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Le Quartier de Santa-Cruz, pas à pas (Séville, Andalousie, Espagne)
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Samedi 1er novembre 2014

 

A force de parcourir à pied, en long et en large, ses ruelles, je retrouve mes points de repère dans le quartier de Santa Cruz, comme la iglesia del Salvador (ci-dessous en photo). Celle qu'on surnomme en français l'église du Divin Sauveur, demeure la plus grande église paroissiale de la ville et fut édifiée entre 1674 et 1712. Implantée à l'emplacement de l'ancienne grande mosquée de l'époque omeyyade, dont il subsiste encore la cour des ablutions, l'édifice offre une superbe façade faite de brique à reliefs sculptés en pierre. Elle est dominée par une coupole et abrite un grand nombre d'oeuvres d'art. Ce qui fut d'abord une collégiale deviendra une paroisse au XIXè siècle. Et le sol, pavé d'origine, d'être recouvert de marbre blanc. Pour élégante qu'elle soit, la façade reste à ce jour inachevée avec ses trois portails de style Renaissance italienne, encadrés par le sculpteur Diego Lopez. Ces travaux furent terminés en 1889. Les fenêtres disposèrent, quant à elles, de vitraux dès 1870, sur l'idée d'Antoine d'Orléans, duc de Montpensier. Quant à la façade, on l'isola d'une barrière en fer forgé en 1896. De 2003 à 2008, l'église, mal en point, fut rénovée.

Dans le patio des orangers, à l'intérieur de l'enceinte, se dresse la chapelle des laissés-pour-compte, une œuvre d'Ambrosio de Figueroa. Celle-ci est décorée de peinture murales baroques et d'une série de niches servant d'autels. L'ancien minaret est entre temps devenu campanile. De forme rectangulaire, la base de la tour est de l'époque musulmane et son couronnement date du XVIII è siècle. On y monte en passant par le patio, après avoir au préalable traversé l'appartement du sonneur, par des escaliers encastrés dans la pierre.

La nef de l'église comporte trois vaisseaux (correspondant aux trois portails de la façade) dessinés par Leonardo de Figueroa. D'autres vaisseaux, latéraux, abritent plusieurs chapelles et des retables.

 

Ancien quartier juif de Séville, Santa-Cruz offre un dédale de ruelles et de patios très pittoresques. L'existence d'un ghetto juif à cet endroit n'est attestée qu'à partir de l'époque chrétienne. Cette communauté constitue désormais la deuxième d'Espagne, par son importance, après Tolède. Au nord-est de ce quartier, s'élèvent des maisons blanchies à la chaux. Le célèbre artiste Bartolomé Esteban Murillo y vécut au XVII è siècle. Et son contemporain, Juan de Valdès décora de superbes fresques baroques l'hôpital des Vénérables que je vais maintenant visiter. Il me faudra demander mon chemin à plusieurs reprises avant de trouver cet hospice dont le rôle était d'accueillir les prêtres pauvres, malades ou infirmes (ci-dessous). Il fut fondé en 1673 sur l'initiative de Don Justino de Neve y Chaves, Canon de la cathédrale de Séville, avec l'appui de deux archevêques, de nobles et de riches commerçants de la cité. La construction de l'ensemble débuta en 1676, et offrira une façade extérieure à la décoration sobre, simplement peinte de blanc et de rouge. L'intérieur offre un joli patio (deuxième photo ci-dessous) qui correspond au jardin principal de l'hôpital. Tout autour de ce jardin sont disposés les lieux de vie. On admirera l'escalier monumental (troisième photo) qui conduit au premier étage. D'autres patios desservaient les salles de soins, aujourd’hui devenues des salles d'exposition, comme l'exposition permanente du Centre Vélazquez. Cette dernière présente un portrait du Frère Pedro de Ona (datant de 1629) peint par Francisco de Zurbaran (quatrième photo). Un ancien réfectoire est quant à lui devenu une bibliothèque. Les travaux prirent en tout vingt ans et furent achevés par Leonardo de Figueroa.


 

L'hôpital possède aussi une église, un fleuron du Baroque, qu'il ne faut manquer sous aucun prétexte : d'abord, parce que l'édifice religieux concentre à lui seul la plus grande partie des œuvres d'art de l'ancien hôpital. L'intérieur est superbement décoré (ci-dessous) et est dédié aux deux saints patrons qui administrèrent l'hôpital des prêtres Vénérables. Plusieurs peintures ornent les murs. Elles furent exécutées par Bartolomé Murillo, l'enfant du pays, Lucas Valdès, et Juan Valdès Leal. Deux sculptures de Pedro Roldan, San Pedro et San Fernando, figurent également au patrimoine et flanquent la porte Est. Le retable de l'Immaculée Conception du maitre-autel offre encore son aspect originel et est couronné par une jolie peinture de style baroque. Au-dessus, une inscription en grec de la frise commande aux visiteurs d'honorer les prêtres. A ne pas manquer non plus, le magnifique orgue (deuxième photo). Un passage, un peu en retrait, conduit à la sacristie (troisième photo). Celle-ci comporte un splendide plafond en trompe l'oeil de Juan de Valdès Leal, qui représente le Triomphe de la Croix.


 

Non loin de là, je m'accorde une petite promenade dans les Jardins de Murillo, au nord-est de la promenade de Catalina de Ribera. Le terrain qu'ils occupent est, tout comme cette promenade, issu d'une parcelle du Jardin de la Retraite de l'Alcazar, cédée en 1911 par le roi Alphonse XIII. D'une surface de 8500 m2, ces jardins furent retracés par Francisco Doblado qui concevra des parterres très fournis en végétation, séparés par des chemins dont les croisements sont agrémentés de monuments et de mémoriaux. On retrouve de nos jours cette même disposition, bien que Juan Talavera y Heredia leur ait donné un aspect plus régionaliste, en 1915, lorsqu'il incorpora décorations en céramique (ci-dessous), vestiges archéologiques et pergolas dans ces jardins. Deux ans plus tard, le nom du célèbre peintre Bartolomé Esteban Murillo sera donné aux Jardins, d'où leur nom actuel. Jadis, ces jardins abritaient le potager et les plantations d'orchidées du Real Alcazar.


 

Ma dernière visite de cette journée sera consacrée à La Casa de Pilatos, en français, la Maison de Pilate (ci-dessous). Ce palais aristocratique, classé comme Monument national en 1931, fut essentiellement bâti aux XV è et XVI è siècles, et marie autour de plusieurs patios et jardins les styles architecturaux mudéjar, gothique et renaissance. Certains y reconnaissent un exemple même de palais sévillan. En 1518, le premier marquis de Tarifa s'en vint en Europe et en Terre Sainte. Il en rentrera, deux ans plus tard, séduit par les merveilles architecturales et décoratives de la Renaissance italienne, et consacrera le restant de sa vie à la création d'une esthétique nouvelle qui fut très en vogue. Son palais, qui tient son nom de sa supposée ressemblance avec la demeure de Ponce Pilate à Jérusalem, devint le modèle de ce nouveau style. Au fil des siècles, les propriétaires successifs de l'édifice apportèrent leurs embellissements personnels. Aujourd'hui, la Maison de Pilate est détenue par la famille des ducs de Medinaceli. Après avoir acheté mon billet d'entrée à la boutique du palais, je pénètre dans le patio principal (surtout de style mudéjar), une grande cour décorée d'azulejos et de stucs et entourée par des arcs à intervalles irréguliers, eux-mêmes surmontés d'une balustrade gothique. Cette cour est le véritable cœur du palais et la porte d’entrée des parties résidentielles, autour de laquelle sont distribuées les différentes pièces. Dans les coins, se trouvent trois statues romaines (troisième photo) dont Minerve et Cérès. Au centre, se trouve une fontaine importée de Gênes (quatrième photo)

 

J'entre ensuite dans le salon du Prétoire qui offre outre ses murs recouverts d'azulejos et d'écussons de facture mudéjare, un superbe plafond à caissons et ses marqueteries, plafond incrusté de blasons de maisons nobiliaires, exécuté en 1536 (ci-dessous). Puis, je traverse le Corredor de Zaquizami pour ressortir par le Jardin Chico orné d'un bassin et d'un bronze de Bacchus. Comme je le disais au guide qui nous fit plus tard visiter le premier étage, il est dommage qu'un tel palais n'offre pas de panneaux d'information sur chacun des lieux d'intérêt, là où on peut prendre des photographies (la prise de photos est interdite dans les pièces du premier étage). Il y a heureusement des audioguides (voir infos pratiques). L'escalier qui mène à l'étage est sans doute l'un des plus beaux trésors de l'endroit : la cage est pourvue d'un riche décor d'azulejos du XVI è siècle et est surmontée par un plafond de marqueterie et d'une grande coupole sur trompes en bois doré qui fut réalisée par Cristobal Sanchez en 1537. Les pièces du premier étage sont davantage marquées par le style Renaissance. On peut y admirer costumes d'époque, mobiliers anciens, objets précieux et des documents de l'époque, mais, contrairement au rez-de-chaussée, la prise de photographies est interdite. On y trouve également une riche collection de peintures des XVI è au XIX è siècles, qui témoigne de l'intérêt des propriétaires pour l'acquisition et la conservation d'oeuvres diverses. Ces mêmes propriétaires apprécièrent de la même façon les antiquités romaines puisque Pedro Afan de Ribera, premier duc d'Alcala en rapportera de son séjour en Italie. La Maison de Pilate est bien sûr pourvue de jardins comme toutes les demeures andalouses de ce type. Le Grand Jardin (deuxième photo) est le plus vaste et le plus ancien. Il ne subit que quelques retouches dans les années 1850, ce qui lui permet de conserver encore de nos jours son aspect originel. Organisé autour d'une fontaine, il s'étend au milieu d'un joli décor architectural dominé par une galerie et une loggia. Le Petit Jardin, lui, beaucoup plus récent, puisque planté au début du XX è siècle, traduit une influence mudéjare plus prononcée.


 

 

INFOS PRATIQUES :


  • Eglise du Divin Sauveur, Place du Sauveur, à Séville. Tèl:(+34) 954 21 16 79. Ouverte du lundi au samedi de 11h00 à 17h30 et le dimanche de 15h00 à 19h00. En juillet et août : du lundi au samedi de 10h00 à 17h30.

  • Hôpital des Prêtres Vénérables (Hospital de los Venerables), Place des Vénérables, à Séville. Tèl :(+34)954 56 26 96. Ouvert tous les jours de 10h00 à 13h30 et de 16h00 à 19h30 (sauf le dimanche après-midi). Entrée : 5,50€ (l'audioguide est inclus, en anglais, espagnol, français, allemand et italien). Site internet : http://www.focus.abengoa.es/web/es/index.html

  • Maison de Pilate (Casa de Pilatos), Plaza de Pilatos, à Séville. Tèl:(+34) 954 22 52 98. Ouvert tous les jours de 9h00 à 18h00 (de novembre à mars) et de 9h00 à 19h00 (d'avril à octobre). Entrée : 8€ (pour la visite de tout le palais) ou 6€ (pour ne visiter que le rez-de-chaussée). Audioguides disponibles en espagnol, anglais, français, allemand, italien, portugais et japonais. Site internet : http://fr.fundacionmedinaceli.org/monumentos/pilatos/index.aspx

  • Spala Encarnacion (restaurant et magasin), Plaza de la Encarnacion, à Séville. Tèl:(+34) 954 220 091. Assiette de churros et chocolat chaud à 3 €. Accueil sympathique.











 



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