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Le Musée des Arts, Métiers & Commerces à Saint Gildas de Rhuys (Morbihan, France)
23 images disponibles
Heure locale

 

Samedi 17 août 2013

 

Si vous passez par la presqu'île de Rhuys, dans le golfe du morbihan, arrêtez-vous au musée des arts, métiers et commerces de Saint Gildas de Rhuys. Cette étape culturelle vous permettra par exemple de découvrir l'histoire des costumes, des meubles et des objets liés au mariage en Bretagne entre les XVIII ème et les XX ème siècles. Je m'y rends aujourd'hui afin d'assouvir ma curiosité et suis accueilli par le chien des lieux, un gentil toutou couché dans l'entrée. Le musée ouvrit ses portes pour la première fois en 1993 et possède près de cent mille objets, glanés ici et là au fil des ans par leur propriétaire, Monsieur Craneguy, un collectionneur passionné à la base d'art publicitaire et d'art populaire.


 

L'accès aisé permet aux personnes âgées et handicapées de pouvoir facilement visiter le lieu d'autant plus que je découvrirai la présence de chaises et de bancs répartis sur tout le parcours de la visite. Judicieux et pratique ! Ma visite débute par une salle de classe d'antan (ci-dessous). Muni d'un classeur qui m'a été prêté pour l'occasion, je pourrai lire les informations indispensables à la compréhension des différentes curiosités du musée. Les souvenirs remontent instantanément à la surface lorsque j'aperçois ce vieux tableau noir avec sa morale journalière. Les tables d'écoliers datent de 1929 et ont été réalisées en bois d'orme, avec dossier individuel. Au mur, de grandes cartes sont suspendues, souvenir d'un temps où la mémoire visuelle occupait une grande place. C'est par ce moyen que nous apprenions alors le système métrique (seul système reconnu dans le monde) ou encore les fleuves de France...Plus loin, on peut aussi voir des bouliers (qui servirent à compter à des générations d'élèves) mais aussi l'indispensable arrosoir utilisé le soir pour détremper le sol afin de balayer la salle de classe, ou encore cette clochette qui sonnait l'heure de la récréation. J'aperçois dans un autre coin de la pièce les bons points : Dix bons points donnaient droit à une image et dix images, à un livre. A cette époque, on pouvait décrocher la croix au mérite, la croix d'honneur,, les croix des écoles publiques ou des écoles religieuses.


 

Ma visite se poursuit avec la boutique du barbier coiffeur (ci-dessous) : Au début du XX ème siècle, Louis Pasteur découvrait les microbes et il fallait alors prendre les précautions d'hygiène nécessaires. Dans ce salon de coiffure tout droit venu de l'avenue Saint Symphorien à Vannes (au début du XX ème), on peut voir de grands fauteuils avec dossiers réhaussables pour faire la barbe (on se rasait alors deux à trois fois par semaine) et même un siège pour enfant. Sous le meuble principal, deux chaufferettes en fonte sont placées pour le confort des clients. Je découvre des objets portant des noms parfois inconnus : hydrocape (pour faire les shampoings), stérilisateur à alcool (pour stériliser la flamme des ciseaux et rasoirs), gourde à savon en poudre, pulvérisateur à parfum, bâton à anglaise...Je remarque aussi la présence de fers à papillotes, de chauffe-fers et de fers à friser.


 

La photographie, ce mélange d'optique et de chimie, est l'un des univers du musée d'aujourd'hui. Doit-on rappeler que cette invention est française et qu'elle est due à Joseph Nicéphore Niepce qui capta pour la première fois une image en 1826, après huit heures de pose? Son associé, Monsieur Daguerre inventera le positif sur plaque de cuivre argentée en 1835. L'anglais Talbot découvrira quant à lui le négatif en 1841 et l'américain Eastman inventera Kodak, l'appareil-photos amateur en 1888. Il en vendra 90 000 exemplaires dès la première année. Notre homme développait alors les photos en dix jours.


 

Le métier d'horloger est également présent. Il fallait autrefois quatre années pour acquérir ce métier, à partir du niveau BEPC. Et l'élève fabriquait une partie de ses outils durant ses études. L'occasion de rappeler quelques grandes dates : La première horloge artificielle fut mise au point 3000 ans avant J.C et fut inventée par les Chinois et les Chaldéens (horloge à eau). Ce n'est qu'un peu plus tard que cadrans solaires et sabliers verront le jour. La première pendule à poids, elle, aurait été inventée par les Hollandais tandis que la première horloge pour particulier daterait d'il y a 1400 ans environ. Le premier réveille-matin, lui, est français et fut conçu par Antoine Redier en 1847. La montre-bracelet aussi fut inventée par un français, Louis Cartier ( àa partir de 1900) et la montre à quartz sera élaborée par LIP mais commercialisée par le japonais SEIKO.


 

Le métier de bijoutier était autrefois un métier très artisanal, utilisant souvent du matériel peu perfectionné. Le bijoutier travaillait sur un établi arrondi qui lui permettait de s'appuyer confortablement sur ses deux coudes afin de se rapprocher le plus près possible de la pièce sur laquelle il oeuvrait. Il était revêtu d'un tablier de cuir qui lui permettait de recueillir les débris de métaux précieux. Les bijoutiers travaillaient face à face afin de se surveiller mutuellement : En effet, la fraude n'était pas rare et certains artisans volaient les débris d'or en se mouillant les mains, et en se les essuyant par exemple sur leur tablier de cuir. Ils se passaient ensuite les mains dans les cheveux puis récupéraient les débris d'or une fois arrivés chez eux. Des bijoux comme les chaines en or étaient faites de ce métaux précieux fondu en lingot. Le lingot était débité en feuilles d'or elles-mêmes passées dans un laminoir à fils. Chaque maillon était fabriqué séparément.


 

L'apothicaire fabriquait quant à lui sur place tous ses médicaments qui étaient la plupart du temps à base de plantes. Pour ce faire, il utilisait mortiers et pilons. Les vitrines de sa pharmacie étaient parfois garnies de boules de couleurs diverses. Celles-ci existaient dès le XVI ème siècle en Angleterre et étaient destinées à attirer le client. Les vases qui les accueillaient pouvaient, dit-on, donner bonne ou mauvaise mine selon la couleur des boules (bleu et verte pour la mauvaise mine et rouge rosé pour la bonne mine), incitant ainsi le passant à entrer chez l'apothicaire pour réclamer un médicament. Je remarque aussi le mâche-bouchons (qui servait à dimensionner les bouchons selon la forme des goulots des bouteilles), les pots à sangsues ( pour les saignées), les machines à suppositoires ( ceux-ci étaient fabriqués à base de beurre de cacao qui ne fond qu'à 37°, la température du corps humain) et à cachets. On trouve aussi des piluliers, des bouteilles d'eau de Cologne, et d'autres produits connus : Le vermifuge Lune & Sorin, l'huile de foie de morue Caduase, le vin de Quintonine et le vin de Frileuse, l'ouate thermogène,, la Marie Rose, les pastilles Pulmoll et Valda, les cachous Lajaunie, la jouvence du Lys et les célèbres ventouses.


 

Un peu plus loin, je suis impressionné par le nombre d'outils jadis utilisés par le maréchal ferrant (ci-dessous) : Pinces à castrer, arrache-dents, étrille, boutoirs, tricoise (pour ferrer les chevaux),masque (pour cacher le regard d'une bête qu'on va tuer), le merlin (qui servait à frapper l'animal), l'ouvre-bouche (pour maintenir ouverte la bouche des chevaux), le tord-nez (pour immobiliser l'animal en lui tordant le nez, ce qui provoquait une douleur), le casse-dents et le râpe-dents, la force, la mailloche, le cautère, le trocart, la mouchette, la pince à nez, les fers à bœuf... Le tonnelier quant à lui fabriquait des tonneaux à l'aide de lattes de bois appelées douves ou douelles (deuxième photo). Ces dernières étaient faites à partir de planches grossières fendues à la hache. Longtemps, les cercles des tonneaux furent en bois de châtaignier mais le XX ème siècle vit l'apparition des cercles en métal.


 

L'une des boutiques les plus importantes d'un village au début du XX ème siècle était la graineterie (ci-dessous). On y trouvait des meubles avec de nombreux tiroirs, remplis de semences. Monsieur Vilmorin invente bientôt le sachet de 5 grammes, qui évitera désormais la tricherie sur le poids et sur la qualité des mélanges de graines . D'autres objets sont observables comme ces choses faites de paille de seigle entourée de ronces, conçues pour éloigner les rongeurs. Les outils sont nombreux : Arrache-choux, carotte de grainetier, semoir en bois du XVII ème (pour semer à la volée) ou semoir à manivelle du XX ème, coupe-marc, coupe-foin, fléaux, faux , râteaux, broie à chanvre, baratte...


 

Le cordonnier-bottier jouait un rôle important au XIX ème siècle car il devait faire des paires de chaussures qui étaient supposées durer toute une vie. Ce métier était jadis souvent pratiqué par des handicapés : L'établi était bas, presque au ras du sol. On utilisait des machines à coudre comme Singer, à bras long (pour la couture des tiges des bottes). J'aperçois sur place des fers à déformer, des mailloches, des coupe-lacets, des roulettes marque-points, des roulettes à faux points ou encore un chien à monter. Une réclame « Ca va seul » suggérait l'usage d'huile de ricin avec laquelle on « ricinait » les chaussures car cette huile préservait le cuir. Le sabotier, lui, travaillait avec une lame très spéciale pour dégrossir le bois ( bois de hêtre, d'aulne, de bouleau, de noyer, de merisier, pour les sabots de fêtes, ou de peuplier pour les sabots de marins). Cette première ébauche se continuait à l'aide d'un asseau (herminette à lame recourbée). L'extérieur du sabot était affiné avec un long couteau, puis poli avec un racloir, et parfois décoré à l'aide d'une rainette. La partie intérieure du sabot était creusée avec des outils comme la tarière, la gouge, le boutoir ou la rouanne. Il existait plusieurs types de sabots parmi lesquels les sabots de planche (portés dans las vasières du Golfe du Morbihan), les bottes de paludiers, ou de Terre Neuvas. L'épicier était le commerce où l'on trouvait de tout (ci-dessous). On y grillait le café, deux fois par semaine, dans un grilloir à café sur pieds. Ce café était ensuite moulu dans des grands moulins type Peugeot, avant de revenir à l'épicerie pour être vendu au détail. Tout était vendu au poids et l'usage de la balance était courant. On ne vendait que des petites quantités (on achetait un sou de moutarde, un sou de café...). Le sou était cette pièce trouée de cinq centimes. L'épicerie était le lieu où l'on vendait aussi le sucre : On coupait les pains de sucre à l'aide d'un coupe-sucre puis on utilisait une pince à sucre pour le manipuler. De là vient l'expression « casser du sucre sur le dos de son voisin ». Celle-ci date de 1868 et signifie « dire des ragots » à propos de quelqu'un. Chez l'épicier, se trouvait aussi le coupe-tabac à carotte, ou bien le broyeur à tabac à priser : Le tabac était en effet largement consommé pour les chiques, les prises mais aussi pour soigner et cicatriser les plaies. Une épicerie d'antan ne serait pas complète sans ses boites en métal décoré et ses réclames comme Banania ou Eleska...


 

Ma visite s'achève avec les costumes bretons : La Bretagne reste la région d'Europe la plus riche en costumes, tant par leur diversité que par leurs broderies ou leurs formes. Le costume variait d'un village à l'autre, ne serait-ce qu'à cause de simples détails (la façon de porter telle ou telle coiffe, les guimpes rondes ou droites, la taille du devantier ou la bavette). Le costume permettait de voir si la personne qui le portait était célibataire, mariée ou veuve, ou si elle était riche ou pauvre. Son évolution connut plusieurs étapes : Du milieu du XIX ème au milieu du XX ème, les femmes abandonnèrent le costume traditionnel. Les hommes l'abandonnèrent plus tard, à partir du début du XX ème siècle, sans doute sous l'influence de leurs voyages effectués hors de la Bretagne. Les broderies sont étonnamment variées : Leurs fils sont plus ou moins colorés, avec ou sans perles, ou cannetilles, galons de métal ou de soie. Les tissus aussi : Berlingue (mélange de chanvre et de laine) au XIX ème siècle, moire, velours, soie, taffetas, satin...A l'époque « on s'habille en breton et on se déguise à la mode parisienne ». L'exposition offre enfin de voir le globe de mariée qui était offert à celle-ci qui pour qu’elle y pose sa couronne. Ce globe était chargé de symboles : Le nombre de miroirs en forme de losange correspondait au nombre d'enfants souhaité. On y trouvait aussi la colombe, symbole de paix, le lierre pour l'attachement, la vigne pour la richesse et le chêne qui représentait la robustesse du couple ou de l'époux.


 

 

 

 

INFOS PRATIQUES :

 


  • Musée des Arts, Métiers & Commerces, Largueven ( sur la D780 entre Sarzeau et Arzon, direction Arzon) à Saint Gildas de Rhuys. Tel : 02 97 53 68 25 et 06 80 24 99 41. Droit d'entrée : 6 €. Ouvert du 15 mars à la fin des vacances de la Toussaint, tous les jours de 14h à 19h (et le jeudi matin de 10h à 12h) sauf le lundi. Juillet & août : Ouvert tous les jours de 10h à 12h et de 14h à 19h. Pour les groupes : Prendre rendez-vous. Visite guidée possible et café offert à tous les visiteurs. Boutique cadeaux librairie disponible. Accès H.

  • Pour vous y rendre, empruntez la D780 en direction d'Arzon, puis prendre la direction Le Largueven, Le Net, Le Logeo à un grand rond-point ( panneau « musée » indiqué au rond-point).

  • Site internet : http://www.musee-arts-metiers.com/index.php

  • En juillet et en août, le musée organise des animations:Démonstration de broderies, dentelles au fuseau, présence du meilleur ouvrier de France...

  • Pour poursuivre cette visite, procurez-vous le livre "Au bon vieux temps"(en photo ci-dessous) de Claude Weill et de François Bertin (Ed.Ouest France).

  • D'autres photos de cette visite sont disponibles sur le site --> Médiathèque --> Album photos Europe.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 









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