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Du côté du Fango (Haute-Corse, France)
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Heure locale

 

Jeudi 27 septembre 2018

 

Le vent fort qui soufflait sur Calvi hier lors de notre arrivée s'est calmé. Et a laissé place à un temps toujours ensoleillé, prompt à la visite des environs de la perle de la Balagne. Nous prenons ainsi la route de la chapelle Notre-Dame de la Serra (en photo ci-dessous) , un des joyaux du patrimoine calvais et un lieu incontournable pour les touristes que nous sommes. Cette chapelle est juchée sur un piton rocheux dominant Calvi et sa baie (deuxième photo). Thérèse et moi avons cette fois de la chance car nous visitons cet endroit une fois sa restauration achevée. Edifiée au 15è siècle et inscrite au patrimoine religieux des Calvais, la petite chapelle a cette année bénéficié d'un toilettage complet pour célébrer Notre Dame de la Serra au début du mois de septembre. Antoine Buttafoghi, passionné de l'endroit, est là chaque matin en semaine pour accueillir les nombreux visiteurs et leur conter l'histoire de ce lieu de culte : 1479, fondation de la chapelle, et placement de Calvi et des ses habitants sous la protection de la Vierge Marie depuis plus de quatre siècles. Et Calvi est toujours là, la statue de la Vierge aussi. Seulement voilà, les affres du temps ayant agi sur l'édifice, des travaux de rénovation s'imposaient pour réparer les dégâts causés par l'humidité et les tempêtes successives. Ces murs intérieurs qui datent de 1850 offrent des décors remontant à la deuxième moitié du 19è siècle (troisième photo). De même, la réparation d'une des mains de la statue de la Sainte Vierge précédemment vandalisée, a été effectuée.


 

A notre retour, la petite route sinueuse qui permet d'accéder à la chapelle nous offre une vue imprenable sur la pointe de la Revellata (ci-dessous). Cette presqu'ile qui se trouve à la sortie sud de Calvi, sur la route de Porto, invite à une randonnée de 2h30 au départ de la presqu'ile et jusqu'au phare (deuxième photo). Ce site naturel est inscrit Natura 2000 et est protégé pour sa biodiversité. Les plus observateurs y rencontreront des espèces végétales comme l'Armeria de Soleirol, plante herbacée endémique, la Ficoide doux ou Griffe de sorcière, le tamaris d'Afrique et le tartonaire. On y rencontre également reptiles, mammifères (excepté le sanglier), oiseaux et batraciens. Quatre kilomètres de piste conduisent au phare de la Revellata, aussi surnommé Phare du golfe de Calvi. Là se dresse le bâtiment de la Stareso, une base scientifique de renommée internationale fondée en 1971 par l'Université de Liège (Belgique) et axée sur l'étude du milieu marin. Quant au phare à éclat, il fut bâti dès 1838 et fut mis en service six ans plus tard, à 99,50 mètres au-dessus de la mer. Son feu (à deux éclats blancs toutes les 10 secondes) est visible à 21 miles et le phare est l'un des cinq phares qui ceinturent la Corse et furent construits à l'initiative d'Augustin Fresnel. Sa tour carrée est désormais automatisée et contrôlée depuis Bastia, tant pour le fonctionnement du feu que pour celui du radiophare audible à plus de cent miles.

Les amoureux des belles plages de sable fin craqueront pour celles de l'Acelluccia et de l'Alga (des navettes régulières y conduisent depuis le parking de l'entrée de la pointe pour la modique somme de 5€ l'aller retour).


 

Trente kilomètres plus bas, la petite station balnéaire de Galéria nous ouvre les portes d'un golfe sauvage entre Calvi et Porto, avec le delta et la vallée de Fango. Le Fango (deuxième photo ci-dessous) est ce petit fleuve côtier qui coule en Haute-Corse sur une longueur de près de 23 kilomètres. Le cours d'eau prend naissance sur le versant occidental du Capu Tafunatu, à environ 2000 mètres d'altitude et termine sa course dans le golfe de Galéria. Avant d'atteindre le petit village et en venant de Calvi, nous nous garons sur un parking en contrebas dans un virage, puis marchons jusqu'à une colline qui abrite l'ancienne tour de Calcinaghja (« Tour brûlée »), en photo ci-dessous, et le magasin à munitions qui furent tous deux érigés entre 1551 et 1573. L'ensemble militaire, qui faisait partie des sept tours génoises de la juridiction de Calvi, fut détruit en 1792 lors de l'explosion de munitions survenue durant une révolte des Niulinchi (Niolins), les montagnards voisins, alors mécontents de la spoliation de leurs terres par une société étrangère. C'est que çà ne rigole pas tous les jours dans le quartier. Même si des travaux de restauration ont été entrepris en 1977, la tour n'a jamais été reconstruite dans sa totalité. La Corse possède en effet pas moins de 82 tours génoises figurant sur les cartes IGN actuelles (y compris celles désormais ruinées comme la tour de Calcinaghja). Ces tours étaient généralement construites sur le même modèle, avec une salle basse voutée qui servait de magasin, un étage supérieur qui servait de lieu de vie à une garnison et une plateforme entourée de créneaux voire de mâchicoulis. Il n'y avait aucun moyen de communication entre la salle basse (magasin) et l'extérieur puisqu'on entrait dans la tour par le premier étage, en montant un escalier oblique, souvent une échelle. Une demi-douzaine d'hommes pouvait tenir à l'intérieur en affrontant plusieurs centaines d'assaillants.


 

Depuis le haut de la colline où nous nous trouvons, nous profitons d'une vue imprenable sur la plage de Ricciniccia, au premier plan, et la réserve de Scandola en arrière-plan (ci-dessous). Cette réserve naturelle d'une superficie de 750 hectares marins et de 919 hectares terrestres n'est accessible qu'en bateau ou en randonnée pédestre. L'ensemble se compose de roches granitiques rouges qui forment des îlots au-dessus de la mer. La plus imposante de ces roches , Gargale, est couronnée d'une tour et d'un phare. L'endroit sert d'abri à plusieurs espèces animales comme, par exemple, le balbuzard pêcheur. Quant aux fonds marins, ils figurent sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1976. La gestion de ce domaine est assurée par le Parc Naturel Régional de Corse que nous traverserons en passant par la D81 (deuxième photo).


 

Nous reprenons bientôt la route pour nous rendre à Ponte-Vecchio, l'un des nombreux villages qui jalonnent la vallée du Fango. Le bassin versant couvre à lui seul une superficie de 235 km2 et le petit fleuve traverse deux communes principales, Manso et Galéria, en laissant au passage plusieurs affluents, de très petits cours d'eau parfois pérennes, parfois intermittents. Le Fango peut faire l'objet de crues aussi soudaines que violentes et la plus grande prudence est donc demandée aux randonneurs, mais le cours d'eau offre également des eaux extrêmement claires qui sont dues à la très faible minéralisation des eaux à cet endroit. Le relief est en effet constitué principalement de roches volcaniques avec des reliefs accentués et d'importants affleurements rocheux. Les eaux de pluie ont donc un temps de passage très faible dans le sous-sol et ne se chargent que de très peu d 'éléments en solution, tout en puisant les trois-quarts de ses éléments dans l'atmosphère. Les eaux du Fango sont donc extrêmement sensibles à la pollution (qu'elle soit atmosphérique ou d'origine humaine). Il est ainsi déconseillé de faire ses besoins dans l'eau ou même à proximité de la rivière pour ne pas risquer d'altérer la qualité de l'eau. A cet effet, des sanitaires sont mis à la disposition des visiteurs.

Les 22 kilomètres du petit fleuve sont ainsi jalonnés de piscines et de toboggans naturels creusés dans les roches polychromes. Et cette réserve naturelle de présenter une impressionnante richesse biologique : on peut y apercevoir le mouflon de Corse ou l'aigle royal, mais aussi des poissons comme la truite endémique corse ou la blennie fluviatile.

Plusieurs ponts enjambent le Fango dont le Ponte-Vecchio (en photo ci-dessous), un très joli pont génois qui a été récemment restauré. Les férus de baignade et de canyoning se rendront jusqu'au petit village de Tuvarelli, quatre kilomètres plus haut. Quant aux randonneurs, ils s'aventureront dans la forêt de Piriu, peuplée d'eucalyptus, de pins et de chênes verts parmi les plus vieux du monde.

 

INFOS PRATIQUES :

  • Parc naturel régional de Corse : http://www.pnr.corsica/
  • A Galéria, nous faisons une halte sur la route du bord de mer, pour prendre notre petit déjeuner chez l'artisan boulanger César Canava. L'accueil y est fantastique et les prix très abordables (règlement par CB dès 6€).

 






 



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