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Kurashiki et le quartier historique de Bikan (Préfecture d'Okayama, Chugoku, Japon)
Heure locale

Samedi 24 septembre 2011

 

Me trouvant aujourd'hui à Kurashiki, je vais me rendre dans le quartier historique de Bikan. Située dans la préfecture d'Okayama, cette ville comprend quatre districts: Mizushima ( qui accueille l'industrie lourde de la région), Kojima ( quartier industriel où l'on peut admirer le fameux pont Seto-Ohashi), Tamashima ( avec son temple Entsuji et sa jolie plage de sable fin, Sami Beach), et Kurashiki même connur pour son quartier historique de Bikan et son canal.

Dans ce quartier se trouvent de nombreux entrepôts à riz ( pour la plupart) datant des périodes Edo (1603-1868) et Meiji (1868-1912). Restaurés, ces kura abritent souvent désormais des musées et des galeries d'art. Lorsque j'arrive à la gare JR de Kurashiki, j'emprunte la sortie sud de la gare et me retrouve face à une grande avenue: Chuo dori. J'emprunte cette rue et tourne bientôt ( au cinquième carrefour) sur ma gauche. Me voici dans le quartier de Bikan ( quartier des marchands).

Une des curiosités de Kurashiki qui recèle de nombreux lieux historiques est la maison Ohashi, classée bien important du patrimoine japonais. Cette maison est une ancienne demeure citadine construite avec des murs en argile et des bâtiments annexes. Elle traversa heureusement la deuxième guerre mondiale sans encombre, et sans incendie, ce qui permet de l'admirer telle quelle aujourd'hui. Après avoir retiré vos chaussures, vous êtes immédiatement saisi par l'atmosphère des lieux. Les ancêtres de la famille Ohashi étaient des samouraïs qui servirent Totoyomi , une famille de lords qui domina le pays durant l'ère Sengoku. Battu par Tokugawa en 1615, Totoyomi et sa famille vécurent sous un pont (Gojyo-Ohashi) à Kyoto. Les Ohashi déménagèrent en 1705 à Kurashiki pour y devenir marchands. Ils développèrent la riziculture, l'industrie du sel et créèrent même une banque grâce à laquelle ils firent fortune. La maison Ohashi fut construite en 1796 et possède une porte d'entrée qui fait aussi fonction de terrasse. Pourtant, les citadins n'étaient pas autorisés à posséder une telle porte qui symbolisait en fait la haute position de marchand détenue par les Ohashi.


Je m'engage dans le quartier historique et admire rapidement les maisons impeccablement conservées ( photo ci-dessus), avec des murs en bois peints en noir, ou bien couverts de tuiles séparées par du mortier. Sur ma gauche, au bout d'une dizaine de mètres, je tombe sur une maison communautaire. L'entrée est libre. Je pénètre dans l'enceinte et découvre un joli jardin japonais puis une belle maison. On me reçoit très aimablement et on me fait même visiter cette maison: Au premier étage se trouve une salle de travail mais aussi des chambres japonaises qu'on peut louer pour se reposer (300 yens pour trois heures). Ouvert aux habitants de la ville mais aussi aux touristes, ce lieu de repos propose aussi des expositions tout au long de l'année. Le centre ouvrit ses portes en 1989 dans cette maison du XVIII ème siècle ( photo ci-dessous).


 

Quelques pas de plus et j'aperçois le canal, c'est à dire la rivière Kurashiki. Sous la période Edo,celle-ci servait au passage des bateaux de marchandises. Le canal est aujourd'hui utilisé pour offrir aux visiteurs des promenades romantiques en barque, d'une trentaine de minutes (photos).


 

Le bâtiment qui s'élève devant moi (photo ci-dessous) est peu commun au style nippon. Il s'agit du musée d'art Ohara. Ouvert en 1930, ce musée fut le premier musée d'art occidental qui ouvrit ses portes au Japon. Il présente, outre des peintures occidentales , de l'art moderne japonais, des objets anciens venus d'orient et d'occident. Le musée possède des annexes, dont la Craft gallery que je visite et qui offre des réalisations artistiques crées par des artistes nippons comme Kenkichi Tomimoto (deuxième photo ci-dessous) ou Keizuke Serizawa (troisième photo). C'est l'industrie Ohara Magosaburo qui eut l'idée de créer ce musée en hommage au peintre Kojima Torajiro mort en 1929. Ohara Magosaburo était un grand collectionneur d'oeuvres d'art , admiratif du talent de Kojima Torajiro non seulement pour peindre mais aussi pour choisir des toiles qui vinrent ainsi rejoindre la collection de Mr Magosaburo : La rencontre entre un japonais né sous l'ère Meiji et les plus grandes oeuvres artistiques européennes du moment (Gauguin,Matisse,El Greco,Monet). Tojima sélectionna également des oeuvres chinoises et égyptiennes ( une galerie leur est consacrée). Après la seconde guerre mondiale, Ohara Soichiro ( le fils de Ohara Magosaburo) souhaita que le musée poursuive son développement. Il compléta les collections existantes en équilibrant l'art moderne et l'art contemporain et en incluant dans son choix des réalisations nippones originaires notamment du Mouvement Mingei. Le musée est aujourd'hui réputé dans le monde entier comme étant le reflet de la culture japonaise. Il y a fort à faire pour visiter l'intégralité des lieux. Ceux -ci se composent d'une galerie principale rassemblant les oeuvres de grands peintres européens, d'une annexe qui accueille des peintres japonais, d'une galerie d'art et d'oeuvres asiatiques ( celle que j'ai visitée) qui offre des poteries japonaises ou des oeuvres peintes à l'encre de Chine. Enfin, le Kojima Torajiro Memorial Hall ( lequel se trouve, plus loin, dans le Kurashiki Ivy Square) propose deux galeries: la salle Kojima Torajiro et la salle d'Orient. Avec chacune leurs collections.


Je m'arrête ensuite dans un autre musée: Le musée d'art populaire (Museum of Folk Art)(ci-dessous). Hébergé dans des bâtiments qui servirent autrefois d'entrepôts (kura) à riz construits au XVIII ème siècle, on peut admirer dès l'entrée les toits de tuiles, les murs blanchis à la chaux, certains murs carrelés de noir, et les fenêtres grillagées. Ces bâtiments furent transformés en musée en 1948. Ce musée (Kurashiki Mingeikan) est le second musée d'art populaire au Japon ( le premier se trouvant à Tokyo , le musée Nihon Mingeikan fondé en 1936 par Muneyoshi Yanagi). On pensait au départ que seuls les génies pouvaient créer de belles oeuvres, et puis on s'intéressa aux anonymes (artisans) et à leurs réalisations. Et de sillonner le pays pour constituer une collection d'objets populaires dès les années 20. Kichinosuke Tonomura fut le premier directeur du musée d'art populaire de Kurashiki et collecta à lui seul plus de 10 000 pièces. Sa collection comporte aussi bien des objets de la vie quotidienne que des céramiques, des tissus, des laques, des paniers, des objets en bois, en métal ou des photos.


 

Quelques maisons plus loin, je fais une halte au musée du jouet japonais et de la poupée (ci-dessus). Un émerveillement total me saisit lorsque je me trouve face à ces milliers de jouets qui ont diverti tant de générations d'enfants nippons. Un reportage a été réalisé sur ce musée, je ne m'étendrai donc pas.


Sur le bord du canal, les gens flânent (photo ci-dessus) en profitant du soleil et des températures fort supportables pour cette saison. Je franchis bientôt l'un des ponts de pierre du canal et me retrouve sur l'autre rive. Je marche dans ces rues réputées (dont celle de Honmachi), bordées de ces mêmes maisons remplies d'histoire avec l'idée de me rendre au parc Tsurugatayama. Pour y découvrir le sanctuaire Achi, le plus important sanctuaire de la ville, dédié au dieu protecteur de la cité. De ce sanctuaire, la vue panoramique permet d'admirer le quartier de Bikan et ses vieilles maisons. Soudain, l'appareil photos en bandoulière, je me trouve nez à nez avec un couple de jeunes mariés venus sur les lieux pour une séance photos. Je les félicite pour leur union et leur demande l'autorisation de les photographier. Ils acceptent volontiers puis le photographe leur propose de nous photographier tous les trois (photo ci-dessous) , ce qui explique ma présence. Car je précise bien que je ne suis pas le père de la mariée!


 

 

INFOS PRATIQUES:


  • Comment se rendre à Kurashiki? Par train, depuis la gare d'Okayama, la durée du voyage est de 15 minutes.

  • Promenade en barque sur le canal du quartier de Bikan: De 9h30 à 16h00 ( sauf le lundi) de mars à novembre) et le weekend seulement (de décembre à février) aux mêmes heures. Prix: 300 yens. Départ tous les trente minutes.

  • Site officiel de la ville de Kurashiki: http://www.city.kurashiki.okayama.jp/

  • Kurashiki Monogatarikan (maison communautaire) pour les habitants et pour les touristes. Ouvert tous les jours de la semaine de 9h00 à 19h00. Entrée libre.

  • Office de tourisme de Kurashiki , Hall Kurashikikan ( construit en 1917 dans le style occidental): Ouvert tous les jours de 9h00 à 18h00. Tel: 086 422 0542.

  • Ohara Museum of Art, 1-1-15 Chuo Kurashiki. Tel 086 422 0005. Site internet: http://www.ohara.or.jp/200707/eng/menu.html

     

    Ouvert tous les jours (sauf le lundi et du 28 au 31 décembre) de 9h00 à 17h00.

  • Kurashiki Museum of Folk Art : Ouvert tous les jours ( sauf le lundi), de 9h00 à 17h00 ( de mars à novembre) et de 9h00 à 16h15 (de décembre à février). Droit d'entrée: 700 yens. IL faut se déchausser dans l'entrée ( chaussons offerts) et des casiers sont disponibles pour déposer ses affaires ( 100 yens). Peu ou pas d'informations en anglais.

  • Office de tourisme de Kurashiki: http://www.city.kurashiki.okayama.jp/dd.aspx?menuid=9900

  • Les festivals à Kurashiki:

     

    Festival d'été de Kurashiki-Tenryô, le dernier samedi de juillet, devant la gare JR de Kurashiki et aux lentours

     

    Kurashiki Hina-Meguri: Exposition de poupées traditionnelles un peu partout dans la ville (boutiques, lieux touristiques...), de la fin février au début de mars.

     

    Feux d'artifice du Festival de Tamashima: 3000 fusées sont tirées le premier dimanche d'août, sur le port de Mizushima

     

    Byobu-matsuri: La fête des paravents ( paravents peints et autres trésors familiaux exposés directement dans les maisons des habitants, à la mi-octobre, dans les quartiers de Hon-Machi et Higashi-machi (quartier de Bikan).

     

    Grande fête du sanctuaire Kôhachiman et Shagiri ( l'orchestre de Shagiri, installé sur un char, joue sept morceaux de musique différents durant la procession), le deuxième weekend d'octobre, à Kojima-Kaminocho, Kojima-Shimonoho et Tanokuchi.

     

    Seni Kojima ( fête du textile) à Kojima: expo-vente avec plus de 200 tentes sur le bassin des courses de bateaux à Kojima, deux fois par an, au printemps et en automne.









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