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Léonard De Vinci, dessins, projets & machines (Paris, France)
Heure locale

Jeudi 17 janvier 2013

 

La Cité des Sciences et de l'Industrie (Paris) présente actuellement une passionnante exposition sur Léonard de Vinci et ses réalisations : Projets, dessins et machines s'offrent aux yeux du visiteur qui fait ainsi plus ample connaissance avec celui qui reste un génie doué de multiples talents:Né à Vinci (Italie) en 1452, Léonard de Vinci fut à la fois peintre, artiste, scientifique, ingénieur, inventeur, anatomiste, sculpteur, architecte, urbaniste, botaniste, musicien,poète, philosophe et écrivain. Homme d'esprit universel, il sera souvent décrit comme le symbole de l'homme de la Renaissance dont la curiosité infinie est seulement égalée par la force d'invention. Il se fera d'abord connaître comme peintre, notamment pour deux œuvres, La Joconde, et La Cène.

L'ingénieur inventeur mettra au point l'avion, l'hélicoptère, le char de combat, le sous-marin et l'automobile, mais très peu de ses projets seront réalisés ( ou réalisables) de son vivant. Le scientifique, lui, permettra de développer les connaissances dans des domaines comme l'anatomie, le génie civil, l'optique ou l'hydrodynamique.

Enfant, Léonard de Vinci s'intéresse à tout et observe cette nature dont il est proche. Il dessine déjà des caricatures puis pratique l'écriture spéculaire (ou écriture en miroir) en dialecte toscan. Il est bientôt initié par Verrocchio (artiste très éclectique et renommé de l'époque) aux nombreuses techniques pratiquées dans un atelier de peinture, avant d'en devenir l'assistant. Ses talents d'ingénieur se font jour dès 1478 lorsqu'il propose de soulever l'église octogone de Saint Jean de Florence pour y ajouter un soubassement, et sans causer de dommages à l'édifice. A Florence, son travail est remarqué et Léonard de Vinci travaille bientôt pour Ludovic Sforza, mécène et duc de Milan. 1490 est l'année de la création d'une académie qui portera le nom du célèbre homme dont la tête fourmille de projets techniques et militaires. Il améliore ainsi horloges, métiers à tisser, grues et nombreux autre outils. En 1498, un document atteste de son rôle d'ingénieur et chargé de travaux sur les fleuves et canaux. C'est cette même année qu'il peint le plafond du château des Sforza.


 

En 1499, notre homme est employé comme architecte et ingénieur militaire par les Vénitiens qui cherchent à protéger leur cité. L'occasion pour lui d'inventer un scaphandre à casque rudimentaire en cas d'attaque navale des Turcs. De retour à Florence, il étudie les cours d'eau du Frioul et met sur pied un relèvement du cours de l'Isonzo par des écluses. Il remplira dans cette ville les fonctions d'ingénieur de guerre (dessinant entre autres arquebuses, bombardes, catapultes, mortiers ou balistes), d'architecte et ingénieur hydraulicien. Durant cette période, Léonard de Vinci continuera de se consacrer à la peinture, conjointement avec Michel-Ange. En 1505, il étudie le vol des oiseaux , qui donne lieu à la rédaction d'un codex (livre manuscrit). Dès lors, observations, expériences et reconstructions vont désormais s'enchainer. Ses dernières années de vie se passeront en France : François 1er chargera d'abord Léonard de Vinci de concevoir un lion mécanique capable de marcher, devenant ainsi son protecteur. Installé au château du Clos Lucé, l'artiste se trouve tout près du château d'Amboise, la demeure du roi de France. Il est alors nommé « premier peintre, premier ingénieur et premier architecte du roi » et reçoit mille écus par an. Il organise pour la Cour réceptions et fêtes somptueuses, tout en inspirant autour de lui la pensée et la mode. Le souverain français considérera Léonard de Vinci comme son père et l'on dit qu'un souterrain secret aurait relié les deux châteaux, souterrain qui aurait permis au roi de rendre visite à l'homme de science en toute discrétion. Au Clos Lucé, de nombreux projets sont conçus par notre génie : Un nouveau palais à Romorantin avec détournement d'un fleuve, projet de canal entre la Loire et la Saône...Mais la santé du grand homme se détériore et Léonard de Vinci est emporté par la maladie le 2 mai 1519. Il a alors 67 ans. Célibataire éternel, sans femme ni enfants, il lèguera l'ensemble de son œuvre ( sur les 50 000 documents originaux multidisciplinaires d'origine, on n'en compterait plus aujourd'hui que 13 000) à son disciple préféré et élève, Francesco Melzi. Mais ce dernier ne publiera de son œuvre.


 

L'exposition de la Cité des Sciences et de l'Industrie est réalisée avec la collaboration du Museo Nazionale della Scienza e della Technologia Leonardo da Vinci di Milano et le Deutsches Museum de Munich. Un parcours présente une quarantaine de machines qui aideront le visiteur à découvrir la pensée de cet homme universel qu'était Léonard de Vinci, dont le génie résidait dans une méthode de travail très originale. On peut ainsi voir une arbalète géante d'une longueur de 2,50 mètres, mais aussi la barque volante, le chariot automobile et une tenue de plongée. Ces objets ont tous été réalisés en Italie dans les années cinquante à partir des manuscrits originaux. En effet, un groupe de chercheurs et d'ingénieurs fut chargé d'étudier ces manuscrits, en 1952 et à l'occasion de 500 ème anniversaire de la naissance du génie, en vue de créer des maquettes exposées un an plus tard. L'entreprise fut complexe car les croquis de Léonard étaient rarement destinés à l’exécution. Nombre d'études n'avaient pas de but pratique : fragments de machines existantes, propositions d'amélioration, notes et dessins d'observation de la nature. Certains détails manquent ou bien le dessin ne décrit qu'une partie du projet. On dut donc interpréter les documents afin de parvenir à créer des maquettes cohérentes, à l'aide de technologies modernes (comme le système 3D de Dassault Systèmes).

 


Une scénographie magistrale, composée d'imposantes structures cylindriques servant de support à de grandes voiles de textiles imprimées d'extraits de l'oeuvre graphique de Léonard de Vinci, participe à la révélation progressive du grand homme. Et l'exposition met l'accent sur le rôle fondamental de l'observation, tout spécialement celle de la nature et du vivant dans la démarche de Léonard de Vinci. On y découvre des manuscrits sur lesquels étaient consignés notes et projets, au moyen de son écriture en miroir, et tracés le fruit de ses observations. La visite débute par deux questions : Les machines présentées sont-elles ou non des inventions et en est-il le concepteur ? On note alors que le génie de Léonard de Vinci tient à la fois à son talent de dessinateur, à ses capacités d'observation et à son ouverture d'esprit. Six thématiques du parcours de l'exposition sont proposés au visiteur : Transformer le mouvement permet de suivre son apprentissage de l'observation et du dessin dans l'atelier de son maître florentin, Andrea del Verrocchio. Ce dernier participe au chantier d'achèvement de la cathédrale de Florence et à la mise en place à son sommet du dôme, à plus de cent mètres de hauteur. Pour réaliser ce défi technique, on utilisa la grue de Brunelleschi, instrument astucieux avec sa vis sans fin d'Archimède. Préparer la guerre ( première photo ci-dessus) donne ensuite à découvrir ses activités d'ingénieur militaire au service du duc de Milan, Ludovic Sforza. L'art de la guerre est alors un sujet de préoccupation majeur au XV ème siècle. Léonard de Vinci conçoit des machines de guerre et des fortifications pour répondre aux menaces des ennemis de ses patrons, notamment à l'époque des conflits avec la France. Un volet de l'exposition est aussi consacré aux études dans le domaine de la guerre sous-marine. Un scaphandre de plongée ( ci-dessus) est mis au point ainsi qu'un système de respiration pour scaphandrier. Un gant palmé est aussi créé, prévu pour être attaché au poignet et conférer au nageur une plus grande vitesse. On découvre également un char blindé en forme de tortue et une catapulte à ressorts (ci-dessous). S'inspirer du vivant, crée un lien à travers différentes époques, entre la démarche d'observation de la nature de Léonard de Vinci et celles des scientifiques et ingénieurs d'aujourd'hui. Se tourner vers les solutions techniques mises au point par la Nature est une démarche qui anime toujours aujourd'hui tout un champ de recherche appelé biomimétisme ou bioinspiration. Cette discipline permet par exemple à Airbus de tester d'ores et déjà de nouvelles applications qui se concrétisent sur le très gros porteur A380. Le robot Octave, d'un poids de 100 grammes est conçu comme un hélicoptère et fut mis au point en observant le vol des abeilles. D'autres robots, issus de la même démarche sont exposés. Imaginer le vol permet de comprendre la décomposition minutieuse du mouvement des oiseaux et chauve-souris et de mieux connaître leur morphologie. Le vaisseau volant ( troisième photo ci-dessus), fabuleux aéronef doté de deux grandes ailes posées sur une armature en roseaux et le tissu censé les recouvrir, s'inspirent du modèle de la chauve-souris. La vis aérienne à aile tournante (deuxième photo ci-dessous) est aujourd'hui considéré comme un prototype visionnaire de l'hélicoptère. D'autres instruments de mesure (inclinomètre, anémomètre, hygromètre) destinés à contrôler les conditions atmosphériques propices au vol, sont améliorés ou réinventés. Améliorer la fabrication permet au visiteur de découvrir la partie la plus méconnue du travail de Léonard de Vinci pendant laquelle il a exercé son talent à imaginer des procédés mécaniques permettant l’automatisation des métiers à tisser ou des machines à tordre les cordes. Se confrontant aux différentes étapes de la production textile, Léonard de Vinci parvient à automatiser certaines d'entre elles et à limiter ainsi le nombre d'opérateurs nécessaires à leur fonctionnement. Une machine à tisser est exposée ainsi qu'un rouet à ailettes mobiles et une machine à carder le drap de laine. Enfin, Unifier le savoir révèle l'incroyable talent de notre homme à tirer le meilleur parti de toutes les facettes de sa personnalité mais aussi des connaissances qu'il a accumulées afin de devenir cet artiste humaniste imprégné de la pensée de son temps dont l'histoire a retrouvé la trace. On observe une évolution dans sa façon de penser. Léonard de Vinci passe de l'observation à l'élaboration de théories plus générales sur la nature et la vie, tout en se nourrissant de rencontres et de lectures.


 

Des ateliers sont proposés autour de l'exposition, qui expliquent mouvements et mécanismes fort compliqués mais qui fonctionnent au final. Les scolaires ( du CM2 à la Terminale) peuvent ainsi participer à ces ateliers et s'initier à la mécanique de manière ludique. Les notions de physique et de chimie sont aussi abordées. Des images de science viennent compléter le tout, depuis l'illustration naturaliste et anatomique jusqu'aux représentations du vivants actuelles.


 

 

 

 

INFOS PRATIQUES :

 


  • Château du Clos Lucé, musée de Léonard de Vinci : http://www.vinci-closluce.com/

     

    Parc Leonardo da Vinci à Amboise (37400). Tel : 02 47 57 55 78

  • http://www.cite-sciences.fr/fr/cite-des-sciences/

    30, avenue Corentin Cariou à Paris (19è). Métro: Porte de la Villette. Tel : 01 40 05 8000. Exposition Léonard de Vinci, Projets, Dessins, Machines, jusqu'au 18 août 2013 : http://www.cite-sciences.fr/francais/ala_cite/expositions/leonard-de-vinci/

     

    tarif : 11 € ( le billet de cette exposition permet d'accéder aux autres expositions et aux ateliers scientifiques d'Explora, ainsi qu'à une séance pour un film en relief au cinéma Louis Lumière) Ouvert du mardi au samedi de 10h00 à 18h00 et le dimanche de 10h00 à 19h00. Pour faciliter votre visite, un parcours sonore à télécharger est disponible sur le site de l'exposition : Des fichiers téléchargeables gratuitement sur votre smartphone reprennent 12 commentaires sonores et leur version texte. N'oubliez pas de vous munir du plan, indispensable à l'orientation et au repérage des éléments d'exposition sélectionnés.

    La librairie boutique propose aussi plusieurs ouvrages et jeux sur Léonard de Vinci : Léonard de Vinci, la nature et l'invention (192 pages, 29,90€), Léonard de Vinci, Rêves et Inventions (56 pages, 12€), Voler, Un jeu d'enfant, application ludique pour tablette et smartphone (3,59€), La machine à rêves de Leonardo Da Vinci (application gratuite pour tablette Ipad 2 et 3).

     


 










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