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Faro (Algarve, Portugal)
Heure locale

Vendredi 5 octobre 2012

 

Me voici arrivé pour quelques jours dans l'Algarve, cette grande région au sud du Portugal continental. Faro en est la capitale administrative et c'est elle que je vais visiter aujourd'hui. L'Algarve est l'une des régions les plus touristiques du Portugal et d'Europe grâce à ses plages et son patrimoine historique. J'ai quitté ce matin, tôt, l'Alentejo, pour parcourir les 200 kilomètres me séparant de Faro. Une route nationale de relative bonne qualité dessert ce parcours car il n'y a pas d'autoroute dans cette région. A mi-parcours, les plaines de l'Alentejo laisse la place à des collines et un relief plus escarpé: Je me retrouve ainsi dans la Serra. La région est traversée par plusieurs fleuves, dont le Guadiana, qui forme une frontière naturelle entre l'Andalousie (l'Espagne) et l'Algarve (le Portugal). La région accueille aussi la Ria Formosa, un ensemble de lagunes et de petites îles qui se sont formées lors du tremblement de terre de 1755. Seul un cordon littoral sépare le tout de la mer. Sa superficie totale est de 18400 hectares sur une longueur de 60 kilomètres. Cette zone forme le Parc naturel de Ria Formosa, où l'on peut entre autre observer des oiseaux aquatiques comme les hérons garde-bœufs et pourpres ou les nettes rousses. Les perdrix de mer évoluent dans les zones plus sèches du parc tout comme les gravelots à collier interrompu. Mais le symbole du parc n'est autre que le poule sultane. Quoi de plus normale dans une région qui fut dominée des siècles durant par les Maures...


 

Je me rends aussitôt à l'office du tourisme, où l'on m'annonce qu'aujourd'hui 5 octobre, est un jour férié au Portugal. On fête en effet la mise en place de la République instituée depuis 1910. Tout est fermé! Quand ça ne veut pas, ça ne veut pas et manifestement, ce n'est pas mon jour. J'observerai dans les rues pas mal de touristes plus ou moins désœuvrés, ne sachant pas trop comment s'occuper. On me propose une croisière sur la lagune. Je décline l'offre. Trop peu pour moi l'odeur de la vase en ce jour ensoleillé. Le bateau part d'un petit quai situé le long des remparts où j'ai pu rencontrer das cabanes de pêcheurs alignées (en photo ci-dessus). Un pêcheur m'invite même à visiter la sienne, et me montre son bric à brac (filets de pêche, lampes à pétrole...) avec au milieu de tout cela, quatre petit chats adoptés par notre bonne âme.

Comme dans toutes les villes du Portugal, on trouve à Faro plusieurs églises. Là encore, il me sera impossible d'y rentrer, excepté dans la cathédrale, ouverte au public. Je passe devant l'église Sao Pedro, dont la façade est en cours de réfection. Les portes de l'église sont bel et bien closes. Mais qui sont ces curés qui célèbrent la république portugaise après l'abolition des ordres religieux pendant que des ouvriers travaillent ce jour férié à la réfection de la façade de l'église? Bizarre, n'est-ce pas? C'est dommage car le chœur de cette église est doté d'un magnifique retable en bois sculpté fin XVII ème de style baroque. Une statue de pierre de N.D de l'Espérance, datant du XV ème siècle, fait aussi partie du précieux patrimoine de ce lieu de culte. Quelques centaines de mètres plus loin, se trouve l'église du Carme (ci-dessous). Fondée par l'évêque Dom Antonio Pereira da Silva, elle fut bâtie entre 1713 et 1719 sur un projet d'un carme de Lisbonne. La façade fut détruite au cours du XVIII ème mais Diogo Tavares en construisit une nouvelle. A l'intérieur, plusieurs chapelles offrent un style baroque et tout est recouvert d'or brésilien. Un peu plus lugubre, la Chapelle des Os, de 1816, présente des murs tapissés de crânes et de grands os provenant du cimetière. On n'est bien peu de chose...


 

Je me promène ensuite dans la rue de Santo Antonio, l'une des rues les plus commerçantes et élégantes de Faro. Les façades d'immeubles aussi sont élégantes (ci-dessous) mais alternent avec d'autres immeubles moins bien entretenus. Il s'agit pour cela de se promener dans certaines rues adjacentes pour trouver des quartiers charmants mais plus désuets (deuxième photo). Le centre historique de Faro est constitué de trois quartiers: Vila Adentro, Mouraria et Bairro Ribeirinho. Je choisis de me promener dans le premier d'entre eux et longe les remparts (troisième photo), ces murailles de défense de la cité qui furent construites par le prince musulman Ben Bekr au IX ème siècle. Les deux tours qui défendent l'entrée de l'Arco do Repouso datent des travaux de renforcement des défenses de la ville, qui furent réalisés au XII ème et XIII ème siècles. En 1596, les troupes du Comte d'Essex attaquèrent la ville, détruisant partiellement les murailles d'origine romaine qui seront adaptées à l'utilisation de canons intégrés dans les nouvelles défenses de la ville. Le château, élément important de défense, fut remanié pour l'adapter aux bouches de feu (XVII ème).


 

Sur l'une des portes médiévales des remparts, l'architecte italien Francisco Xavier Fabri construisit un monumental portail (ci-dessous) inauguré en 1812. On y trouve une niche contenant une statue de Saint Thomas d'Aquin (Saint patron du Faro). Et à l'intérieur, un portail en fer à cheval des remparts mauresques, unique en Algarve.


 

La cathédrale de Faro, elle, s'élève depuis le Moyen âge et correspond à l'ancienne église paroissiale de Santa Maria qui fut commandée en 1251 par l'archevêque de Braga, Dom Joao Viegas. De cette construction primitive, il ne reste aujourd'hui que le premier étage de la tour (ci-dessous) qui domine la façade principale et les deux chapelles du transept. Le siège de l'évêché fut érigé en 1577 et en 1596, le pillage et l'incendie qui furent provoqués par l'invasion des troupes anglaises du Comte d'Essex demandèrent la réalisation de travaux importants qui furent ensuite poursuivis du fait du tremblement de terre de 1755. Un charmant jeune homme cap-verdien me vend un billet à 2 € qui me permettra de visiter à la fois la cathédrale et le musée de celle-ci puis de monter en haut de la tour. Il y a affluence de touristes compte tenu du peu de lieux ouverts en ce jour férié. Le chœur est remarquable (deuxième photo) à cause des azulejos bleus, jaunes et blancs qu'elle contient. Les orgues sont aussi époustouflants (troisième photo) car cette orgue baroque, situé près du haut chœur, offre des décorations de chinoiseries. Enfin, son vaste registre s'étend du son d'une corne à celui du chant du rossignol, et plusieurs organistes réputés européens ont déjà joué sur cet instrument.


 

Le musée de la cathédrale m'offre de voir des objets et des vêtements sacerdotaux. Une fois de plus, il faut lever les yeux pour apercevoir un plafond peint (ci-dessous) style caisson. Face à la cathédrale, l'élégant séminaire épiscopal du XVIII ème siècle (deuxième photo) est bordé d'orangers . Parallèle aux remparts, cette vaste construction est reliée au Palais épiscopal voisin par une simple passerelle. Les fenêtres aux encadrements décorés datent de la première phase des travaux tandis que le reste est postérieur et est l 'œuvre du même architecte italien qui fit l'Arco da Vila. Dans la cour intérieure, on peut voir une fenêtre manuéline du XVI ème siècle.


 

Capitale de l'Algarve depuis 1756, Faro a changé de physionomie à plusieurs reprises, à cause des invasions successives d'une part et du séisme de 1755 d'autre part. Ce qui était autrefois un simple village de pêcheurs préhistorique devint un centre administratif et un port importants à l'époque romaine. La cité s'appelait alors Ossonoba. Prise aux Maures par Dom Afonso III en 1249, Faro prospéra jusqu'en 1596 avant d'être mise à sac et incendiée par le Comte d'Essex, le favori d'Elizabeth Ière d'Angleterre. La nouvelle ville sera bientôt ravagée par le tremblement de terre de 1755. Il reste encore aujourd'hui des vestiges de ruines maures et romaines datant du XIII ème.


 

 

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