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Réthymnon (Ile de la Crète, Grèce)
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Heure locale


Samedi 14 novembre 2015

 

Après avoir passé la semaine dernière dans l'est de l'île, je me rapproche désormais de sa partie ouest et suis arrivé ce matin à Réthymnon. Il y a deus îles en une ici : l'île touristique au sens du farniente et des plages, et l'autre, patrimoniale et culturelle. Réthymnon ne compte qu'environ 30 000 âmes et est une petite cité où il fait bon flâner. Je m'en suis aperçu cet après-midi en croisant beaucoup de gens aux terrasses des cafés, en train de prendre le soleil. Dominée par les bastions et les murs de sa citadelle, la vieille ville réserve de belles surprises, mais il faut lever les yeux vers le haut. Je n'éprouverai guère de difficulté pour me garer en centre-ville et encore une fois gratuitement. J'entre dans l'ancienne cité par la Porta Guora (ci-dessous en photo) ou Grande porte, qui était autrefois l'entrée principale de la ville vénitienne fortifiée qui protégeait les occupants de la cité. On doit cette porte à Jocopo Guoro, porte qui mesure 2,60 mètres de large et est formée de pierres incurvées constituant une forme semi-circulaire. Jadis, la porte était ornée d'un blason représentant le fameux lion de Saint Marc et reste l'unique vestige des premières fortifications de Réthymnon.


 

Je me trouve dans une rue commerçante, d'où j'apercevrai les maisons vénitiennes (ci-dessous) aux élégants balcons en fer forgé et avec leurs avancées en bois qui furent ajoutées par les Turcs. La ville fut bâtie durant l'Antiquité, sans devenir pour autant un grand centre, mais elle était assez puissante pour frapper sa propre monnaie. Une de ces pièces est aujourd'hui représentée sur les armoiries de la cité, ville qui est peut être celle qui a le mieux conservé son patrimoine ancien avec beaucoup de vestiges vénitiens et turcs. Réthymnon naquit de la cité minoenne Rithymna, et vécut son premier âge d'or avec l'arrivée des Mycéniens puis compta parmi les plus puissantes cités de Crète. Elle perdra par contre ensuite de son importance sous les périodes romaine et byzantine. Et la ville de connaitre un nouvel essor à l'arrivée des Vénitiens, lorsque ces derniers cherchèrent à développer un centre de commerce à mi-distance entre Héraklion et La Canée (Chania). Réthymnon deviendra alors la troisième place administrative de l'île, un rang que la ville a conservé depuis. Trois siècles durant, la ville se couvrit d'élégants édifices, avec de somptueux palais, une loggia, et des fontaines, autant de constructions qui transformeront la cité en un joyau de l'architecture italienne. Mais à la fin du XVI ème siècle, le corsaire Barberousse la mettra à sac et l'incendiera. Les Vénitiens songeront alors à renforcer ses défenses.

 

Ainsi les Vénitiens construisirent-ils la citadelle qui domine la ville, entre 1574 et 1582. A l'intérieur de la vaste enceinte, s'élevait l'ancienne cathédrale Sainte Nicolas qui fut transformée en mosquée, en 1646, durant la présence ottomane. La mosquée du sultan Ibrahim Han(ci-dessous) s'élève toujours aujourd'hui et domine les autres bâtiments de l'enceinte. L'intérieur offre un mihrab avec un plafond du dôme remarquable. Point d'information culturelle ou historique à l’entrée et je devrais me contenter des quelques panneaux qui se dressent ici et là devant certains édifices. La citadelle, encore en cours de restauration, doit fermer ses portes demain, pour sa saison d'hiver. J'ai bien fait de venir aujourd'hui. En épousant la colline de Paleokastro, la citadelle dessine une couronne de pierre de 1300 mètres d'où l'on domine la ville entière, avec mer et montagne en guise de panorama. Elle servit d'ailleurs d'abri à tous les habitants de la ville lors du court siège qui eut lieu face aux Turcs en 1646. Ce siège, qui durera 23 jours, succombera rapidement aux assauts ottomans et l'assaillant de plonger la ville dans ses années les plus sombres avec représailles, révoltes, et exécutions de résistants...Les Turcs laisseront toutefois à la postérité de beaux exemples d'architecture ottomane, comme cette mosquée ou encore les maisons aux balcons de bois. L'enceinte, renforcée par quatre bastions, avait pourtant été consolidée par les Vénitiens et abritait des bâtiments publics qui furent pour la plupart détruits. Cette reconstruction prendra des années et la nouvelle structure sera conçue pour accueillir non seulement la défense vénitienne mais également des magasins de munitions, et une église catholique pour ceux qui vivaient constamment à l'intérieur des murs. Sous la période ottomane, la forteresse deviendra une prison, et les maisons situées à l'intérieur des fortifications, des maisons closes. Ces maisons furent démolies au cours du XX ème siècle. Lors des travaux, les Vénitiens ajoutèrent aussi un bâtiment au bastion de Saint Luc pour renforcer la défense du fort. Cette défense était destinée à protéger la citadelle des tirs de canons venus de la colline Saint Anathasios, au sud de la ville. Elle consistait en une surélévation du sol au-dessus des murs. Non loin de là, trône enfin le théâtre Erofili où se déroule chaque année le Festival Renaissance.


 

La visite de la vieille ville de Réthymnon se fait rapidement puisque l'ancienne cité tient dans un mouchoir de poche. Je redescends vers le petit port vénitien, plein de charme, et coiffé par un phare, lui aussi vénitien (ci-dessous). Le port reflète les superbes façades pastel des maisons qui le cernent, tandis que ses eaux tranquilles servent d'abri à quelques barques de pêcheurs colorées. Là, se trouve un bureau du tourisme, lui aussi désormais fermé hors saison estivale. Il faut dire que la crise grecque occasionne aussi des manques de personnels, et de moyens, ce qui ne facilite pas les choses pour maintenir un certain nombre de lieux culturels ouverts en hors saison. Ainsi, voulais-je visiter le musée folklorique de la ville, en vain. Celui-ci est fermé, et n'affiche aucune information sur ses horaires d'ouverture. L'endroit est-il clos définitivement ? Pour quelles raisons ? Mystère....C'est dommage car il possède, parait-il, une riche collection d'objets de qualité, dont des photos, des armes, des monnaies, sans oublier coffres, tapis, tissus, bijoux, broderies, poteries et vannerie. Un salon traditionnel crétois y est reconstitué avec coussins et tapis brodés main, tandis que des espaces à thèmes proposent des ateliers d'artisans (travail du cuivre, cordonnerie, sellerie, tailleur, pharmacie..)

 

J'achève ma balade en parcourant d'adorables ruelles (ci-dessous), dont la rue Souliou, étroite venelle aux allures de souk, dont les pas-de-porte sont occupés par des maroquiniers ou des boutiques de souvenirs. Non loin de là, en passant par la rue Petichaki, je tombe sur la fontaine Rimondi (deuxième photo) qui fut construite par les Vénitiens (encore eux!) en 1629. Elle porte le nom d'Alvise Rimondi, le recteur de la ville de l'époque. Les armes de la famille sont encore visibles sur ce monument qui inclut quatre colonnes de style corinthien séparant trois têtes de lion d'où sort l'eau de la fontaine. Le dôme qui recouvrait jadis la fontaine n'existe malheureusement plus. Au loin, j'aperçois le minaret de la mosquée Nérantzès, toujours en réfection depuis plusieurs années. A l'origine, cette mosquée était l'église vénitienne de Santa Maria. Ainsi se font et se défont les choses en fonction de l'histoire...


 

INFOS PRATIQUES :


  • Citadelle vénitienne, appelée aussi Fortezza. Ouvert du 1er avril au 31 octobre, de 9h à 16h30, tous les jours. Entrée : 4€.

  • Musée folklorique, 28, Rue Vernardou à Réthymnon. Tél : 2831 023398. Appeler avant de vous y rendre.

  • Musée archéologique, pour l'instant en face de l'entrée Est de la citadelle, est fermé car il doit déménager, mais on ne connait pas encore la nouvelle adresse.

  • Musée d'art contemporain crétois, 5 rue Chimaras, à Réthymnon. Tél : 2831 052530. Ouvert tous les jours (sauf le lundi) : les samedi et dimanche de 10h à 15h, le jeudi de 9h à 15h, et le mercredi et vendredi, de 9h à 14h, et de 18h à 21n. Entrée : 3€ (gratuit le jeudi). Site internet : http://www.rca.gr/

 



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