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Exposition "Terres de Riz" (Musée national des Arts asiatiques - Guimet, Paris, France)
12 images disponibles
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Lundi 13 août 2018

 

Le musée national des Arts asiatiques Guimet vous invite à découvrir son exposition « Terres de riz » jusqu'au 8 octobre prochain. Une riche collection photographique sur le thème du riz et des plantations est pour l'occasion dévoilée au public et aborde tout particulièrement la culture du riz aux 19è et 20è siècles, en Chine et au Japon. Le monde de la photographie a exprimé tellement de sujets autour de ce thème, en passant par la culture, la consommation et la transformation du riz qu'il apparaît que cette céréale est au cœur d'une multitude d'activités humaines et qu'elle a façonné l'identité des populations asiatiques au cours des siècles. Quelques objets viennent compléter les photographies comme des porcelaines et un manteau de pluie, récentes acquisitions du musée qui aident à appréhender cette céréale vieille de dix siècles, aliment de base de la cuisine asiatique le plus consommé dans le monde et symbole de prospérité.

 

Le riz est en effet la première céréale mondiale pour l'alimentation de l'homme, qui représente à lui seul 20% des besoins mondiaux en énergie alimentaire, et la deuxième derrière le maïs pour le tonnage récolté.

L'homme commença à le cultiver il y a environ 10000 ans, lors de la révolution néolithique, sur des terrains secs à faible rendement, arrosés par la pluie et sans irrigation.. D'abord en Chine, puis dans le reste du monde. On atteste ainsi la collecte du riz sauvage en Chine dès 13000 ans avant J.C puis la céréale disparaît bizarrement de la circulation, sans doute à cause de la sécheresse, avant de refaire surface sous la forme de riz cultivé vers 9000 ans avant J.C, et après avoir subi des hybridations diverses. Ce n'est qu'il y a environ 5000 ans que le riz domestiqua a cessé de varier et de s'hybrider pour devenir la seule forme de riz cultivée en Chine.

Il existe différentes manières de cultiver la céréale : la riziculture pluviale, sans inondation du champ, reste une culture non aquatique se distinguant des cultures aquatiques, riziculture inondée où le niveau d'eau n'est pas contrôlé. La culture aquatique du riz en altitude ou en plaine apparaît ensuite sous l'empire des Han, avant de se développer sur tout le continent asiatique. Ce champ cultivé en riz est alors surnommé rizière. Et l'exposition actuelle de mettre non seulement en valeur la culture du rie elle-même mais aussi des scènes de la vie quotidienne et la beauté des paysages qui deviennent source d’inspiration sous l'oeil du photographe.

 

Paysages et rizières se retrouvent donc au cœur de cet événement avec environ 91 épreuves toutes restaurées et encadrées lorsque nécessaire. Céréale précieuse qui lie l'homme à la nature et ne pouvait manquer de capturer le regard de ces photographes, souvent témoins anonymes de l'exploitation céréalière tout particulièrement en Chine et au Japon. Au-delà de la beauté insoupçonnée des paysages, on découvre un univers singulier avec ses machines à piler ou à décortiquer, le battage du riz et autres scènes de l'exploitation céréalière, autant d'images qui présentent un intérêt certain pour les voyageurs de passage.

Plus de 2000 variétés de riz sont à ce jour cultivées sur la planète, mais, paradoxalement dans peu de pays. 90% de la production de cette céréale sont ainsi générés par l'Asie des moussons. Et les productions chinoises et indiennes de dépasser à elles seules la moitié de la production mondiale. Ceci s'explique notamment par les exigences du riz en matière climatique : la plante requiert en effet chaleur, humidité et lumière, des caractéristiques que l'on retrouve dans les régions tropicales et subtropicales où la céréale peut être cultivée toute l'année.

 

L'autre difficulté consiste en la récolte du riz. Celle-ci ne peut pas être automatisée partout et demande par conséquent une main d'oeuvre importante. La riziculture irriguée exige des surfaces planes, des canaux d'irrigation et des levées de terre tandis qu'en zone montagneuse, le riz est parfois cultivé en terrasses. De plus, les plantules de riz aquatique sont d'abord obtenues sous pépinière avant d'être repiquées sous une lame d'eau et dans un sol préalablement labouré. L'entretien du terrain a aussi ses exigences, comme le sarclage et le désherbage. Suivra la récolte à la faucille avec, forcément, des rendements plus faibles.

La riziculture inondable, elle, se pratique dans des zones inondables naturellement. Deux types de culture sont alors pratiquées, l'une à faible profondeur comparable à la culture irriguée, et l'autre à forte profondeur (entre 4 à 5 mètres lors des crues) avec des variétés particulières de riz flottant.

 

C'est surtout en Chine que se développera la culture du riz en tant que telle. D'abord dans le Hunan aux environs du début du 9è millénaire avant notre ère, puis, presque simultanément dans les collines du Sud-Est asiatique, de la Birmanie au Vietnam, à partir de variétés de riz sauvages. La culture dite « irriguée » suivra dans le cadre centralisateur de l'empire des Han avant de s'étendre à toute l'Asie. On peut encore, ici et là, remarquer quelques rares modèles funéraires en terre cuite représentant des parcelles de riz inondées. Et de passer d'une à deux récoltes annuelles aléatoires à quatre aujourd'hui. Cette amélioration des rendements entrainera bien sûr une croissance de la population qui permettra à la Chine de passer pour la première fois le seuil des 50 millions d'habitants sous les Han, puis celui des 100 millions sous les Song aux 12è et 13è siècles. Principalement présente en plaine, en fond de vallée ou dans les deltas, la culture du riz apporte la réminiscence d'atmosphères durassiennes des plaines de boue et de riz synonymes de riziculture inondée. En montagne, on reste en admiration devant les cultures en terrasses façonnées de la main de l'homme et constituant autant de miroirs reflétant les ciels d'Asie.

L'exposition et ses photographies évoquent tout à la fois la riziculture, les travaux des champs et leur symbolique. Le Gengzhitu est ainsi évoqué en tant que fameux traité d'agriculture et de sériciculture qui fut rédigé par Lou Shou sous le règne des Song du Sud. Rappelons que dans la Chine ancienne, l'empereur était l’héritier du « laboureur divin » et se devait d'ouvrir chaque année le premier sillon lors de la fête de l'agriculture. Il était alors suivi par des fonctionnaires semant le riz, imités en cela par les princes et hauts fonctionnaires, histoire de marquer l'extension du rituel de bon augure à tout l'Empire.

 

Le catalogue de l'exposition complète utilement la visite, avec ses quarante photographies exceptionnelles tirées des collections du musée national des arts asiatiques -Guimet. En contrepoint, les illustrations et les poèmes du Gengzhitu décrivent les principales étapes de la culture du riz et de la fabrication de la soie tout en offrant une image idéalisée du monde rural avec ses valeurs ancestrales d'harmonie, de paix et de prospérité.

 

INFOS PRATIQUES :

  • Exposition « Terres de riz », au Musée des arts asiatiques - Guimet, 6, Place d'Iéna, à Paris (16è), jusqu'au 8 octobre 2018. Tél : 01 56 52 54 33. Ouvert tous les jours (sauf le mardi) de 10h00 à 18h00. L'introduction de bagages (valises, y compris bagages cabine, et sacs de grande contenance) et casques de moto est interdite dans l'enceinte du musée. Billet combiné : 11,50€ (collections permanentes et temporaires). Site internet : http://www.guimet.fr/event/terre-de-riz/
  • Le catalogue « Terres de riz » (64 pages et 40 illustrations) est en vente sur place au prix de 10€.

  • Un grand merci au service Presse pour son aide.

 

 











 



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