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Du côté de Dickwella (Province Sud, Sri Lanka)
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Mardi 27 novembre 2018

 

Basés deux jours à Tangalle, Soma me parle des jolies plages de l'endroit : celle de Marakolliya ne fait pas exception à la règle et déroule ses étendues de sable préservées avec, pour arrière-plan, le lagon de Rekawa. Au sud-ouest de la petite ville se trouvent les paisibles plages de Pallikaduwa et de Goyambokka avec leurs superbes criques rocheuses.

Les amateurs de plongée sous marine seront comblés avec la bonne quinzaine de sites entre les récifs, les grottes et les canyons, autant de refuges pour des myriades de poissons exotiques, comme les poissons-lions, papillons, anges et trompette qui partagent leur espace avec de majestueuses raies pastenagues, des mérous et des murènes plus craintives. Plus rarement, on peut aussi croiser quelques requins de récif. Quant aux barracudas, ils ont une fois pour toutes élu domicile à l'intérieur de l'épave d'un ancien navire britannique. Toutefois, si vous vous baignez dans le coin, méfiez-vous des forts dénivelés de certaines plages et des forts courants ici et là.

Avec ses quelques 75000 âmes, Tangalle demeure l'une des villes les plus importantes de la Province Sud du Sri Lanka. Son port de pêche très actif est situé sur l'une des plus grandes baies du pays qui est protégée de l'océan par une barrière de récifs. Le fort hollandais jadis bâti par les anciens occupants sert aujourd'hui de prison et constitue, avec le palais de justice les seuls exemples d'architecture coloniale restant encore visibles.

Faute de trouver des centres d'intérêt dans cette ville, nous partons pour Dickwella, dont la réputation des noix de cajou n'est plus à faire. On peut trouver ce fruit au marché de la ville, près de la plage ou au bord des routes environnantes.

En ville, la circulation est dense et Soma attire mon attention sur un portrait de l'ancien président de la république sri-lankaise, Mahinda Rajapaksa (ci-dessous), qui dirigea de main de maitre ce pays de 2005 à 2015. Il a été nommé Premier ministre du Sri Lanka ce 26 octobre 2018, dans l'attente de futures élections parlementaires au début de l'année prochaine. Né à Weeraketiya (district d'Hambantota), c'est un peu l'enfant du pays, qui a, selon les dires des Sri-lankais que j'ai rencontrés, construit routes et infrastructures et permis la fin de la guerre civile dans le pays.

Outre ses longues plages de sable fin, Dickwella offre la plus grande statue de bouddha assis du Sri Lanka, haute de 50 mètres. Une halte s'impose, ne serait-ce que pour admirer les peintures murales des bâtiments derrière la célèbre statue, qui retracent de manière très colorée la vie de Bouddha et les châtiments réservés aux mécréants sous la forme de bandes dessinées. La ville est aussi connue pour ses peraheras (fêtes bouddhistes) en l'honneur de Vesak, Poson et d'Esala, qui ont lieu en mai, juin et juillet. Ces fêtes très colorées sont l'occasion de magnifiques processions nocturnes à la lumière des torches où des éléphants du temple apparaissent ornés de superbes parures, aux côtés de danseurs et de musiciens.

Rappelons que Vesak (jour férié bouddhiste) est une fête habituellement célébrée par les Bouddhistes et les Hindous dans plusieurs pays asiatiques dont le Sri Lanka, et est l'occasion de commémorer la naissance, l'illumination et la mort de Bouddha selon le Theravada (plus ancienne branche du bouddhisme) et la tradition du sud. Cette fête figure dans les calendriers sri-lankais depuis 1950. Poson est une fête annuelle célébrée par les bouddhistes sri-lankais afin de commémorer l'arrivée du bouddhisme dans ce pays, au 3è siècle avant JC. Elle est la plus importante poya (pleine lune) de l'année et la deuxième plus importante fête annuelle derrière Vesak. Et les festivités les plus spectaculaires d'avoir lieu à Anuradhapura et Mihintale, chaque début du mois de juin, lors de la pleine lune. Enfin, la fête d'Esala est le résultat de deux fêtes anciennement célébrées séparément, l'Esala et la Dalada. L'Esala, qui remonterait au 3è siècle avant JC, consistait déjà en un rituel destiné à demander la pluie aux dieux afin d'assurer les récoltes, tandis que la fête Dalada, elle, serait apparue lorsque la relique de la Dent sacrée de Bouddha fut rapportée au Sri Lanka au 4è siècle, 800 ans après sa mort.

L'attraction de la région reste l'ensemble monastique de Wewurukannala, très facilement repérable grâce à l'immense bouddha dont je vous ai parlé plus haut, une statue qui fut érigée dans les années 1960. On peut escalader la statue en grimpant par l'intérieur une série d'escaliers recouverts de fresques narratives. Et de vous voir tendre une sébile une fois arrivé au sommet. A vo't bon cœur messieurs dames ! Le monastère comporte quant à lui plusieurs maisons d'images (viharas) dont la principale ci-dessous), bâtie au 19è siècle, qui offre d'admirer plusieurs statues. Juste à côté, la chambre des horreurs (deuxième photo) expose une vaste composition de sculptures effrayantes d'un réalisme macabre. On y voit des sculptures grandeur nature représentant des pêcheurs et les châtiments qui leur sont infligés. Et un long couloir d'être aussi orné de peintures exécutées sur le même thème. De quoi terrifier les mécréants. On peut également visiter un petit musée mal éclairé qui abrite une étonnante horloge en bois (troisième photo) malheureusement plus en état de fonctionnement. Mais aussi son mécanisme de fonctionnement protégé derrière une vitrine. Cette horloge est l'oeuvre de W.Elaris De Silva, un artisan local qui confectionna l'objet en 1926 et la céda deux ans plus tard à un prêtre du temple pour la somme de 3000 roupies. L'horloge marquait encore les heures matin et soir il n'y a pas si longtemps.


 

De retour sur la route côtière, très exactement à 6 kilomètres à l'est de Dickwella, au km 188, Soma emprunte un embranchement sur la droite qui conduit sur le site d'un phénomène sortant de l'ordinaire : le Hoo-amaniya Blowhole de Kudawella, que l'on décrira comme un reflux d'eau projeté vers l'extérieur via une cheminée rocheuse verticale de 23 mètres, à une hauteur de vingt mètres. Le phénomène est particulièrement impressionnant à marée haute, et en juin, durant la mousson du sud-ouest. Par gros temps, les villageois affirment que le geyser peut même atteindre la hauteur de trois cocotiers. C'est dire...mais aujourd'hui, la chance n'est pas de notre côté car les reflux d'eau de mer ne sont pas nombreux et restent peu intenses. L'histoire de Kudawella, petit village de pêcheurs, remonte quant à elle aux années 1800, lorsque des marins de Negombo vinrent jusqu'ici pour lâcher leurs filets (deuxième photo). Devant les pêches miraculeuses réalisées, certains pêcheurs décidèrent de s'installer ici à demeure. Les terres alentours mises aux enchères par le gouvernement sri-lankais au milieu des années 1800 seront acquises par les pères fondateurs du village et réparties équitablement. Une histoire rapporte qu'un certain Nawolis Muthumala, naquit ici en 1928, de descendants direct d'un colon, alors que Kudawella ne comportait que quelques cabanes cajuns sur la plage. Notre homme commença à pêcher à 15 ans, à bord de canoës en bois, du temps où les appâts étaient conservés dans des paniers appelés pehe, attachés sur les flancs de l'embarcation. Puis, les années 1960 verront l'arrivée des filets de pêche et Kudawella de se moderniser, jusqu'à abriter désormais quelques 1500 âmes qui vivent majoritairement de la pêche et du commerce du poisson séché (troisième photo). Au cours des années 1970, Nawolis qui était devenu un pêcheur expérimenté, mit au point une senne tournante, permettant de piéger le poisson en tirant un simple cordage. Son invention sera récompensé par le président de l'époque, Mahinda Rajapaksa.


 

INFOS PRATIQUES :

  • Ensemble monastique de Wewurukannala, à 1,5 km de Dickwella, sur la route en direction de Beliatta. Ouvert tous les jours de 7h00 à 22h00. Entrée : 200 roupies. Prise de photos autorisée. Ce temple est par contre détérioré par endroits (chambre des horreurs et grand bouddha).
  • Hoo-maniya blowhole, à 7 km de Dickwella, en direction de Tangalle, bifurquer à droite, puis suivre les indications, et tourner à gauche du chemin après le village de Nakulugamuwa. Ouvert tous les jours. Entrée : 250 roupies. Intéressante exposition sur la faune marin sri-lankaise.

 



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