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La Serra de Arrabida (Setubal, Portugal)
Heure locale

Lundi 8 octobre 2012

 

Pour mon dernier reportage au Portugal, je choisis de visiter la Serra da Arrabida, un parc naturel situé à côté de Setubal où je suis arrivé hier. Setubal ne m'enthousiasme pas. C'est avant tout une ville triste, plus ou moins désuète et je ne la visiterai pas. Non, le point d'intérêt est ailleurs. La montagne de la Serra de Arrabida se trouve à 501 mètres d'altitude, sur la rive nord de l'estuaire du Rio Sado, dans la péninsule de Setubla. Le Sado est un fleuve du sud-ouest du Portugal: D'une longueur de 175 km, il naît à 230 mètres d'altitude, près de la Serra de Vigia, puis traverse les montagnes de Caldeirao avant de se jeter dans l'océan atlantique. L'endroit est connu pour être fréquenté par les dauphins que l'on peut voir nager de temps à autre dans l'estuaire. Je quitte Setubal assez tôt et prends la route d'un petit village, Vila Nogueira de Azeitao. Ce village est surtout connu pour son vin, le Moscatel de Setubal, qui est fabriqué par José Maria de Fonseca (en phot ci-dessous)


 

Je m'arrête à l'office de tourisme. L'agent d'accueil est intarissable sur sa ville et me donne un tas de renseignements. J'apprends par exemple l'existence dans ce village de trois gourmandises sucrées, qui sont fabriquées par la pâtisserie artisanale Cego: Il s'agit de la torta de Azeitao (le gâteau long sur la photo ci-dessous), du queijimbo de amendra ( de forme ronde) et du S ( en forme de S), un biscuit savoureux qui est surnommé ainsi car il est dégusté pour le thé ( lorsque l'on s'asseoit – to Seat- autour de la table pour manger ce biscuit). Je me rends sans tarder dans cette pâtisserie où il y a déjà affluence en ce milieu de matinée. Mais le patron me reçoit très gentiment et me fait même visiter son atelier de fabrication.


 

Il existe, à côté de Vila Nogueira de Azeitao, un autre village, qui s'appelle Vila Fresca de Azeitao. Dans ce deuxième village se trouve Luis, le patron d'une entreprise qui fabrique les azulejos, ces fameux carreaux de faïence portugais. La petite entreprise n'existe que depuis sept ans mais propose un choix impressionnant de compositions, en salle d'exposition mais aussi sur son site internet (voir les infos pratiques) et travaille à l'exportation (60% de ses ventes) et sur le marché local (40%). Luis me montre ainsi comment on réalise ces carreaux: Deux méthodes sont utilisées, la technique mauresque (appelée aussi Aresta ou Cuenca) qui date du XVI ème siècle et qui consiste à peindre le carreau en relief, directement après une première cuisson La deuxième cuisson révèlera le savant jeu de couleurs. La seconde technique est appelée la technique majolique et consiste à peindre le carreau une fois que celui-ci a cuit une première fois puis a reçu un émaillage. La peinture sera donc appliquée sur l'émail (contrairement à la méthode précédente). Dans les deux cas, la première cuisson (jusqu'à 1030° et d'une durée de 18 heures, suivi d'un refroidissement d'une durée équivalente) sera complétée par une deuxième cuisson qui durera 7 heures à une température de mille degrés. Chaque carreau est vérifié à l'oreille: La résonance aiguë produisant un joli son caractéristique témoignera de la qualité du carreau. Un son plus grave démontrera la mauvaise qualité du produit. Différents motifs, plus ou moins élaborés, entrent dans la décoration des carreaux. Un dessin est d'abord reproduit sur un papier calque puis appliqué sur le carreau à l'aide de charbon végétal (ci-dessous). Le carreau est ensuite peint plus ou moins rapidement selon la complexité du décor. La composition de la deuxième photo ci-dessous a demandé cinq heures de travail mais d'autres carreaux peuvent requérir jusqu'à une journée complète. Chez Luis, c'est vraiment de l'artisanat car tout est fait à la main. Une petite équipe d'environ sept personnes travaille cette entreprise qui prépare une commande à destination des Etats-Unis lors de mon passage. A découvrir absolument!


 

Il fait un soleil radieux et il est temps pour moi de partir à la découverte de la Serra de Arrabida. Le guide me parle d'un couvent franciscain. Je devrai emprunter des petites routes qui traverseront des paysages magnifiques. Ce chainon calcaire d'origine jurassique forme une barrière étirée depuis le sud-ouest jusqu'au nord-est entre Azoia et Palmela (un autre village) sur une trentaine de kilomètres de long pour une largeur de 7 kilomètres au maximum. Les deux versants de cette Serra offrent un saisissant contraste: Le versant nord offre des reliefs adoucis , portant vignes, vergers et oliviers (ci-dessous) et sur ses mauvaises terres, des broussailles et des pins, tandis que le versant sud tombe sur l'océan en une descente abrupte de 500 mètres (deuxième photo ci-dessous). Le rivage, échancré, offre des assises calcaires de couleur blanche et ocre (troisième photo), se mélangeant avec le bleu de l'océan atlantique d'un côté et une végétation dominée par les pins et les cyprès de l'autre, avec des taillis d'arbousiers, de myrtes, et de lentisques. Bref, un paysage typique du littoral méditerranéen.

 

La petite route qui mène au Couvent de Arrabida (malheureusement fermé au public aujourd'hui) (en photo ci-dessous) est étroite et en forme de lacet. Celui-ci fut bâti en 1542 par des Franciscains et appartient désormais à une fondation privée. Les tours dominant les montagnes environnantes servaient probablement autrefois de lieu de méditation (deuxième photo)


 

Après une courte halte, je rebrousse chemin afin de prendre la direction de la côte, vers Portinho de Arrabida, une petite crique donnant sur une plage de sable fin (ci-dessous) avec seulement quelques maisons et un ou deux restaurants. Un véritable havre de paix dont l'accès est difficile puisqu'une seule route étroite (ne permettant la circulation que d'un véhicule à la fois!) oblige à une circulation alternée. Dans un virage abrupt, se trouve un fort, le Fort de Santa Maria, qui abrite désormais un musée océanographique (lui aussi fermé ce lundi). La forteresse fut construite en 1676 par le Prince régent Dom Pedro, afin de protéger les habitants de l'endroit des attaques des pirates Maures. Dans les environs, plusieurs autres petites plages se succèdent comme celles de Galapos et de Figueirinha. Je m'arrête pour admirer encore une fois la beauté des lieux (deuxième photo) puis reprends la route en direction de Setubal. En cours de route, sur ma droite, j'aperçois un phare avec au loin, un gigantesque banc de sable qui semble abriter une réserve d'oiseaux (troisième photo). En effet, cette région attire la migration de nombreuses espèces d'oiseaux dont des cigognes (je remarquerai l'une d'entre elles qui aura construit son nid au-dessus d'un portique franchissant l'autoroute à l'approche de Setubal!)

 

D'autres photos de cette visite vous attendent sur Médiathèque-->Album Europe

 

 

INFOS PRATIQUES:

 


  • Office du tourisme, Rua José Augusto Coelho, 27 à Vila Nogueira de Azeitao. Tel: (351) 212 180 729. Ouvert du lundi au samedi, de 10h00 à 13h00 et de 14h00 à 18h00.

  • Caves José Maria da Fonseca, Rua José Augusto Coelho, 11-13 à Vila Nogueira de Azeitao. Tel: (351) 212 198 940. Ouvert tous les jours de 10h00 à 12h15 et de 14h30 à 17h30. Droit d'entrée: 3€. Boutique du vin ouverte de 10h00 à 13h00 et de 14h30 à 18h30.

    Site internet: http://www.jmf.pt/

  • Pâtisserie Cego, rua José Augusto Coelho, 150 à Vila Nogueira de Azeitao. Tel: (351) 212 180 301. Trois spécialités gourmandes: La Torta de Azeitao, le Queijimbo de Amendra et le biscuit S.

  • Fabrica de Azulejos de Azeitao, lieu dit Bacalhoa, rua dos Trabalhadores da Empresa Setubalense N°15 à Vila Fresca de Azeitao. Tel: (351) 212 180 013. Ouvert au public tous les jours de 9h00 à 18hOO. Site internet: http://www.azulejosdeazeitao.com/Home.asp

  • Couvent d'Arrabida, à Arrabida Sao Lourenço. Viste possible sur RDV uniquement du mercredi au dimanche, en téléphonant au (351) 212 197 620/4/8 ou au 932 216 552 (portable). Droit d'entrée: 5€. Visites à 10h00 et 15h00. Fermé en août.

  • Musée Océanographique, Fort de Santa Maria de Arrabida à Portinho da Arrabida. Tel: (351) 212 189 791. Ouvert du mardi au vendredi de 10h00 à 16h00 et le samedi de 15h00 à 18h00. Droit d'entrée: 2,10€

  • Parc Naturel de Arrabida: http://www.azeitao.net/arrabida/pna/arrabida_marine_park.htm

  • Musée du Fromage d'Azeitao, Quinta Velha Queijeira, Estrada nacional N°10, à Vila Nogueira de Azeitao. Tel: (351) 212 191 125 ou 961 875 337 (portable). Ouvert du lundi au samedi de 10h00 à 13h00 et de 15h00 à 18h00. Visites du dimanche, en groupe uniquement et sur RDV. Droit d'entrée: 1,50€. Diverses dégustations possibles sur place.

  • Hotel da Praia do Sol , Rua dos Pescadores, 12 à Costa da Caparica. Tel: (351) 212 900 012. Chambre lits jumeaux à 25 € la nuitée (hors saison) . Accueil fort sympathique mais prestation médiocre pour internet: Wifi dégradé dans les chambres du 1er étage, voire inexistants dans les étages supérieurs. En principe utilisable au bar (mais signal fluctuant). Tarif: 3€:heure ou 2€/heure en achetant 2 heures ou 10€/24 h. Petit déjeuner basique (pas de produit lacté) à 5€. Possibilité de se garer près de l'hôtel sur l'une des quatre places réservées pour l'établissement. Site internet: http://www.hotelpraiadosol-caparica.com/

  • Pour accéder à internet, en face de l'hotel, se trouve WESTERN UNION, Rua dos Pescadores, 13. Internet fonctionne très bien et une heure ne vous coûtera que 1,80€ ( 2H pour 3,60€).

  • Café Camping, Avenida do Oceano , 17A à Monte da Caparica. Tel:(351) 212 902 045. Mon restaurant habituel à Costa da Caparica, un petit café restaurant familial, accueillant, généreux et bon marché. Magdalena la patronne est aux fourneaux tandis que ses fils l'assistent en salle. A découvrir!

  • Pastelaria A Nutritiva, Largo da Libertade, 2 à Costa da Caparica. Tel: (351) 212 900 016. C'est là que je prends mon petit déjeuner, puis mon sandwich au jambon de pays et mon pastel de nata avant de partir à la plage! Accueil sympathique garanti.










 



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