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Les Héros de la France éternelle - Clovis
(2) (France)
Heure locale

 

Mardi 1er septembre 2020

 

Il est pour moi évident qu'une certaine France, celle de mon enfance, fout le camp. Plusieurs aspects sont concernés : la population plus diversifiée que jamais n'est plus unitaire, puisque composée de communautés ne cherchant pas à s'intégrer dans le creuset républicain et laïque. Le tissu économique d'hier a été bradé sur l'autel du mondialisme, puisque notre pays est largement constitué de métiers de services. Notre souveraineté nationale a disparu avec l'entrée dans cette Europe inachevée, laquelle brada le vieux continent aux pays arabes dès 1975 dans le cadre du projet Eurabia (lire le précieux ouvrage de Bat Ye'Or à ce sujet :https://www.amazon.fr/s?k=eurabia&i=stripbooks&__mk_fr_FR=ÅMŎÕÑ&ref=nb_sb_noss), puis supprima nos frontières, notre monnaie et notre indépendance nationale. Nation hier auto-suffisante, la France dépend désormais de l'extérieur. Quant à notre sécurité nationale, elle chancèle avec la création de milliers de zones de non-droit, la démission des élus de la République face aux menaces venues de l'étranger (qu'elles soient communautaires, sécuritaires ou militaires), la tolérance de tout et de n'importe quoi et leur incapacité à gérer une situation qui part à vau l'eau. Pourtant, il n'y a pas encore si longtemps, cette France éternelle faisait trembler l'Europe toute entière lorsqu'elle s'armait pour la guerre. Et nous, Français, d'avoir été trop confiants envers nos gouvernants et autres entités supposés veiller sur le bien commun. Dormez braves gens ! Nous veillons sur vous. Et de nous retrouver dépossédés de notre mère patrie, cette France (trop) généreuse, inventive, travailleuse, à l'héritage inégalé et aux héros éternels que notre système éducatif a depuis belle lurette remisé dans les placards pour ne pas froisser l'occupant étranger. Comme disait Serge Reggiani, « il suffirait de presque rien » pour que nous, Gaulois, redevenions maitres chez nous. Encore faut-il pour cela transmettre aux jeunes notre histoire millénaire faite des héros sur lesquels j'ai décidé de m'attarder de temps en temps, à travers une série d'articles sur ces hommes et ces femmes combattants et conquérants de jadis, qui n'hésitaient pas à bouter l'ennemi hors de nos terres, voire libérer d'autres contrées lointaines de la barbarie. Pour que survivent les nations, pour que vive éternellement notre patrie menacée de disparition au profit d'un gouvernement mondial qui n'a pour objectif que de prendre le pouvoir des peuples afin de les réduire à l'état d'esclave.

 

Je me souviens encore de ces manuels d'histoire de France que nous utilisions dès l'école primaire, dont celui de G.Bruno, « Le Tour de la France par deux enfants » qui raconta à des générations d'enfants la vie quotidienne des Français à la fin du 19e siècle. Je pense aussi au manuel d'histoire destiné aux écoliers de cours moyen de première et deuxième année, auxquels on enseignait 2000 ans de cette épopée nationale. L'auteur de cet ouvrage, Ernest Lavisse, fut agrégé d'histoire, directeur de l'Ecole normale supérieure, et membre de l'Académie française. Et de gagner ses lettres de noblesse en dirigeant la monumentale Histoire de France en vingt-sept volumes qui reparait actuellement aux Editions des Equateurs. Je m'inspirerai, entre autres, de son ouvrage pour me documenter sur les personnages légendaires dont je vais vous parler.

Il fallait bien du talent à ces auteurs de manuels scolaires, pour, à partir d'une feuille blanche, concevoir un récit de l'Histoire. Ne réenchante pas le pays qui veut (suivez mon regard!) et il faut un certain talent pour raconter l'histoire de France, ou, devrais-je plutôt dire qu'il fallait, car, de nos jours, on n'enseigne plus aux enfants qu'une histoire édulcorée, qui fait l'impasse sur les quatre cinquièmes de l'existence de notre pays. Lorsque j'usais mes fonds de culotte sur les bancs de l'école, revêtu d'une blouse grise (la même pour tous), les manuels scolaires ne proposaient pas uniquement un récit historique ponctué d'anecdotes, de bons mots ou d'imageries théâtrales, mais contaient les aventures des personnages illustres, des acteurs de leur époque qui concevaient à eux seuls tout un monde et imprimaient en nous une morale sociale que nous, petits Français d'alors, étions invités à intérioriser. L'être humain a besoin d'exemples, de héros sans peur et sans reproche, de combattants capables de partir au front... et de rêves ! Les Vercingétorix, Clovis, Charlemagne, Philippe Auguste, Du Guesclin, Jeanne d'Arc, Louis XI, François 1er et tous les autres nous apportaient les images d'Epinal qui formaient notre « album de famille ». Il est vrai qu'à l'époque nous savions d'où nous venions et n'avions pas comme certains aujourd'hui, la prétention d'être les citoyens du monde (« Qui trop embrasse mal étreint » dit pourtant un proverbe) mais simplement des Français attachés à leur patrie prêts à combattre nos ennemis de toujours, l'Allemagne et l'Angleterre.

 

Notre histoire commence dès la Préhistoire. Des groupes humains occupent alors notre pays durant le Paléolithique puis le Néolithique avant de voir arriver les Celtes par vagues successives aux Âges du bronze puis du fer (1300 avant J.C), suivies au 3e siècle des peuples germains (Francs, Wisigoths, Alamans et Burgondes) puis, au 4e siècle, des scandinaves alors surnommés Normands (Vikings ou Hommes du Nord).

Comme son nom l'indique, la France est issue d'un peuple germanique que sont les Francs. Ceux-ci joueront un rôle central dans l'histoire de notre pays, bien que leur origine reste floue. Ces Francs comprenaient plusieurs variantes de peuples germaniques, dont les Saliens, ces peuples vivant sur les bords du Rhin. Un certain Clodion le Chevelu (bien qu'il n'eût pourtant pas la réputation de couper les cheveux en quatre!) éprouva sans doute une certaine lassitude (« mal de Rhin »?) et conduisit une partie des Francs vers le milieu du 5e siècle, appelés ensuite Francs Saliens, du côté de Cambrai, non pour y faire des bêtises mais pour y fonder un royaume dont héritera son descendant Clovis 1er. Et ce minuscule royaume franc d'être l'embryon du futur royaume de France.

 

Issu de la dynastie des Mérovingiens, Clovis fera date dans l'histoire de notre pays. Roi des Francs, alors qu'il n'est âgé que de quinze ans, ce petit chef barbare se différenciera de ses congénères par son souci d'exigence envers ses subordonnés, et son esprit de conquête visant à agrandir son royaume. La fin justifiant les moyens, il fera assassiner tous ceux qui se trouveront en travers de son chemin, y compris des membres de sa famille. Plus que les armes, c'est son « savoir-faire » qui fera de lui un vainqueur, sans aucun état d'âme. En 486, il remporte la bataille de Soissons, où il épouse la princesse catholique Clotilde peu de temps après. Mais c'est lors de la bataille de Tolbiac, d'abord fort mal engagée, que le roi promet de se faire baptiser en cas de victoire. Deux évènements marqueront ainsi son règne : son baptême et le vase de Soissons.

Le baptême de Clovis représente le baptême et la conversion du roi des Francs, Clovis 1er ,et de ses guerriers (soit plus de 3000 hommes) à la religion chrétienne. Ce baptême, réalisé par l'évêque Rémi, aura lieu le 25 décembre en la cathédrale de Reims de l'année 496, 498, 505 ou 507, selon mes sources. Cet événement, considéré comme l'acte fondateur de la France, marquera le moment à partir duquel notre pays sera considéré par l'église comme la « fille ainée de l'église ».

 

Autre fait marquant du règne de Clovis, la légende de la Sainte Ampoule. Cette fiole contenant une huile sacrée et apportée par une colombe, aurait servi lors du baptême de Clovis. C'est à l'aide de ce baume, pour partie constitué de saint chrême (mélange d'huile végétale naturelle et de parfums ou baume de Judée tiré de la résine d'un arbre poussant en Arabie et en Judée) que Rémi de Reims oindra le front de Clovis lors de son baptême. Cette Sainte Ampoule servira à l'onction d'une trentaine d'autres rois de France jusqu'à sa destruction à la Révolution. Toutefois, un infime reste de cette relique échappa aux révolutionnaires, pour être conservé à l'intérieur d'une fiole de substitution placée depuis sous la bonne garde de l'archevêque de Reims. Son contenu servit d'ailleurs au sacre du roi Charles X en 1825.

Cette légendaire Sainte Ampoule, envoyée par le ciel, fait l'objet de tout un cérémonial : les quatre seigneurs chargés d'escorter l'Ampoule de la basilique Saint Rémi (Reims) à la cathédrale de Reims étaient surnommés les « otages de la Sainte Ampoule ». Pourquoi otages ? Peut être parce qu'il leur revenait de la défendre jusqu'à la mort. Il y eut également les chevaliers de la Sainte Ampoule, au nombre de quatre, qui étaient rassemblés au sein de l'ordre des chevaliers correspondant. Aussi appelés « barons de la Sainte Ampoule », ils portaient le dais d'argent au-dessus du prieur de l'abbaye de Reims, celui-là même qui portait la précieuse fiole lors du sacre royal. Dernière précision : les habitants du Chêne-Populeux (actuelle commune ardennaise du Chesne) étaient autorisés à accompagner la Sainte Ampoule lors des cérémonies car ils avaient défendu celle-ci face aux Anglais.

 

L'histoire du vase de Soissons se déroule à la suite de la prise de cette ville par Clovis. Son armée est réunie autour du butin et le roi demande à ses valeureux guerriers de lui céder un vase en plus de sa part. On parle alors d'un vase liturgique en pierre d'agate d'une taille et d'une beauté peu communes. Les soldats de Clovis accordèrent de bonne grâce le vase au roi, mais un guerrier insolent sortit soudainement du groupe, frappa le vase d'un coup de hache en s'écriant : « Tu ne recevras que ce que le sort t'attribuera vraiment ». Et Clovis, de ne pas relever l'affront, puis de confier à l'évêque de Reims et conformément à sa promesse le célèbre vase cabossé. La vengeance est un plat qui se mange froid et Clovis reconnut le soldat arrogant lors d'une revue de ses troupes quelques mois plus tard. Constatant que sa tenue laissait à désirer, le roi lui prit ses armes et les jeta à terre. Le soldat se baissa alors pour les ramasser et Clovis lui asséna alors un coup de francisque (hache utilisée par les Francs mérovingiens) sur le crâne en criant : « Souviens-toi du vase de Soissons ». Que n'aimerions-nous pas avoir aujourd'hui un chef aussi valeureux à la tête de notre pays ?

 

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