui permettent, dit-on, de conserver le fromage deux à trois jours hors du réfrigérateur. Ne pouvant résister à ces étalages alléchants exposés sous mon nez, nous nous arrêterons pour acheter un pot de crème et une bouteille de sirop de coco (ci-dessous).


 

Du temps du royaume de Ruhuna, le roi avait pour habitude d'accueillir de nombreux hôtes venus par bateau du Siam, de Chine et d'Indonésie, lesquels mouillaient dans le port en eau profonde d'Hambantota. Jadis, la cité servira de point d'accueil pour la brillante civilisation d'antan qui avait mis au point une agriculture très développée avec, pour base, un système d'irrigation extraordinaire pour irriguer les terres fertiles alentours. Vers 1801-1803, les Britanniques construisirent la tour Martello, sur un promontoire rocheux, c'est à dire un petit fort circulaire inspiré de la tour du même nom érigée au 15è siècle en Corse à la pointe de Myrte. La tour fortifiée était supposée protéger le port de la ville des éventuelles attaques maritimes. Plus récemment, Hambantota fut très affecté par le tsunami de 2004, qui dévasta la zone en emportant au passage plus de 4500 personnes. Pourtant, la cité a eu l'énergie nécessaire pour se relever de ce drame et construire le deuxième aéroport du pays, ainsi qu'un port de taille financé par les Chinois. Je dois dire que l'effort d'investissement effectué ici est impressionnant (construction d'un nouveau centre de conférences, autoroutes...). Une image traditionnelle persiste toutefois, en face de la gare routière, avec le marché aux poissons (en photo ci-dessous) face au belvédère et le petit port de pêche tout proche (deuxième photo).


 

Fleuron naturel des environ, le Bundala National Park est l'un des plus beaux parcs de l'île, alternant zones humides et lagunes longeant la côte, à l'est d'Hambantota. On y trouve une grande variété d'oiseaux (dont des colonies de flamants roses) mais aussi crocodiles, singes et éléphants. Le Sri Lanka est une destination de rêve pour l'observation des oiseaux en raison de son large éventail d'habitats, depuis les zones humides du littoral jusqu'aux forêts pluviales et les zones montagneuses. On compte ainsi plus de 400 espèces dont 33 endémiques, la plupart de ces espèces ayant élu domicile dans le sud-ouest du pays. Et chaque année, les migrateurs en provenance d'Europe et d'Asie de s'ajouter à ces espèces. La réserve ornithologique de Kalametiya (ci-dessous) qui est située dans une zone côtière humide formée de lagunes, de marais, de mangroves et de poches de jungle broussailleuse, constitue un site de choix pour observer les oiseaux : on trouve ainsi pélicans à bec tacheté, tantales indiens, aigles pêcheur, aigrettes, vanneaux et plumiers...sans parler des oiseaux migrateurs qui trouvent ici refuge de novembre à mars. L'endroit, qui offre également une très jolie plage, peut faire l'objet d'excursions généralement organisées à partir du petit village de Hungama (à six kilomètres au sud-ouest de la réserve).


 

A condition d'être noctambule (ce qui n'est pas mon cas), patient et sur place si possible de mars à septembre (tout particulièrement en avril et mai), on peut apercevoir des tortues marines qui viennent pondre sur la plage de Rekawa (ci-dessous). Accessible depuis Tangalle, en empruntant la Tangalle Road, cette plage accueille cinq espèces de tortues marines (sur les sept existant dans le monde):la tortue verte, la tortue luth, la tortue olivâtre, la caouanne et la tortue imbriquée. Ces animaux viennent nicher sur la côte sud-ouest sri-lankaise et sont protégés par le Turtle Conservation Project (http://www.sltcp.org/), un programme mis sur pied en 1993 afin de protéger la population déclinante de ces animaux marins. Et de permettre aux visiteurs de découvrir la nidification et la naissance des tortues sur les plages de Kosgoda, Kalpitiya et Rekawa. La sensibilisation des populations locales fait bien sûr partie des missions de cet organisme avec l'installation de couvoirs (il en existe depuis 1970) dans la région d'Induruwa et de Kosgoda notamment.

 

Côté culture, les environs de Tangalle abritent le fameux temple Mulkirigala, l'un des plus anciens temples de l'île. Visiter l'endroit se mérite car il nous faudra grimper une falaise à près de 200 mètres et un total de 533 marches, au-dessus d'une forêt de palmiers avant d'atteindre le temple accroché au relief et formé par une série de grottes. Les alentours offrent une végétation luxuriante envahie de singes. Quant au temple principal, il renferme une série de bouddhas gigantesques. Sans doute une allusion à cette croyance bouddhiste qui estime que le corps grandit lorsqu'il est mort, ce qui signifie qu'un homme mort est plus considérable qu'un être vivant, d'où la taille des bouddhas dans les temples. Nous nous arrêtons aussi devant certaines fresques qui furent peintes à même le rocher et représentent de curieuses scènes inspirées des textes sacrés (Jataka).

L'endroit, qui a été surnommé le « Petit Sigiriya » par la population locale, a été bâti dans le roc (comme à Sigiriya). Lors de la période Polonnaruwa, ce temple porta le nom de Samuddagiri Viharaya, jusqu'à ce que les Hollandais ne baptisent le lieu « Rocher d'Adam » au 18è siècle, imaginant d'abord que les tombes d'Adam et Eve se trouvaient à cet endroit. D'après l'ancienne chronique Mahavamsa (dont la traduction fut rendue possible à la suite de la découverte de manuscrits dans ce même temple, par l'officier anglais George Tumour en 1826), le célèbre temple aurait été construit par le roi Saddhatissa au 3è siècle. Après quoi ce lieu de culte reçut le patronage royal de plusieurs autres souverains. Durant la période comprise entre 461 et 479, le roi Datusena rajoutera un stupa à l'ensemble, édifice qui sera plus tard agrandi par le souverain Kirti Sri Rajasinghe.


 

La visite de l'ensemble se décompose comme suit : le site abrite sept temples et a été conçu sous la forme de cinq quartiers (Siyambalamaluwa, le vihara d'en-bas, Bomaluwa, le vihara Rajamaha et le vihara d'en-haut), mais la visite est libre et se fait dans l'ignorance la plus totale, faute d'informations sur le parcours. Vous voici prévenus.

Siyambalamaluwa comprend le musée, le temple inférieur et l'hébergement des moines. Le vihara d'en-bas, lui, accueille le Raja Maha Viharaya, des sépultures, Seemamalakaya, le monastère et Paduma Rahath Viharaya (qui abrite le plus grand bouddha allongé de l'endroit). On peut aussi admirer une pagode peinte à l'intérieur de la grotte.


 

Bomaluwa comprend le hall Vesak, la grotte Bhanaka (aussi surnommée Majjhima Nikaya), une inscription Viharagal sculptée dans la roche datant des 6è-7è siècle et une terrasse accueillant l'arbre de Bo.


 

Le Raja Maha vihara abrite le Piriniwan Manchakaya, Raja Maha Viharaya, Aluth Viharaya, Naga Viharaya, le bassin, une inscription du 12è siècle (qui mentionne l'ancien nom du temple, à savoir Muhundgiri Vihara), un lampadaire et le Diyagoda Etha Viharaya.


 

Enfin, le vihara d'en haut permet d'observer le Dethispala Bodhiya, en photo ci-dessous (dont on dit qu'il serait l'un des 32 jeunes arbres issus de l'ensemencement) qui aurait été bouturé à partir de l'arbre original Jaya Sri Maha Bodhi qui se trouve à Anuradhapura, l'attendant Bodhiya, le Garandi Kapolla, le Chaitya, le clocher, le bassin et une vue imprenable sur la vallée.


 

On peut par ailleurs admirer plusieurs peintures et sculptures de la période kandyenne (ci-dessous) à l'intérieur des grottes ainsi que des maisons d'images à l'intérieur des vihara. La plupart de ces peintures décrivent la vie de bouddha et les contes de Jataka, récits extraordinaires d'origine indienne retraçant la naissance de Bouddha dans ses formes humaine et animale. Ces récits font partie des tout premiers ouvrages bouddhistes datant du 4è siècle avant JC.

 

INFOS PRATIQUES :

  • Réserve ornithologique de Kalametiya, Gurupokuna Road, à Hungama. Tél:+94 071 355 7925. Ouvert tous les jours de 6h00 à 18h00. Site internet : https://www.facebook.com/kalamatiyabirds/?_rdc=1&_rdr
  • Observation des tortues : Eco Team (https://www.ecoteam.lk/

    ) organise des visites nocturnes. L'ONG Turtle Conservation Project (lien ci-dessus) est aussi une alternative.

  • Temple Mulkirigala, à Mulgirigala. Ouvert tous les jours de 6h00 à 18h00. Entrée : 500 roupies . Aucune information n'est offerte aux touristes pour expliquer ce que l'on voit. Mieux vaut venir ici avec un guide qui connait l'endroit. Par ailleurs, nous avons été abordés par un homme se prétendant guide du temple. Nous l'avons évincé sans difficulté. Le musée du temple expose des objets qui furent retrouvés sur place lors de fouilles archéologiques (manuscrits sur feuilles de palmier, outils et peintures...) mais n'indique aucune heure d'ouverture non plus. Cet endroit semble davantage fréquenté en fin de semaine.

 



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