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Rotorua (Bay of Plenty, Nouvelle-Zélande)
40 images disponibles
Heure locale

 

Jeudi 30 mai 2019

 

On la surnomme Ville de soufre, ou Roto-Vegas : bienvenue à Rotorua ! Seconde plus grande ville de la Baie d'Abondance, celle-ci vit en grande partie du tourisme grâce à l'existence d'un intense activité géothermique due à la présence de la caldeira de Rotorua, l'un des plus grands volcans de la zone volcanique de Taupo. Sous les roues de mon camping-car, à l'arrêt, le sol tremble par à-coups et laisse entrevoir des petits mouvements sismiques réguliers. Pourvu que ça n'explose pas. La ville, à taille humaine, me permettra d'en faire le tour à pied en quelques heures. Au programme, le village maori d'Ohinemutu et les Government Gardens.

 

Le soleil ne m'a pas oublié et m'invite à partir tôt pour ma visite de Rotorua. Je me rendrai d'abord au quartier maori d'Ohinemutu, situé sur le bord du lac Rotorua. Cet endroit n'est pas choisi au hasard car il est le lieu de vie de la tribu Ngati Whakaue qui offrira généreusement aux Européens les terres sur laquelle fut bâtie la ville actuelle. Ngati Whakaue est une sous-tribu de la tribu Te Arawa Waka, dont la pirogue, venue de Polynésie, voguera jusqu'ici vers 1350 avant J.C. Le bord du lac sera choisi pour y établir un campement grâce à la géothermie si utile pour cuisiner, se baigner et se réchauffer. Quant à la pirogue, elle est remisée du côté de Queens Drive, près du lac (ci-dessous). Je suis d'abord subjugué par la beauté de la salle du conseil de Tamatekapua (deuxième photo) qui prit ce nom en hommage au capitaine de la pirogue et chef suprême, Tamatekapua, qui conduisit son peuple jusqu'en Nouvelle-Zélande. La première construction de ce marae sera érigée en 1878 pour marquer la ratification de la paix entre les tribus Te Arawa et Waikato, et une partie du bois alors utilisé proviendra de la pirogue « Hamama ». Certains panneaux sculptés seront de même empruntés à une autre maison, Parerewha. Cette premier marae sera démoli en 1939, puis rebâti quatre années plus tard. Un panneau m'interdit malheureusement de pénétrer à l'intérieur de l'édifice, ce qui est dommage, car j'y aurais découvert une représentation de la tête du chien Potaka Tawhiti, fidèle compagnon de l'ancêtre Houmaitawhiti. Les membres de la tribu Te Awara offriraient ainsi la nourriture à leur hôtes de marque avec des bols à l'effigie de ce chien. Si l'accès à ce bâtiment est interdit au public, c'est que chez les Maoris, l'endroit désigne une maison de rencontres servant aux activités communautaires, mais aussi à débattre de questions importantes, à pratiquer l'artisanat collectif ou les danses. Depuis 1993, chaque marae néo-zélandais est répertorié comme réserve, géré par un groupe de personnes de confiance, et chaque édifice dispose aussi de sa propre charte.

 

En face de cette construction maorie, j'aperçois la petite église anglicane Sainte Foi (ci-dessous), qui fut bâtie en 1914, puis agrandie sur ses flancs Est et Ouest en 1967, sur les terres sacrées des Ngati Whakaue. Une visite attentive de l'intérieur permet d'admirer notamment un vitrail moderne (sur la façade gauche en entrant) commémorant le sacrifice du peuple Arawa lors des première et deuxième guerres mondiales. La chaire représente quant à elle atua, ou les dieux du vieux monde maori, témoins du passé. D'autres vitraux, sur la façade ouest de l'église (deuxième photo), représentent les quatre apôtres Mathieu, Marc, Luc et Jean. Au-dessus de la porte d'entrée, figurent enfin six drapeaux, répliques de ceux qui furent placés ici-même en 1924 par six vétérans qui s'étaient battus aux côtés du capitaine Gilbert Mair environ soixante ans auparavant. L'édifice religieux est ouvert quotidiennement au public de 10h00 à 15h00 et l'entrée est libre.


 

Je décide maintenant de me rendre aux Government Gardens en passant par les bords du lac Rotorua: ce lac remplit la caldeira de Rotorua dont la dernière grande éruption date d'environ 240000 ans qui cracha des résidus de lave acide sur 4000 km2. Au terme de l'éruption du volcan, l'effondrement de la chambre magmatique située en-dessous de ce volcan, aura lieu et laissera cette dépression circulaire appelée caldeira (d'environ 22 km de diamètre). Au milieu du lac, émerge l'Île Mokoia (ci-dessous), qui culmine à 180 mètres au-dessus du niveau du lac et dont les rives abritent des sources d'eau chaude et une importante population de tieke (nom maori désignant le créadion rounoir, passereau endémique). Et cette île d'être sacrée pour les membres de la tribu Te Arawa.

Les oiseaux sont omniprésents sur la rive du lac et ne sont pas farouches du tout. Sur place, je relève l'existence de croisiéristes, certains proposant des balades à bord du « Lakeland Queen », d'autres des balades à bord d'hydravions (deuxième photo).

Depuis le lac, j'emprunterai bientôt la Queens Drive, qui longe le terrain de golf de Motutara. La nature offre ses couleurs d'automne et cette promenade est un ravissement. Un petit quart d'heure suffira pour atteindre les Government Gardens, des terres s'étendant sur plus de 200000m2 ayant appartenu à l'origine à la tribu Ngati Whakaue. Cette tribu offrira généreusement celles-ci aux Européens en 1880, «au profit des peuples du monde ». La partie par laquelle je pénètre dans ces jardins était autrefois une zone marécageuse avec des mares de boue chaude. L'endroit a depuis été superbement mis en valeur avec, entre autre, une roseraie. L'aménagement de la zone a déjà plus d'un siècle et l'endroit accueille pas moins d'une trentaine d'édifices et lieux remarquables, parmi lesquels un mémorial (ci-dessous) dont on doit le projet à l'Association des Patriotes d'Ohinemutu en 1919. Le sculpteur Henry Feldon se chargera de concevoir cette œuvre avec le concours des tribus locales. Ainsi, la statue de Rangitihi, au pied du mémorial, est une reproduction de l'originale, qui fut vandalisée en 1936. Au sommet de la colonne figure la statue du roi George V, tandis que plus bas, se trouve un panneau portant le blason du régiment maori.

A mon grand regret, le musée de Rotorua (deuxième photo) est fermé pour travaux jusqu'en ...2022. Non seulement je serai contraint de faire des plans resserrés de ce magnifique bâtiment mais je ne pourrai pas entrer à l'intérieur. La faute aux menaces de séismes imposant ici et là un renforcement des structures. A la fois musée d'histoire locale et galerie d'art, ce musée a trouvé refuge depuis 1969 dans cette ancienne maison de bains érigée en 1908. L'endroit abrite des sections de Beaux-Arts, de photographies, d'histoire sociale et de culture maorie.


 

Cette maison de bains vit ouvrir une consoeur non loin de là, en 1933 : les Bains Bleus (ci-dessous) étaient alors destinés à offrir au public un endroit récréatif où l'on pouvait se baigner dans les sources d'eau chaude puis prendre le thé. Cinq années plus tard, en 1938, hommes et femmes pourront (presque) se retrouver dénudés pour la première fois dans ce pays, autour d'un même bain. En fait, ni le premier conflit mondial, ni le second non plus n'avaient dissuadé le public de venir se ressourcer ici. Quant aux Bains Bleus, ils comptaient bien faire de leur maison un club de sport pour les habitants de Rotorua. Des cours de natation et de plongée furent ainsi dispensés rapidement. Avec les années, le bleu de l'eau avait disparu et des travaux de réfection furent envisagés en 1982. L'endroit rouvrira ses portes le 21 décembre 1999, 68 ans après son inauguration.

A quelques mètres seulement des Bains Bleus, se trouve la source d'eau chaude Rachel, dont l'eau alcaline bout à 100°C. Ses eaux étaient jadis pompées au profit du pavillon thermal, puis de la Maison des Bains, et sont actuellement utilisées par le Spa polynésien voisin. Après avoir longtemps porté le nom de Whangapipiro, la source adopta le nom de Rachel, en souvenir d'une certaine Madame Rachel, célèbre cosméticienne anglaise, qui vantait à sa clientèle tous les mérites de la silice contenue dans cette eau.


 

Le temps se couvre et le ciel devient menaçant. Je ferai une courte pause au Arts Village qui abrite une communauté d'artistes locaux qui trouvent ici toutes les facilités pour la pratique de leur art (ci-dessous). Ce n'est pas vraiment un lieu touristique mais il est possible de fréquenter l'endroit librement et de s'arrêter au café pour déguster un plat.

 

INFOS PRATIQUES :

  • Eglise anglicane Sainte Foi, Ohinemutu, à Rotorua. Ouverte au public tous les jours de 10h00 à 15h00. Messe le dimanche à 9h00. Un livret descriptif de l'église (en photo ci-dessous) est disponible à la vente. Site internet : https://www.stfaithsrotorua.co.nz/
  • Des visites guidées du village d'Ohinemutu sont organisées sur réservation au numéro gratuit 0800 473 483.

  • Site internet sur Rotorua : https://www.rotoruanz.com/visit/see-and-do/maori-culture/ohinemutu-maori-village

  • Musée de Rotorua, Government Gardens, Oruawhata Drive, à Rotorua. Tél : 07 350 1814. Fermé pour travaux jusqu'en 2022. Site internet : http://www.rotoruamuseum.co.nz/

  • The Blue Baths,Queens Drive, Government Gardens, à Rotorua. Tél : 07 350 2119. Site internet : https://bluebaths.co.nz/

  • The Arts Village, 1240 Hinemaru Street, à Rotorua. Tél : 07 348 9008. Ouvert tous les jours sauf le dimanche. Le café offre un accès gratuit au WiFi : AVC (ARTYFARTY). Site internet :

    https://www.artsvillage.org.nz/

  • Tamaki Maori Village, 1220 Hinemaru Street, à Rotorua. Tél : 07 349 2999. Le spectacle et la visite du village maori, avec diner inclus, est proposé à 130NZ$. Départ de Rotorua en bus, jusqu'au village, à 17h30. Comptez trois heures pour cette activité. Site internet : https://www.tamakimaorivillage.co.nz/




 



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