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Escale à Hakodate (Hokkaido, Japon)
Heure locale

Lundi 8 avril 2013

Comme toujours, j'enchaine mes déplacements. Parti jeudi dans la nuit de l'aéroport Charles de Gaule à Paris, j'arrivais le vendredi soir à l'aéroport de Narita à Tokyo, prenais une chambre à l'hôtel Toyoko Inn de Shinjuku afin d'être sur place le samedi matin dès la première heure pour réceptionner ma chambre chez Sakura House. Cette fois, je résiderai dans le quartier de Shinagawa, à dix minutes de marche de la gare. L'endroit est calme et résidentiel. Il manque un peu de commerces mais je ferai mes courses avant de rentrer chez moi. Vite fait bien fait, je dépose mes bagages à ma chambre, fais connaissance avec Lauren, ma colocataire américaine, originaire de Denver (Etats-Unis). Je prépare un sac à dos avec quelques affaires et mon matériel photos puis saute dans le shinkansen Hayabusa 15 (en photo ci-dessous) qui me conduira jusqu'à Shin Aomori. Puis, je monterai à bord du train express Super Hakucho (deuxième photo) pour atteindre deux heures plus tard ma destination finale: Hakodate. Hokkaido étant une île, nous nous y rendrons par un tunnel long d'environ 55 kilomètres ( il fallut une dizaine d'années pour construire l'ouvrage), et non plus par ferry comme autrefois. Le Tunnel du Seikan (c'est son nom!) a été creusé sous le détroit de Tsugaru et relie Aomori à l'île de Hokkaido . C'est actuellement le tunnel le plus long du monde et il le restera jusqu'à la mise en service du tunnel du Gothard (57 kilomètres) en Suisse. La décision fut prise de construire un tunnel après le naufrage d'un ferry dans le détroit de Tsugaru en 1954 , qui fit près de 1200 victimes. Le creusement du tunnel débutera en 1971, et il sera mis en service le 13 mars 1988. Le point le plus bas se situe à 240 mètres en-dessous du niveau de la mer ( c'est le tunnel le plus profond du monde) et à 100 mètres sous le niveau marin. Le bandeau d'information de notre wagon annonce l'endroit où nous nous trouvons à l'intérieur du tunnel. Et puis, nous nous arrêtons quelques instants pour laisser passer un autre train venant en sens inverse. Se rendre en train à Hokkaido est toujours long et laborieux. Aux alentours de la gare de Kikonai, j'aperçois un énorme chantier qui ressemble à une route en béton. Serait-ce une autoroute? C'est peu probable car elle n'est pas très large. »Il s'agit de la nouvelle ligne shinkansen, qui va ouvrir en 2015 » me répond mon voisin japonais. Les travaux sont déjà bien avancés et il est à parier que JR (Japan Railways) respectera l'échéance pour le plus grand plaisir des voyageurs qui, comme moi, se rendent à Hokkaido de temps à autre.


 

La gare d'Hakodate est une gare terminus. Il ne me faut que quelques minutes pour me rendre à l'office du tourisme (situé à gauche, avant de franchir la sortie de la gare) et me munir des informations nécessaires à ma visite. La météo a annoncé un temps exécrable sur la région pour ce premier weekend d'avril et je suis inquiet pour la prise de photos. En effet, le matériel photographique s'accommode mal de l'humidité. Mon hôtel, Smile Hôtel, est situé juste en face de la gare, de l'autre côté de la place et seulement à quelques centaine de mètres de là. A cinq minutes de marche, un restaurant « familial » (famiri resutoran, en japonais) offre une cuisine occidentale et me permettra de me restaurer aisément durant mon séjour. Au Japon, tout est pratique et conçu pour être efficace: Les commerces et restaurants sont souvent concentrés autour des gares et ce concept est maintenant adopté de plus en plus souvent en France avec...vingt ans de retard! A titre de précaution, je me rends dans un « combini » voisin (ce genre de boutique où l'on trouve plein de choses) pour me procurer un vêtement de pluie avec capuche au cas où il pleuvrait des cordes. Ce vêtement ne me coutera que quelques centaines de yens. Ma première nuit à Hakodate sera courte et erratique. Le lendemain matin, un petit coup d'œil par la fenêtre de ma chambre me rassure car le temps semble moins dégradé que ce qui avait été annoncé à l'origine. La providence me préservera finalement de cette pluie tant redoutée pendant les quatre heures de ma promenade, et je pourrai prendre toutes les photos prévues. Je choisis, une fois de plus, de découvrir cette nouvelle destination à pied. La marche est saine mais permet surtout de déambuler plus facilement qu'en transport. Hakodate est extrêmement riche en bâtiments historiques et je devrais faire une sélection préalable. En passant sur le port, je remarque de vieux entrepôts construits de briques. Certains d'entre eux sont désormais des bars, des boutiques de souvenirs ou des restaurants. Localisés dans la zone de la baie, ces entrepôts (ci-dessous) furent bâtis en 1909 pour accueillir les marchandises d'alors. Il ne faut pas oublier qu'Hakodate fut inauguré en 1859 comme l'un des premiers ports destinés au commerce internationale dans le pays. De nos jours, les sept entrepôts constituent une attraction touristique majeure de la ville. Je fais ensuite une halte au musée municipal des peuples du nord ( qui fait l'objet d'un autre reportage) puis passe devant l'ancien consulat britannique, avant de me rendre à l'ancien Hôtel de ville d'Hakodate dont nous reparlerons ultérieurement. Non loin de là, se trouve l'ancien consulat de Russie (deuxième photo ci-dessous): Un premier consulat fut ouvert par la Russie dès 1860, mais ce bâtiment lui, fut occupé de 1908 à 1944 et ne peut plus être visité.


 

Tout près du grand cimetière nippon, je passe devant plusieurs temples: Le temple Jitsugyo-ji (première photo ci-dessous) puis le temple Somyo-ji (deuxième photo) avant d'atteindre celui de Koryu-ji (troisième photo) qui est le plus ancien temple d'Hakodate. L'édifice principal date de 1900 et les structures de lions et de dragons qui figurent sur son portail sont exceptionnelles. L'endroit est un parfait exemple de sculpture japonaise. Le temple Hgashihonganji de la ville (quatrième photo), lui, fut construit en 1915. C'est le plus ancien temple japonais bâti en béton renforcé. Désormais reconnu comme bien culturel, la bâtisse imposante (rien que par son toit gigantesque recouvert d'ardoises noires luisantes!) reste impressionnante. Quant au temple Jitsugyo-ji ( le premier de notre liste), c'est un temple bouddhiste de la secte Nichiren situé au pied du Mont Hakodate. Il servit jadis de lieu de convalescence pour les marins malades d'une flotte française avant de devenir un consulat russe durant le milieu du XIX ème siècle.


 

Un plan sommaire m'aide dans mes déplacements et la bonne volonté des habitants, les grands panneaux indicateurs et mes quelques notions de japonais me permettront de m'en sortir sans problème. La faim commence à se faire sentir et je m'arrête dans une échoppe vantant ses bouchées de pommes de terre au fromage servies chaudes. L'endroit se situe à une encablure de l'ancien Hôtel de ville d'Hakodate (j'y consacrerai un reportage), The Old Public Hall of Hakodate Ward. Je profite de cette courte halte pour échanger quelques mots avec la tenancière et un autre client, tous deux japonais. Puis je poursuis bientôt ma ballade en direction des églises situées non loin de là. Plusieurs d'entre elles attirent mon attention: L'église orthodoxe de la ville (première photo ci-dessous) qui fut fondée en 1859 par le consulat russe. La bâtisse actuelle fut érigée en 1916 est est connue pour son style occidental dont elle reste un exemple représentatif dans la ville. Sa voisine, l'église épiscopale japonaise d'Hakodate (deuxième photo) est une église anglicane qui fut fondée par un prêtre anglais alors en visite dans la cité, en 1874. La construction existante fut achevée en 1979 et présente un toit en forme de croix. Juste à côté se trouve l'église catholique romaine Motomachi (troisième photo). Fondée en 1877, la construction existante fut toutefois restaurée en 1924. Le magnifique autel qui se trouve dans la cathédrale provient du Pape. ll n'y a pas foule dans les rues en ce dimanche pluvieux et venteux. Je joue cette fois de malchance car Hakodate est habituellement une station balnéaire réputée pour la douceur de son climat et son ensoleillement, qui attire chaque année de nombreux touristes japonais et étrangers. En ce début du mois d'avril, je suis aussi arrivé trop tôt pour profiter des cerisiers en fleurs (qui fleurissent en mai ici). Avril est pourtant le mois de toutes les promesses au Japon: Ce mois marque en effet le début d'une nouvelle année scolaire mais aussi d'une nouvelle année fiscale. Les élèves découvrent le collège (nyuugaku) tandis que les employés sont promus à de nouveaux postes. Je découvre même cette année un article rédigé en anglais dans la revue de bord « The JR Hokkaido ». Comme quoi tout arrive!


 

Hakodate est aussi un lieu de repos pour les étrangers qui abordèrent autrefois ses côtes: Situé dans le district de Motomachi, le cimetière étranger réservé aux citoyens russes (ci-dessous) se situe près du Mont Hakodate, au-dessus d'une plage. Un autre cimetière, protestant celui-là, accueille les dépouilles de deux marins de la flotte du Commodore Matthew Perry. Toutes les tombes font face à la mer.


 

Amateurs de photographie, sachez qu'Hakodate fut non seulement l'une des premières villes nippones à ouvrir son port aux étrangers mais qu'elle fut aussi très vite en contact étroit avec les cultures occidentales. Et découvrit ainsi la photographie au point de devenir plus tard l'un des principaux centres de développement de la photo au Japon (avec Nagasaki et Yokohama). Le photographe Eliphalet Brown Jr accompagna jadis l'expédition du Commodore Perry au Japon (en 1854) et en rapporta des photos de paysages et aussi celle des trois samouraïs du clan Matsumae. A ce titre, il fut le précurseur de la photographie au Japon. L'exposition, située au premier étage (ci-dessous) permet d'admirer de nombreux équipements photographiques d'époques différentes, à l'heure où la miniaturisation était encore inconnue.

 

 

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