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Exposition "Toutânkhamon, le Trésor du Pharaon" (Grande Halle de la Villette, Paris, France)
33 images disponibles
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Mercredi 17 avril 2019

 

La Grande Halle de La Villette vous convie à un rendez-vous exceptionnel pour découvrir les trésors inestimables de Toutankhamon, de retour à Paris pour la première fois depuis plus de 50 ans. Rappelez-vous l'exposition de 1967 qui avait rassemblé à Paris plus de 1,2 millions de visiteurs. Cette fois, l'exposition « Toutankhamon, le trésor du pharaon » est une occasion unique (et peut-être la dernière) de découvrir 150 chefs-d'œuvre liés au destin du célèbre pharaon. Gageons que cet événement soit à nouveau un succès.

La découverte du tombeau intact de Toutankhamon eut lieu le 4 novembre 1922. On parla à l'époque de la plus importante découverte du XXe siècle. Et les formidables trésors retrouvés à l'intérieur du tombeau de fasciner le monde entier. Howard Carter mènera six campagnes de fouilles à la recherche de la tombe du célèbre pharaon qui se trouvait dans la vallée des rois. Peu importe que le pharaon ne resta que 10 ans sur le trône, sa tombe,elle, renfermait plus de 5000 objets représentant tout ce dont le défunt roi pourrait avoir besoin pour son repos éternel.Par manque de place, le musée égyptien du Caire ne pourra en exposer que moins de deux mille,d'où la nécessité de transférer les collections au grand musée égyptien dès l'année prochaine, histoire d'offrir au trésor des jeunes pharaons un lieu d'exposition digne de l'enjeu.

 

Cette exposition est exceptionnelle dans la mesure où depuis la découverte du trésor, l'Égypte n'a autorisé que quelques objets à voyager pour être présentés à l'étranger. « Toutankhamon, le trésor du pharaon » est ainsi la plus importante collection d'objets à faire ce voyage, avec 150 objets exceptionnels issus du précieux trésor, et dont soixante d'entre eux n'ont encore jamais été montrés. L'exposition a été conçue de telle manière à ce que le visiteur accompagne le pharaon dans son voyage vers l'au-delà. On n'y trouvera à la fois les découvertes récentes sur la vie et la mort de Toutankhamon, sur sa famille et sur son trésor. Et ce rendez-vous d'être unique dans la mesure où il est suivi d'une tournée mondiale à l'issue de laquelle les 150 objets présentés intégreront définitivement le nouveau grand musée égyptien près de la pyramide de Khéops, à Gizeh.

En guise de préambule, rappelons la chronologie des événements: c'est à l'âge de 17 ans qu'Howard Carter débarque en Égypte en 1891, pour colorer à l'encre des décalques de scène de tombeaux. Notre homme effectuera un an plus tard des fouilles archéologiques à Armana, avant de se faire embaucher comme photographe, puis en tant que graphiste auprès de l'Egypt Exploration Fund. En 1899, Howard Carter est nommé au poste d'inspecteur général des monuments de la Haute Égypte. Ses revenus sont principalement constitués grâce à la vente et aux commandes des tableaux qu'ils réalise en peignant à l'aquarelle paysages, scènes de tombeaux, flore et faune d'Egypte. C'est alors que lord Carnarvon entre en scène en 1903. Celui-ci se passionnera aussitôt pour les fouilles archéologiques et fera appel à Howard Carter pour l'assister. En 1915, les deux hommes obtiennent un permis de fouille dans la vallée des rois. Les travaux, suspendus durant la première guerre mondiale seront repris en 1922 et permettront de découvrir enfin un splendide tombeau scellé et encore intact. Une équipe de spécialistes est alors mise sur pied pour étudier de près cette superbe découverte mais, un an plus tard, Lord Carnarvon décède suite à une piqûre de moustique infectée sur sa joue. Il n'en faut pas plus pour que le créateur de Sherlock Holmes évoque une soit disant malédiction de la momie, laquelle aurait causé la maladie mortelle de lord Carnarvon. Et la presse britannique de se précipiter aussitôt sur ces faits aléatoires alors que quelques jours plus tard le beau-frère de Lord Carnarvon mourrait à son tour. La stupéfaction fut grande lorsqu'en 1925, La momie fût débarrassée de ses bandelettes et permit de constater sur sa joue une lésion identique à celle de Lord Carnarvon. Bientôt, les méthodes d'Howard Carter seront remises en question et le tombeau sera refermé momentanément avant la reprise et l'achèvement des fouilles archéologiques. Howard Carter procède alors à l'enlèvement des enveloppements de la momie de Toutankhamon tout en supervisant la sortie, l'enregistrement et le conditionnement des 5398 objets du tombeau. L'homme aura tout juste le temps de publier trois courts ouvrage sur le célèbre tombeau avant de succomber au cancer en 1939. Alors que les années1960, 1970 et 2000 verront des millions de personnes visiter les expositions d'objets provenant du tombeau, les progrès scientifiques permettront bientôt de révéler en 1978 la bonne santé du roi et sa ressemblance avec sa famille, grâce à une étude radiographique effectuée sur des momies royales. En 2005, la tomodensitométrie écartera une fois pour toutes l'hypothèse de l'assassinat du pharaon. Quatre ans plus tard, des tests ADN révèleront des signes évidents de malaria, suggérant que Toutankhamon, affaibli par la maladie, était mort à la suite de l'infection d'une blessure à la jambe causée de manière accidentelle.

 

Toutankhamon demeure l'un des derniers rois de la 18è dynastie d'Egypte, même si son apport à l'Empire égyptien et son règne restent brefs. On sait qu'il est le fils d'Akhénaton, pharaon considéré comme hérétique qui introduira une forme extrême de la religion solaire en imposant le culte d'Aton, en interdisant les autres dieux et en faisant fermer leurs temples. Né vers 1340 avant JC dans la ville égyptienne d'Akhetaton (actuelle Tell-el-Amarna), Toutankhamon aurait eu pour mère l'une des sœurs d'Akhénaton. L'enfant deviendra pharaon à l'âge de huit ou neuf ans. Quelques années avant, le roi et sa cour avaient déménagé de Tell-el-Amarna à Memphis, avant que le roi ne décide de changer de nom (de Toutânkaton à...Toutankhamon ou « image vivante du dieu Amon ») afin de reconnaître ainsi l'ascendant d'Amon.

Notre homme se serait marié vers l'âge de 12 ans avec sa sœur Ankhésenamon, troisième fille issue de l'union d'Akhénaton et de son épouse Néfertiti, et unique enfant du couple royal encore en vie avec son frère Toutankhamon. Le règne de Toutankhamon sera surtout marqué par l'instauration d'un vaste programme de travaux de restauration des anciens temples, tandis que plusieurs hypothèses seront formulées bien plus tard autour de sa mort. On crut longtemps que Toutankhamon était mort des suites d'un accident dans la neuvième ou dixième année de son règne, c'est à dire en 1326 avant JC, bien qu'il souffrit également de la malaria. Une radiographie de 1968 décela en effet des blessures au crâne qui auraient pu provenir d'une chute, d'un coup à la tête ou advenir pendant la momification. D'autres images médicales, plus récentes, suggérèrent que le pharaon serait décédé d'une blessure à la jambe gauche, suite à une fracture. L'exposition aborde d'ailleurs ces différentes hypothèses en présentant les conclusions des recherches actuelles sur la vie et la disparition de Toutankhamon. Ce dernier sera enterré dans la Vallée des Rois, où il demeurera durant près de 3300 ans, jusqu'à ce qu'Howard Carter ne découvre son tombeau en novembre 1922. A ce jour, sa dépouille repose encore dans son tombeau même si l'impressionnante collection de trésors, elle, fut déplacée.

Malgré la découverte du tombeau et des trésors, les historiens ont bien du mal à retracer l'histoire du règne du jeune pharaon. Mis à part l'évocation d'évènements anecdotiques comme cette chasse à l'autruche à laquelle Toutankhamon participera dans la région d'Héliopolis et d'où il rapportera des plumes utilisées pour un éventail retrouvé dans sa tombe, l'histoire retiendra surtout son goût pour la restauration des cultes polythéistes mis à mal durant le règne de son père Akhénaton, redonnant ainsi une place prééminente au dieu Amon et à son grand temple à Karnak. Et le religion thébaine de recevoir aussi l'attention du jeune souverain. On note enfin l'érection de stèles et de statues à Karnak et au temple de Louksor à cette même époque.

 

Quid de la malédiction Toutankhamon ? Les années qui suivirent la découverte de la tombe virent l'apparition de décès pour le moins étranges à la fin du 19è siècle, pouvant faire penser à une malédiction des momies. C'est la disparition soudaine de Lord Carnarvon en 1923 qui sera sans doute à l'origine de cette supposition, en se référant aux poisons laissés par les anciens Egyptiens dans leurs tombeaux, puis aux champignons et micro-organismes toxiques qui auraient touché toutes les personnes ayant eu l'audace de pénétrer à l'intérieur de l'hypogée royal. Pourtant, Howard Carter lui aussi entra dans l'enceinte mais il ne mourut qu'en ...1939, à l'âge de 64 ans. On raconte aussi que les deux trompettes découvertes dans le tombeau posséderaient des propriétés magiques, dont celui d'invoquer la guerre. Ainsi, le soir où elles auraient été jouées pour la première fois en 1939, une coupure de courant plongea le Musée égyptien du Caire dans l'obscurité et l'enregistrement se poursuivit à la lueur des bougies. Et quelques mois plus tard, l'Europe entrait en guerre. On aurait à nouveau joué des trompettes avant la Guerre des Six Jours en 1967, avant la Guerre du Golfe de 1990 et avant la Révolution égyptienne de 2011. Il n'en faut pas davantage pour attribuer à Toutankhamon un supposé pouvoir de malédiction.

 

La visite de l'exposition débute avec la diffusion d'une vidéo projetée sur un écran à 180°. L'action se situe alors dans la Vallée des Rois et la caméra balaye le paysage montagneux et désertique avec ses sites archéologiques en pleine activité. Le narrateur présente brièvement Howard Carter, l'égyptologue britannique. Puis un tourbillon d'images remonte rapidement les années, les siècles puis les millénaires, pour s'arrêter sur l'année 1323 avant JC. On découvre alors des palais des pharaons et des temples de Louksor avec le dieu Râ qui entreprend son voyage quotidien dans le ciel. A l'issue de cette vidéo, les portes de l'exposition s'ouvrent véritablement en attirant le visiteur vers les premières vitrines d'objets dotées d'un éclairage tamisé.

Textes et animations sont projetés au-dessus de la porte d'entrée pour expliquer comment les objets ont été rassemblés par les prêtres pour assister le Ba du pharaon lors de son voyage à travers l'au-delà et vers l'éternité. Et des agrandissements du superbe travail de détail des objets en question d'apporter encore une précision supplémentaire dans la description. Une première partie aborde les armes adéquates servant au défunt à repousser le danger se présentant sur son chemin. Même décédé, le roi est un guerrier armé de tout l’attirail nécessaire à sa protection. Des armes ainsi qu’une armure présente dans le tombeau de Toutankhamon sont présentées ici : un bouclier de cérémonie, des arcs et des flèches dorés, des boomerangs, des cimeterres et des poignards décorés.

 

Une seconde partie aborde les dieux et évoque la façon dont le roi dépend étroitement du soutien et de la protection que lui accordent dieux et déesses durant son périple vers l'au-delà. On peut ainsi admirer la statue de certains dieux accompagnant Toutankhamon dont Ptah, Sened, Tata et Horus. On découvre aussi sur place la pesée du cœur, et le jugement dernier présidé par Osiris, le souverain de l'au-delà. En effet, le cœur, siège de l'intelligence et des émotions, était l'organe le plus important pour les Egyptiens.

La porte d'accès suivante conduit au Gardien, une statue très puissante de Toutankhamon qui a exceptionnellement quitté le Musée du Caire pour participer à l'évènement que nous vivons aujourd'hui. Cette sentinelle (ci-dessous) tenait la garde du tombeau du jeune roi depuis 3300 ans, en compagnie d'une autre statue. Ce Gardien symbolise le passage de la nuit noire à l'aube de la renaissance et sa peau noire représente le limon fertile et foncé du Nil. En quittant cette galerie, l'ambiance lumineuse change, la traversée de l'au-delà et de ses dangers se termine, car nous sommes parvenus à la vie éternelle aux côtés de Toutankhamon.

 

La galerie suivante, La Renaissance, présente le fabuleux trésor trouvé dans la chambre funéraire, à savoir de somptueux objets conçus pour accompagner le défunt vers la vie éternelle. On reconnaît les chaouabtis en bois peint, des statuettes supposées prendre vie dans l'au-delà et se mettre au service du roi une fois la bonne formule magique récitée par le pharaon ressuscité. Plus loin, est exposé un vase canope en or massif et en forme de sarcophage qui contenait autrefois l'estomac momifié du pharaon.

Une fois traversé un endroit obscur, on pénètre dans une salle de projection où un narrateur nous explique la manière dont les pharaons érigeaient des temples, des monuments et des statues avec leur nom, véritable passeport pour l'immortalité. Après sa mort, le nom de Toutankhamon fut effacé des monuments qu'il avait érigés puis remplacé par celui de ses successeurs. Et le fils du terrible Akhénaton de sombrer dans l'oubli, jusqu'à ce que des sons attirent votre attention vers l'écran laissant passer un rayon de lumière tout en éclairant un vase en calcite, signe de la découverte d'un escalier creusé dans le sol de la Vallée des Rois.

La salle suivante représente la Découverte, et présente des objets, des sons, des vidéos et des projections de diapositives (dont des photos prises par Harry Burton dans les années 1920). Ici nous est contée l'histoire de la trouvaille de ces 5000 objets qui constituent le trésor du tombeau ainsi que le phénomène de fascination immédiate et durable provoqué par Toutankhamon. Et la visite de s'achever face à une statue colossale du pharaon d'une hauteur de trois mètres qui se dresse comme un testament. Cette célébration du centenaire de la découverte de la tombe renforce l'idée que Toutankhamon, loin d'être oublié à jamais, rayonne à nouveau. Et un montage d'images d'être à la fois projeté sur les écrans et sur la statue. On peut alors lire la phrase suivante : « Prononcer le nom du défunt, c'est lui donner vie à nouveau ». Longue vie au légendaire Toutankhamon !

INFOS PRATIQUES :

  • Exposition « Toutânkhamon, le Trésor du Pharaon », jusqu'au 15 septembre 2019, à la Grande Halle de la Villette, 211 avenue Jean-Jaurès à Paris 19è. Ouvert tous les jours de 10h00 à 20h00. Entrée : 22€. Audio-guide disponible au prix de 6€. Site internet : https://expo-toutankhamon.fr/



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