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Promenade dans l'Algarve (Portugal)
Heure locale

Samedi 6 octobre 2012

 

Je profite de ce samedi pour découvrir un peu l'Algarve. Je n'ai pas sursauté de joie hier lors de ma visite de Faro et espère découvrir quelque chose d'authentique, comme dans le nord ou le centre du pays. Comme tous les matins, je prends la route avant 9h00 pour partir vers Alte, un petit village dans les montagnes. Il s'agit peut être du village le plus typique et le plus joli de l'Algarve. Ce n'est pas moi qui l'affirme mais les guides touristiques. Ses maisons blanchies à la chaux et ses fenêtres décorées alternent dans les ruelles de cette bourgade mais ce qui me surprend le plus sont ces cheminées très particulières ( en photo ci-dessous) qui ornent le toit des maisons. Elles ressemblent à des petites mosquées. Il faut dire que la région a longtemps vécu sous domination arabe. C'est qu'Alte en a vu défiler du monde, depuis l'occupation romaine. Et a vu naître le poète portugais Candido Guerreiro, en 1871. La Fonte Pequena affiche quelques poèmes ainsi que le portrait de l'artiste, sur des panneaux d'azulejos.


 

Je n'ai pas encore pris mon petit déjeuner et m'arrête dans un café situé à deux pas d'une petite église, Notre Dame de l'Assomption (ci-dessous) avec son portail manuélin. Les gens, ici comme ailleurs, sont charmants et j'apprécie beaucoup le gâteau roulé à la confiture de la patronne. Celle-ci parle français et m'affirme qu'elle a toujours connu ces grandes cheminées au-dessus des maisons d'Alte. Je suis passé au préalable à la Fonte Grande (grande fontaine), un endroit isolé, un peu en retrait du village, et endroit ombragé parfait pour un pique nique. Il est dix heures du matin et je croise une dame anglaise qui fait ici relâche depuis maintenant quelques jours. Un peu plus bas, dans une ruelle, une coiffeuse s'active sur les têtes de ses clientes mais on ne ressent aucun stress. Le calme complet. Même les chats semblent sereins (deuxième photo).


 

J'ai prévu de me rendre aussi à Albufeira, petite ville côtière de l'Algarve, située à une vingtaine de kilomètres seulement de mon village de montagne. Comme tous les noms de lieux ici, les noms qui commencent par Al- sont d'origine arabe. Ainsi Albufeira signifie La petite mer et n'était autrefois qu'un petit port de pêche. Aujourd'hui devenu le Saint Tropez du Portugal ( mais en moins joli selon moi!) la ville a vendu son âme au tourisme de masse. Les carcasses des touristes ont remplacé celles des anciens bateaux de pêcheurs que je ne verrai pas. Des barres d'immeubles disgracieuses s'élèvent dans le paysage au milieu du centre historique. Non, vraiment, je n'aime pas ce lieu... IL faut d'abord se garer à un kilomètre pour éviter de payer. Puis, dès l'entrée du centre historique, des boutiques vendant de tout et n'importe quoi se succèdent sur deux cents mètres. Les Romains aussi appréciaient déjà l'endroit et y construisirent même un château dont il ne reste désormais que quelques ruines discrètes, localisées au niveau de la rue Joaquim Pedro Samora à l'emplacement de la porte nord ou Porta da Praia.


 

Je ne desespère pourtant pas de trouver quelques monuments historiques sur mon chemin, et gravis les hauteurs du vieil Albufeira: La Tour de l'Horloge (ci-dessous), illuminée les jours de fête, est l'une des tours de l'ancien château mauresque. Il y a aussi plusieurs églises à Albufeira, et je passe à proximité de l'une d'entre elle, l'église de Santana 'deuxième photo) qui offre ses formes architecturales d'inspiration populaire, datant du XVIII ème. Sur la plage, c'est déjà l'affluence (troisième photo) et un ascenseur perché en haut d'une grotesque tour en béton amène les plagistes directement de la ville (située en hauteur) à la plage (en contrebas). Que demander de plus?


 

Décidément, j'ai besoin d'authenticité. Et je file à Tavira. Les origines de cette ville remontent à la fin de l'âge du bronze. Ouf, je me sens mieux! Enfin de l'histoire... Au VIII ème siècle avant J.C, elle devient un des premiers établissements phéniciens de l'ouest ibérique. Et ces Phéniciens de créer une cité aux murs massifs , avec au moins deux temples, deux ports et une structure urbaine régulière. Cette Tavira-là durera jusqu'au VI ème siècle, date à laquelle elle sera détruite par un conflit. On l'aurait à l'époque surnommée Baal Saphon (nom phénicien du Dieu de la mer et du tonnerre). La ville sombre dans l'oubli pendant un siècle puis renaît lors de la période d'un renouveau urbain. Les Romains conquièrent la région et créent un port, Balsa, situé à sept kilomètres à l'ouest de la ville actuelle. Et Tavira prospérera aussi longtemps que l'Empire romain prospérera. On peut encore de nos jours admirer un pont d'origine romaine (ci-dessous) pour certains, d'origine maure pour d'autres, qui franchit le Gilao, la rivière locale. Cette construction relie les deux rives de la ville, et faisait partie de la voir romaine reliant Castro Marim et Faro .

 

Tavira sera occupée par les Maures entre les VIII ème et XIII ème siècles, qui laisseront des traces importantes sur l'agriculture, l'architecture et la culture de la région. On peut encore trouver ces traces grâce aux murs blanchis des maisons, et les portes et toits de style maure. Les Maures bâtirent aussi un château (ci-dessous) dont il ne reste pas grand chose, à part de jolis jardins et quelques murailles. Deux mosquées et des palais furent aussi érigés par les occupants. L'époque est alors prospère pour la cité qui devient un important port de pêche et de commerce. La région reste toutefois rurale jusqu'au XI ème siècle. 1242 sonne l'heure de la Reconquête au travers de Dom Paio Peres Correia qui reprend Tavira aux Maures. La bataille est sanglante, en représailles au massacre de sept chevaliers lors d'une trêve, et à commencer par le massacre de la population locale. Si les Chrétiens reprennent la ville, les Arabes laisseront en héritage à la ville le quartier de Mouraria.

 

Alors que le port acquiert une importance considérable au XVII ème siècle, assurant entre autre le transit du sel, du poisson séché et du vin, arrive le fameux tremblement de terre de 1755 (estimé à une magnitude de 9 sur l'échelle de Richter), qui provoqua un raz de marée et des dégâts considérables dans la région. On s'employa donc à reconstruire Tavira et il n'est pas rare d'y croiser encore des bâtiments du XVIII ème. L'ancien centre de la ville se situe au niveau de l'église Santa Maria do Castelo (ci-dessous). Je rencontre de nombreux touristes (allemands) sur place, qui témoignent du développement important du tourisme depuis quelques années. La plage, certes attire beaucoup dont l'île de Tavira, située un peu au large de la ville, et qui est reliée par ferry. Tavira est jumelée avec Perpignan depuis 11 ans.


 

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