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Pékin, Cité interdite (4) (Chine)
Heure locale


Lundi 21 novembre 2011

 

Il est près de deux heures du matin et je ne dors pas. Mes insomnies m'ont repris depuis maintenant plusieurs semaines et je dois jongler entre mes (courtes) périodes de sommeil dans des décalages horaires chaque fois différents et les périodes de rémission où je trouve l'énergie nécessaire pour ne pas m'avachir dans un fauteuil ou sur le lit de ma chambre d'hôtel. Avant de me mettre au travail, derrière l'écran, rien de tel que de déguster une terrine de pâté Hénaff apportée de France pour pallier aux petits creux éventuels. Je vous l'ai déjà dit, je n'apprécie pas la cuisine chinoise et préfère me replier sur des « classiques ».

En arrivant de notre vol, je me suis mis en route pour une dernière visite de la Cité interdite, du moins pour l'instant. Les Trésors du Palais me tendent les bras ( du moins le crois-je) et se trouvent à proximité du musée de l'horlogerie que nous avons visité ensemble le mois dernier. Il fait froid, mais le temps est beau et sec. J'achète mon ticket d'entrée pour pénétrer dans ce qui est en réalité une suite de différentes salles dans lesquelles se trouvent rassemblées différents objets, utilisés en diverses occasions: Vie courante, cérémonies...


 

Dès le franchissement de la porte d'entrée, j'observe un rassemblement à quelques dizaines de mètres de là. De nombreux touristes photographient ce qui s'avère être le Mur des neuf dragons (ci-dessus). Erigé en 1773 sous le règne de l'Empereur Qian Long, ce mur est fait de céramique polychrome et se dresse comme un écran d'ornement face à la porte Huang Ji Men. Il mesure 29,4 mètres de long et 3,50 mètres de haut.Le mur représente neuf dragons qui se disputent une grande perle dans les nuages et les vagues tourbillonnantes. Au centre se trouve le dragon jaune, symbole de la Chine ancienne, entouré par huit autres dragons bleu, violet,blanc et jaune (la couleur de l'Empereur). Cette construction fut réalisée grâce à 270 carreaux de céramique constituant dans la partie supérieure un fonds de nuages et dans la partie inférieure des vagues d'où se détachent les animaux. Pourquoi neuf dragons? Parce que le chiffre neuf représente le symbole de la perfection dans la mythologie chinoise. La Chine compte deux autres murs similaires qui se trouvent respectivement dans le parc de Beihai (Palais d'Hiver) à Pékin et dans la ville de Datong (dans la province de Shanxi).


 

Les trésors du Palais de la Cité interdite sont des objets qui ont été tous conçus dans les ateliers impériaux. Offerts parfois à l'occasion de fêtes ou cérémonies, ils ont été modelés par les meilleurs artisans du pays et représentent ce qui ce faisait de mieux à l'époque. Les matériaux utilisés sont précieux: or, argent, jade, perles et joaillerie. J'entre dans une galerie qui m'offre de découvrir des objets courants utilisés par la famille impériale pour boire et se nourrir, lors des grands banquets au Palais des Qing, ou encore lors des trois fêtes principales: Le jour du Nouvel An, la fête du Solstice d'hiver et l'anniversaire de l'Empereur. Je remarque ainsi cette théière par exemple (photo ci-dessus) faite d'émail cloisonné et ornée de motifs en peinture laquée. Elle date de la dynastie des Qing et fut réalisée sous le règne de l'Empereur Qianlong. L'or est omniprésent ainsi que le jade dans la création de ces objets. La porcelaine, elle, fut modelée en utilisant l'argile de Jingdezhen. Cette préfecture a été et reste encore de nos jours la capitale mondiale de la porcelaine. Des fours brûlaient déjà depuis la dynastie des Tang, partout dans la campagne, pour cuire les porcelaines. Sous la dynastie des Yuan, apparaissent les premières porcelaines en blanc et bleu. Les fours atteignirent leur perfection sous la dynastie des Ming, offrant aux objets une translucidité et un éclat uniques.

Un peu plus loin, je traverse une autre salle: Hall of Stone drums. On y trouve une exposition de grosses pierres en forme de tambour qui contiennent des poèmes inscrits dans le granit. De telles pierres furent d'abord retrouvées dans la Chine ancienne, 374 ans avant J.C ( lors de la onzième année de règne de l'Empereur Xiangong). Les poèmes retracent des scènes de chasse dans les vastes plaines, ou vantent la beauté du fleuve Qiang et les mérites de la pêche.


 

Ma visite se poursuit dans le jardin Qianlong. Ce jardin du Palais de la Paix et de la Longévité fut construit en 1776 pour l'Empereur Qianlong alors que celui-ci avait abdiqué. Il mesure 160 mètres du nord au sud et 37 mètres d'est en ouest. Il possède quatre cours et plus d'une vingtaines de pavillons, comme celui de Xi Shang Tin (photo ci-dessus). On y trouve également des pins verts et des petits chemins. Construit en 1776, ce pavillon porte aussi le nom du Pavillon des coupes flottantes et fut conçu pour représenter une scène décrite dans le célèbre ouvrage de Wang Xizhi, « Préface aux poèmes du Pavillon des Orchidées ». Un fossé compose ce pavillon sur une longueur de 27 mètres. L'eau de ce fossé provenait d'une cascade sortant des rochers alentours. A l'origine, l'eau était récupérée dans un puits proche puis stockée. Elle s'écoulait dans le fossé avant de retourner au puits. L'empereur se rendait à cet endroit, accompagné de ses fonctionnaires, et se divertissait en composant des poèmes.


 

Juste en face de ce pavillon, j'aperçois la terrasse de la rosée, dont l'accès est malheureusement au public. Des plats en bronze étaient utilisés pour récupérer la rosée matinale. Cette terrasse est construite sur le plus haut rocher du jardin et est faite de pierres exotiques rapportées du Lac Tai situé sur le delta du Yangji Ziang. D'une surface de 2250 km², mais d'une profondeur de deux mètres seulement, c'est le troisième plus grand lac chinois.

Des marches permettent l'accès à ce lieu.

A côté, je découvre le studio de la Gloire ancienne bâti en 1776, avec son plafond décoré de sculptures en bois (photo ci-dessous). Un tableau situé sur la façade du bâtiment porte l'inscription de l'empereur Qianlong.


 

Voici bientôt la Salle de la longévité joyeuse(première photo ci-dessous) qui recèle de nombreux trésors: La Terrasse de jade (deuxième photo) est une sculpture monumentale qui fut réalisée sous le règne de Guangxu (1875 à 1908) et l'un des 56 cadeaux offerts à l'Impératrice Dowager à l'occasion de son soixantième anniversaire, en 1894. Cette sculpture représente des scènes du paradis taoïste, ainsi que la figure mythologique de la Reine mère de l'ouest, les huit immortels et leurs acolytes, des cerfs et des singes blancs avec des pêches, qui offrent leurs vœux de longévité à l'impératrice.

Je tombe aussi sur la sculpture d'une colline avec l'inscription d'un poème de l'empereur Qianlong (troisième photo). Un sceptre en or sculpté de fleurs, des sculptures de jade représentant la montagne de jade vert et les neuf vieillards qui s'y rencontrent l'année de Huichang font partie des objets précieux rencontrés dans cette salle.


 

On peut aussi sur place découvrir du mobilier d'époque. La Cité interdite possède plus de 9000 pièces qu'il fallait bien meubler. Les objets décoratifs étaient faits à l'aide de matériaux précieux comme l'or, l'argent ou le jade.

J'accède enfin à la salle de l'Harmonie, reliée au pavillon du bonheur probable grâce à un passage couvert. Cette salle fut construite pour servir de lieu de retraite à l'empereur Qian long. A l'intérieur se trouve une magnifique statue en or incrustée de pierres précieuses et représentant Sakyamuni (photo ci-dessous) Cette œuvre date de 1748. Puis j'arrive à la chambre mortuaire de la concubine Zhen (deuxième photo). Cette chambre fut érigée en souvenir de Zhen par sa soeur, la concubine Jin. L'hitoire de Zhzn est tragique: Choisie en 1888 par l'empereur Guangxu , tout comme sa sœur ainée, Zhen fut promue concubine en 1894. Elle terminera sa vie en 1900, jetée dans un puits par l'eunuque Cui Yugui sur ordre de l'impératrice Dowager Cixi. Elle recevra un an plus tard le titre posthume de concubine noble.


 

N'oubliez pas de vous rendre dans l'album Asie, section Médiathèque pour regarder les autres photos de cette visite!

 

 

 

INFOS PRATIQUES:

 


  • Cité Interdite , ouverte de 8h30 à 17h00 ( vente de billets de 8h30 à 16h00). Entrée: 60 yuans. Ce billet n'inclut pas les expositions spéciales. Gratuité pour les enfants mesurant moins de 1m20. Petit guide de la Cité ( avec plan) utile pour la visite et en anglais: 5 yuans (vendu à coté de la billetterie). Audioguides disponibles en plusieurs langues ( ils se déclenchent automatiquement lors de votre passage devant les lieux à visiter) disponibles à la porte Meridian. Prix 40 yuans ( + 100 yuans de dépôt de garantie, restitués au retour de l'appareil)

  • Trésors du Palais, accessibles tous les jours de 8h30 à 17h00 (d'avril à octobre) et de 8h30 à 16h30 (de novembre à mars). Entrée: 10 Yuans. http://www.dpm.org.cn/index1024768.html

  • Porcelaine de Jingdezhen: http://www.jingdezhen.gov.cn/eng/index.asp

 











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