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Promenade à Gand (Région Flamande, Belgique)
Heure locale

Samedi 26 novembre 2011

 

Sabrya et Fred me proposent de m'emmener à Gand. Cette ville n'est située qu'à une soixantaine de kilomètres de la capitale belge et nous nous y rendons par l'autoroute. Ville chargée d'histoire, Gand est la capitale de l'ancien comté de Flandre et reste la ville natale de Charles Quint. Elle connut son apogée culturelle et économique lors des XIVè et XVè siècles. Son patrimoine architectural abondant date de cette époque.

Le nom Gand vient du gaulois Ganda (confluent), pour symboliser la localisation de la ville située aux confluents de la Lys et de l'Escaut. Du Xiè au XIIIè siècles, Gand fut la deuxième ville ville européenne ( hors péninsule italienne) après Paris. De cette époque ne subsistent aujourd'hui que le Beffroi, et les tours de la Cathédrale Saint Bavon et de l'église Saint Nicolas. Les deux rivières traversaient des plaines verdoyantes, favorables à l'élevage ovin. C'est ainsi que la ville se spécialisera dans l'utilisation de la laine et deviendra une importante ville drapière. Cet industrie drapière tenait ses origines de Bruges et permit à Gand de développer son activité économique à grande échelle à tel point qu'à l'époque, on importait même de la laine d'Angleterre.

En 1500, Jeanne de Castille donnera naissance à Charles Quint dans cette ville, le futur empereur romain germanique et roi d'Espagne qui ne ménagera pas ses concitoyens gantois malgré ses origines locales: Il réprimera durement la Révolte de Gand de 1539 ( acte de désobéissance) en faisant défiler les notables de la ville pieds nus avec une corde au cou. On surnomme depuis les habitants de la ville les « garrotés ». Surviendra bientôt la Guerre de quatre vingt ans qui mettra définitivement un terme au rayonnement international de Gand.

Puis, la ville sera prise par Vauban en 1678.

Le Traité de Gand mettra fin à la guerre de 1812 entre le Royaume Uni et les Etats Unis. La ville sera plus tard, en 1913, le siège d'une Exposition internationale, qui donnera l'occasion de terminer la construction de la Gare Saint Pierre (en 1912).


 

Nous entreprenons de faire une promenade dans le centre ville de Gand, conseillée par l'office du tourisme. Munis de notre feuille de route, nous voilà partis pour une heure trente de marche et de découverte. Nous partons ainsi de la Place Saint Bavon , l'équivalent de l'île Saint Louis à Paris. C'est le cœur de la cité. C'est sur cette île, à deux pas de l'endroit où l'Escaut et la Lys confluent, que Gand est né. Sur cette place centrale, trois pouvoirs se rencontrent: La bourgeoisie avec son beffroi imposant, l'intelligentsia avec son théâtre et le clergé avec la Cathédrale Saint Bavon (ci-dessous).


 

Autrefois, la Cathédrale Saint Bavon n'était qu'une petite église de paroisse. De la chapelle originale consacrée en 942, il ne reste plus rien. Les vestiges les plus anciens sont deux nefs romaines situées dans la crypte, qui datent de 1150.

Lorsqu'en 1540, Charles Quint fit détruire l'Abbaye Saint Bavon située à proximité pour construire à la place le Château des Espagnols, les moines et leurs reliques (dont un os du bras de Saint Bavon) trouvèrent refuge à l'église. Avec la création du diocèse de Gand, cette église devint cathédrale en 1561. Dans cette cathédrale peuvent être admirées des dizaines de trésors artistiques dont la chaire à prêcher (ci-dessous), de style rococo flamboyant de 1745. On y trouve aussi un magnifique Rubens sans oublier l'Agneau mystique des frères Van Eyck.


 

Face à la Cathédrale, le Beffroi ( ci-dessous) s'élève vers le ciel. Au sommet de sa célèbre tour de guet se trouve un dragon qui veille sur les habitants de Gand, les Gantois. Il veille aussi sur les libertés que la ville reçut en 1180. Il s'agit du troisième exemplaire de la statue en cuivre de 400 kilos et toutes les copies du dragon original qui date de 1377 peuvent être admirées dans la salle des Guetteurs. Depuis 1999, le Beffroi figure sur la liste du patrimoine culturel protégé de l'Unesco. Dans la Halle aux draps, jouxtant le Beffroi, se trouve l'office de tourisme de la ville. Tout près de là, se trouve le Théâtre ( deuxième photo) flanqué de ses muses, et surmonté du Dieu Apollon. L'eau de la Fontaine des Agenouillés (troisième photo) coule généreusement , tout comme la bière sur les nombreuses terrasses de la Place. Cette fontaine est surnommée « fontaine des pisseurs » par les Gantois mais reste un chef d'oeuvre de Georges Minne, contemporain de Rodin. Cinq jeunes personnes se mirent depuis maintenant plus d'un siècle dans l'eau, dans l'espoir de trouver qui ils sont.


 

Dans la Biezekapelstraat, nous apercevons dans un havre de paix ( du moins, ça devrait l'être car l'endroit subit actuellement des travaux de rénovation), le Complexe de la Faucille (ci-dessous). Une tour indique que le bâtiment appartenait autrefois à un très riche famille, une famille qui possédait même son propre puits alors qu'à Gand, au XVè siècle, on ne comptait que cinq puits pour....65 000 habitants!


 

Notre promenade nous amène face à la cour Saint Georges, quelques centaines de mètres plus loin. Là se trouve le plus vieil hôtel d'Europe occidentale, où Marie de Bourgogne séjourna en 1477. A l'angle de cet hôtel, on peut admirer une statue de la Vierge (ci-dessous).


 

Face à l'hôtel de la Cour Saint Georges, voici l'Hôtel de Ville (ci-dessous) qui est caractérisé par deux styles architecturaux: A droite, le gothique flamboyant datant du début du XVIè siècle et à gauche, le style renaissance italienne. L'intérieur de cet hôtel abrite plus de six siècles d'histoire et vaut la peine d'être visité.


 

Mettons le cap sur l'église Saint Jacques ( ci-dessous) en empruntant le Belfortstraat. Le quartier Saint Jacques est l'épicentre des Fêtes de Gand annuelles, dix jours de fête populaire. L'église Saint Jacques date du XIIè siècle et vaut le détour.


 

Non loin de là , un lieu témoigne de l'esprit d'ouverture , du grand coeur des Gantois et de leur naturel poétique. Le Centre de la poésie est établi dans le bâtiment le plus ancien du Vrijdagmarkt, le Toreken (ci-dessous) jadis le siège de la guilde des tanneurs. Tout en haut de la tour, c'est une sirène qui veille sur ses bonnes gens tout en indiquant la direction du vent.


 

D'autres bâtiments sont présents sur cette grande place qu'est la Vrijdagmarkt dont la maison socialiste du peuple qui date du début du XXè siècle. La grande baie Art nouveau et la fenêtre en fer forgé attirent d'abord l'attention mais il faut surtout reconnaître un exemple de mélanges des styles, appelé éclectisme. A cet endroit se tenait jadis le premier hôpital public de Gand. Au centre de la place, la statue de Jacob Van Artevelde pointe le doigt vers l'Angleterre. Son choix opportuniste pour le roi d'Angleterre fit en sorte qu'au XIVè siècle , Gand, et par extension toute la Flandre, ont pu rester neutres et donc prospères lors de la Guerre de Cent ans. Grâce à celui qu'on surnomma « le Sage de Gand », l'industrie du textile connut un essor inégalé jusqu'alors. Et on continue, six cents ans plus tard à baptiser Gand « la ville d'Artevelde ».

Vrijdagmarkt était autrefois la place la plus importante de la ville et sur cette place se trouve aujourd'hui Marguerite l'enragée (ci-dessous), un canon énorme qui fut longtemps utilisé comme poubelle ou comme refuge par les ivrognes de passage. C'est pourquoi l'ouverture de ce canon a été condamnée. Celui-ci trône au même endroit depuis 425 ans, sans jamais avoir tiré un seul boulet.


 

Nous franchissons le pont, quittons la « fosse » (c'est à dire le centre ville) et pénétrons dans l'un des plus anciens quartiers de la cité, qui nous offre de très jolies maisons (ci-dessous). Ces maisons exceptionnelles datent du XVIIè siècle, une époque au cours de laquelle on a particulièrement peu construit, car la ville avait perdu sa prospérité. Le magnifique quartier de Patershol au plan de rue médiéval authentique constitue le centre culinaire de la ville.


 

Voici bientôt la Maison Alijn (ci-dessous). Nous pénétrons sous le porche et rentrons dans une cour intérieure (deuxième photo). Jadis, l'endroit était , non pas un lieu de béguinage, mais un lieu de culte construit comme pénitence pour le meurtre de Hendrik et Seger Alijn et qui a servi de refuge pour les femmes en détresse. Ce lieu abrite désormais le musée du Folklore. Sur place, un café propose de déguster un apéritif du musée , le plumetje.


 

Nous poursuivons notre balade en direction de la Sint-Veerleplein. De l'autre côté du canal, nous apercevons la Grande Halle aux viandes (photo) où vous pouvez vous procurer toutes les spécialités de la Flandre orientale, du jambon ganda aux cuberdons.


 

Bientôt, apparaît sous nos yeux le Château des Comtes de Flandre (ci-dessous). Gand est la seul ville au monde qui accueille en son centre une forteresse aussi imposante. On dit que celui qui vient à Gand sans visiter le Château qui fut érigé en 1180 mérite le supplice de la vis au pouce, les oubliettes ou même la guillotine ( qui fut utilisée pour la dernière fois en 1861) car le plus intéressant se trouve à l'intérieur de ces murs épais.


 

Nous poursuivons avec le Design Museum Gent ( ci-dessous) qui abrite une collection permanente unique et des expositions au rayonnement international. Le grand vase qui trône dans la cour intérieure mérite à lui seul une visite.


 

Nous passons ensuite devant l'ancien marché au poissons (photo ci-dessous). Sa porte d'entrée monumentale est imposante. Neptune y tient l'Escaut (l'homme) et La Lys (la femme) à l'oeil. Puis le Quai aux Herbes et le Quai aux Blés (deuxième photo). Dès le XIè siècle cet endroit constitua le premier port de commerce de Gand. Les bâtiments de part et d'autre de la Lys (troisième photo) sont uniques et d'une exceptionnelle beauté. Et de nombreux guides touristiques décrivent cet endroit comme « l'un des plus beaux sites urbains d'Europe ».

Depuis le quai aux blés, on aperçoit au loin le pont Saint Michel.


 

Nous grimpons les escaliers du fameux pont Saint Michel puis nous trouvons face à l'église Saint Michel (photo). SA tour était prévue culminer à 138 mètres mais ne fut jamais achevée, pour des raisons de sécurité, dit-on. En réalité, les plans de cette église étaient bien trop ambitieux et occasionnaient trop de frais. L'église Saint Michel est actuellement en cours de réfection. Le toit de la tour est finalement resté plat. L'église elle-même abrite à l'intérieur de nombreuses oeuvres de maitres connus, dont « Le Christ en croix » d'Antoon Van Dyck.


 

Juste de l'autre côté de cette église, nous trouvons le Pand (photo ci-dessous). Ancien couvent dominicain et autrefois hôpital, cet endroit est de nos jours la propriété de l'Université de Gand et est utilisé comme centre culturel et de congrès.A l'intérieur, on peut y admirer une magnifique collection de fragments de vitraux. L'exposition permanente de photos grandeur nature d'oeuvres de Jérôme Bosch vaut aussi la peine. Ces collections peuvent être vues sur demande.


 

Nous rebroussons chemin, franchissons le pont Saint Michel pour trouver, face à nous et sur l'autre rive l'église Saint Nicolas (photo). Cet église est un exemple unique d'architecture gothique scaldien. Elle fut construite en pierre bleue de Tournai et elle date du XIIIè siècle. Sa tour quadrangulaire qui ne s'élève pas au-dessus de l'entrée mais à la croisée de la nef principale et des nefs latérales est tout simplement unique. Elle fait office de lanterne naturelle car la lumière pénètre dans le transept par la tour. Sa restauration, débutée en 1960, est toujours en cours. En poursuivant tout droit, nous terminerons notre promenade en admirant sur notre droite la Maison des Maçons (deuxième photo). La façade de cette maison date du XVIè siècle et est longtemps restée à l'abri des regards derrière les maisons d'ouvriers qui furent construites plus tard. Six diables dansants ornent la bâtisse. Ils ont été placés sur le toit par le sculpteur Walter De Buck, qui est aussi troubadour et instigateur des Fêtes de Gand. A l'intérieur de la maison se trouvent les bureaux de l'office de tourisme de la Flandre orientale. Nous retrouvons la Place Bavon. A proximité, nous cherchons désespérément la Grande Triomphante, une cloche refondue à partir des ruines de l'ancienne cloche Roeland brisée en 1659. Malheureusement, nous ne la trouvons pas et pour cause: Elle a été retirée des lieux durant la durée des travaux de construction d'un (horrible et moderne) complexe à côté du Beffroi, mais il est prévu qu'elle retrouve sa place à la fin des travaux.


 

 

INFOS PRATIQUES:

 


  • Office de tourisme de Gand, Beffroi, Place Bavon à Gand. Tel: 9 266 56 60. Ouvert tous les jours de 9h30 à 16h30 ( du 15 octobre au 14 mars) et de 9h30 à 18h30 ( du 15 mars au 14 octobre). Site internet: http://www.visitgent.be

  • Visites guidées avec l'Association Royale des Guides de Gand et de la Flandre orientale. Tel: 9 233 07 72 (info). Site internet: http://www.gidsendbond-gent.be

  • Excursions en bateau sur les canaux: Boat in Gent ( départ:Kraanlei) au 478 63 36 30. http://www.boatingent.be

  • Balade en calèche (départ Beffroi): 30€par calèche.

  • Musée Design Museum Gent: http://design.museum.gent.be/ENG/whats-new.php












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