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Promenade dans le Quartier de la Macarena (Séville, Andalousie, Espagne)
50 images disponibles
Heure locale


Mardi 4 novembre 2014

Encore une nouvelle journée bien remplie qui s'annonce. Mais le ciel est couvert et les températures ont chuté de quelques degrés. Je m'apprête à entamer ma dernière balade dans ce quartier populaire de la Macarena, pour y poursuivre la découverte de son patrimoine religieux, fort riche. Juste en face du bar où j'ai maintenant pris l'habitude de m'arrêter pour le petit-déjeuner se trouve l'église San Pedro qui fait partie de ces anciennes églises conservant en elles le charme du Séville d'autrefois (ci-dessous). C'est là que fut baptisé Diego Vélasquez, en 1599. Peintre baroque considéré comme l'un des principaux représentants de la peinture espagnole et l'un des maitres de la peinture universelle, il passera ses premières années à Séville, avant de partir pour Madrid à l'âge de 24 ans. Il y sera nommé peintre du roi Philippe IV, puis quatre ans plus tard, deviendra peintre de chambre, une charge importante parmi les peintres de cour. Il réalisera essentiellement des portraits du roi, de sa famille et des grands d'Espagne ainsi que des toiles destinées aux appartements royaux. Il se rendra aussi deux fois en Italie au cours de son existence, et atteindra sa maturité artistique à l'âge de 32 ans, durant son séjour à Madrid. Son second voyage en Italie le fera même à la fois acheteur d'art et peintre. IL acquerra sur place des œuvres de premier ordre, destinées à enrichir les collections royales espagnoles. Il sera également nommé Maréchal de cour par Philippe IV. Malgré cette nouvelle charge écrasante, il garda le pinceau et ne se départit jamais de son talent. Il mourra dans cette capitale ibérique qui lui avait tant donné, le 6 août 1660, des suites d'une maladie virulente. Huit jours plus tard, c'est son épouse Juana qui le rejoignit au ciel.


 

Cette église de San Pedro fait partie de ces églises médiévales, nombreuses à Séville. Après la Reconquête, la cité vit se développer un nombre important de paroisses. On comptait déjà 24 églises paroissiales au XIII è siècle, c'est à dire plus que toute autre ville de la couronne. Ces lieux de culte seront souvent établis dans d'anciennes mosquées, parfois démolies pour faire place à de nouveaux sanctuaires. Le tremblement de terre de 1356 entrainera de nouvelles constructions de style gothico-mudéjar, avec plan à trois nefs, charpente en bois visible (comme celle de San Pedro, de style mudéjar, qui fut pourtant érigée à partir de 1379, en photo ci-dessus) et un clocher de briques inspirés des minarets almohades. De nombreuses restaurations eurent lien à l'époque baroque et à la suite du puissant séisme de Lisbonne de 1755, notamment sur la décoration et le mobilier religieux. L'église de San Pedro sera quant à elle profondément réaménagée aux XVI è, XVII è et XVIII è siècles. Et sa tour d'être coiffée d'un clocher au XVIè. A l'intérieur, on trouve plusieurs œuvres d'art, dont ces motifs géométriques (ci-dessous) figurant sur la porte d'une chapelle. L'endroit offre un mélange de styles typiquement sévillan, bien qu'il subsiste ici et là des éléments mudéjars dans la tour de briques. Le portail principal fut ajouté par Diego de Quesada, en 1613. Une statue de Saint Pierre domine d’ailleurs la place. Juste derrière cette église, je découvre un patio et le monastère de Santa Inès, qui vend des gâteaux (deuxième photo). Malheureusement, la boutique n'est pas encore ouverte lors de mon passage.

 

Je me dirige vers l'église de San Marcos, une construction datant du Moyen Âge, qui a conservé sa structure, son clocher-minaret, et ce joli portail gothico-mudéjar en pierre sculptée. Il m'est impossible de pénétrer à l'intérieur car l'église est fermée. Je sais simplement que celle-ci fut ravagée par un incendie en 1936 et que la restauration qui suivit mit en valeur de superbes arcs en fer à cheval dans la nef. La petite place derrière cette église est bordée par le couvent de Santa Isabel, fondé en 1490 puis transformé en prison pour femmes au XIX è siècle. Juste à côté, je me rends au monastère de Santa Paula où se trouve un musée. Ce monastère, de l'ordre de Jéronimo, fut fondé par Dona Ana de Santillan en 1473. Cela fait plus de cinq cents ans que les sœurs se succèdent derrière ces murs, se consacrant aux louanges et à l'étude de la sainte écriture. L'originalité de cet endroit réside dans sa collection artistique permanente d'objets religieux et de peintures ayant appartenu à la famille jadis propriétaire des lieux où je me trouve. Le musée contient trois salles, dont l'ancienne église (deuxième photo ci-dessous) du monastère, et le choeur haut (troisième photo). Trente sœurs officient dans le monastère. Elles sont originaires des quatre continents (Afrique, Asie, Europe et Amérique). L'ordre de Saint Jérôme, auquel ce monastère est rattaché, remonte au IV è siècle, époque durant laquelle Saint Jérôme et Sainte Paule fondèrent les monastères de Belén. Tout au long de sa vie, Saint Jérôme se consacrera au travail biblique et liturgique de son ordre, répondant au courrier, accueillant les pèlerins et les réfugiés à l'hospice dont Saint Paule s'occupait, et formant religieux et religieuses à la vie monastique.

L'entrée du public s'effectue par la porte du N°11 de la rue Santa Paula (sonner à l'entrée). Le musée se trouve en haut d'un escalier de pierre (sonner à nouveau à la porte). La seconde salle ouvre sur le cloitre (quatrième photo ci-dessous) tandis que la troisième salle (choeur haut) permet d'entrevoir l'église du monastère n'est malheureusement ouverte au public qu'à 7h45 du matin. Son portail allie arts gothiques, jolis ornements en briques mudéjars, médaillons de style renaissance et céramique de l'Italien Nicola Pisano. La nef possède un splendide plafond de bois sculpté datant de 1623. Parmi les statues, on remarque celle de Saint Jean l'Evangéliste et Saint Jean-Baptiste de Juan Martinez Montanés.


 

Durant ma promenade, je passerai devant l'église Saint Louis des Français (ci-dessous), elle aussi, inaccessible. Ancienne église jésuite, désormais fermée au culte, elle fut construite entre 1699 et 1730 par l'architecte Leonardo de Figueroa et constitue un bel exemple de l'architecture baroque du XVIII è siècle. Elle est classée monument historique depuis 1946. Inspirée de l'église Sainte-Agnès en Agone de Rome, sa façade est constituée de deux niveaux bâtis en briques, rehaussés de nombreux objets décoratifs (moulures, pilastres sculptés, portes et fenêtres à frontons, corniches...). L'ensemble est surmonté de deux tours octogonales ornées de statues des quatre évangélistes. L'intérieur, lui, est organisé selon un plan en croix grecque, croix dotée d'absides semi-circulaires. Une jolie coupole peinte de fresques de Lucas Valdés représentant le mystère de l'Eucharistie coiffe le tout. L'autel principal est l'oeuvre de Duque Cornejo.

 

Je pousse jusqu'à la porte de la Macarena (voisine de la Basilique de la Macarena) , en photo ci-dessous, qui fut connue du temps de la domination musulmane sous le nom de la porte de Bab-al-Makrin. Cette ancienne porte de la ville permit d'accéder au centre historique de Séville jusqu'au milieu du XIX è siècle. De style almoravide, elle ressemble aujourd'hui davantage à une porte de style classique depuis les restaurations effectuées au XVIII è. Peinte de jaune et de blanc, la porte a la forme d'un arc sur l'attique duquel se trouve, depuis 1922, à l'endroit où se trouvait la fresque de la Vierge des Rois, une céramique représentant la Vierge de la Esperanza Macarena. L'arc est surmonté de sept pinacles. Cinq pierres gravées (trois à gauche et deux à droite) sont enclavées dans les montants de la porte, du côté extra-muros. Sur l'une de celles de droite, une ordonnance de 1630 demande aux gardes des murailles de ne pas exercer leurs fonctions hors de la zone limitée par la porte. Deux autres, à gauche, mentionnent que la porte fut reconstruite en 1723 et en 1795.

Des murailles urbaines fortifiées entouraient autrefois le centre historique de la cité depuis l'époque romaine et leur tracé sera remodelé au fur et à mesure de l'histoire de Séville, sous les dominations wisigothique, almoravide et almohade, puis, durant la Reconquista. Elles subsistèrent jusqu'au XIX è siècle avant d'être (presque) entièrement détruites après la Révolution de 1868. Certains pans demeurent (deuxième photo) le long de la limite nord du quartier de San Gil, tout près de l'Alcazar. Séville compta jusqu'à 19 portes et guichets. On n'en retrouve désormais que quatre (la porte de la Macarena, la Porte de Cordoue, le Guichet de l'huile et le Guichet de l'Alcazar).


 

En face de la porte de la Macarena, mais hors des murs, on peut apercevoir le Parlement d'Andalousie (ci-dessous) qui, avec la Présidence de la Junta et le Conseil du Gouvernement, constitué l'une des trois composantes de la Junta de Andalucia. C'est l'organe entre les mains duquel repose le pouvoir législatif de la communauté autonome d'Andalousie. L'assemblée est composée de députés élus au suffrage universel direct et représente le peuple andalou. Il trouve ses origines dans la volonté populaire d'accéder à l'autogouvernement, dès 1883. Son siège est abrité dans l'ancien hôpital de las Cinco Llagas (dont la construction débutera en 1546) . Ce parlement est installé dans un magnifique édifice de style renaissance qui est l'oeuvre de plusieurs architectes. Sa façade sud affiche un portail central baroque conçu par Asensio de Maeda. Achevé en 1613, l'hôpital des cinq plaies devint le plus grand établissement d'Europe et reçut des patients jusque dans les années 1960. C'est en 1992 qu'il sera rénové pour accueillir le siège du Parlement. Au cœur du complexe, l'église maniériste (datant de 1560) d'Herman Ruiz le Jeune tient lieu de salle d'assemblée.


 

 

INFOS PRATIQUES


  • Eglise San Pedro, Plaza San Pedro, à Séville. Tél:(+34) 954 22 91 24. Ouverte du lundi au samedi, de 8h30 à 11h30 et de 19h00 à 20h30. Le dimanche, de 9h30 à 13h30 et de 19h00 à 20h30.

  • Eglise San Marcos, Plaza de San Marcos, à Séville. Tél:(+34) 954 50 26 16. Ouverte du lundi au samedi de 19h30 à 20h30.

  • Monastère de Santa Paula, Calle Santa Paula,11, à Séville. Tél:(+34) 954 53 63 30. Musée ouvert du mardi au dimanche de 10h00 à 13h00 (entrée: 3€). Boutique ouverte de 10h00 à 13h00 et de 17h00 à 18h30 (la marmelade d'oranges est confectionnée avec les oranges du monastère, 3,10€ le pot). Paiement en liquide uniquement. Site internet : http://www.santapaula.es/

  • Eglise Saint Louis de Français, Calle San Luis,37, à Séville.Tél:(+34) 954 55 02 07.

  • Parlement d'Andalousie, à Séville.Tél:(+34) 954 59 59 29 (à contacter du lundi au vendredi de 8h30 à 14h30 pour la réservation d'une visite privée). Ces visites se déroulent à partir de 17h00 après les avoir préalablement demandé et si elles sont rendues possibles par l'activité parlementaire du moment. Durée de la visite : 1 heure. Entrée gratuite. Prise de photos autorisée. Une brochure est fournie. Présentation d'une pièce d'identité (carte d'identité ou passeport) à l'entrée. L'entrée se fait par le poste de police (se trouvant sur le flanc droit du Parlement, sur une avenue). Site internet : http://www.parlamentodeandalucia.es/webdinamica/portal-web-parlamento/inicio.do









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